‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 55 sur 58 · DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEI5TS · texte numérisé non relu

DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEI5TS

fit sentir tout le poids de Madame des Ursins soutenue par Madame de Maintenon aux dépends de sa campagne et des affaires. La nécessité de les rectifier, au moins jusqu'à un certain point, le retint plus longtemps à Madrid et luj donna des discussions qui déplus en plus luy découvroieot les desseins de Madame des Ursins pour s'en défaire à l'avenir et traverser les succès d'une guerre dont il avoit la conduitte. Il donnoit à souper presque tous les soirs, sa facilité s'augmentoit à table, les mescontents de Madame des Ursins n'y estoient pas moins bien receus que les autres. Quoyqu'en Espagne et avec des Espagnols mesiés avec d'autres nations, on ne laissoit pas d'y boire, et il eschappa à M', le duc d'Orléans d'y porter tout haut une santé dont on tairoit les termes s'il estoit possible de les rendre entiers autrement qu*il ne lés dit et s'ils avoient eu de moindres suittes. Rempli donc avec amertume de ce qu'il estoit réduit à essuyer de Madame des Ursins, fière de Tappuy qu'elle s'estoit assuré de Madame de Maintenon en la persuadant qu'elle gouvernoit l'Espagne par elle, une saillie fatale saisit M^ le duc d'Orléans en plein souper chés luy, et en présence de tous les assistants et valets, il porta à la compagnie le verre à la main la santé du con Capitaine et du con Lieutenant. L'éclat de rire fut universel à une plaisanterie si ridicule et en mesme temps si substantielle. Ce bon mot courut Madrid, et on peut juger si la jalouse Princesse n'avoit pas plus d'un espion à ces soupers, si ce mot cruellement acené ne luy fut pas aussytost raporlé et de l'usage qu'elle en sceut faire. Elle le manda à Madame de Maintenon, et ce mot funeste perdit ce Prince en Espagne et en France et le poussa aux estonnantes extrémités qui ne sont pas de ce sujet, et qui influèrent cruellement sur les deux Estats et sur sa Régence. La Princesse ignora ce

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trait mais ne garda presque plus de mesures^ et la campagne finie, M', le duc d'Orléans prit congé de TEspagne pour toujours et laissa Madame des Ursins triomphante et plus absolue que jamais.

La disgrâce de M^ de Vendosme (voir tillre de Vendosme^ tome y, page 476,) le conduisit pour ressource en Espagne où il trouva en arrivant les tristes suittes de la bataille de Sarragosse perdue le 20 aoustl710. Ny l'extrémité des affaires ny un général disgracié en France ne comportoient de jalousie. Tout marcha de concert; on fit les derniers ciTorts et la fidèle vertu espagnole à qui Philippe Y deut alors son salut déploré pour la seconde fois, ne fut pas médiocrement excitée par les puissants charmes et les exemples de la Reine, non plus que la première fois, qui s'estoit dévouée tous les cœurs et avec qui la princesse des Ursins, quoyque haye de la pluspart, partage ce triomphe comme le fruit de son éducation tombée dans mi si heureux sujet. Elle sceut aussy tirer pour elle mesme toutte la grandeur qu'elle put recueillir des grands succès qui restablirent les affaires, et sous prétexte de donner au duc de Vendosme une récompense éclattante, elle s'en fit un chausse pied pour obtenir l'Altesse eh mesme temps qu'elle la luy fit donner. L'ennuy des répétitions engagent à passer icy légèrement sur un décret dont l'énormité révolta toutte l'Espagne et fut bien receu en nostre Cour en faveur de la bastardise, pour en indiquer le récit au tiltre de Vendosme, page 478, où il se trouve tout entier, et d'un second décret qui déclara W de Vendosme Prince du Sang d'Espagne, suivi de Texplication de Testât des bastards en Espagne. Celuy cy ne jouit pas longtemps des honneurs que Tinlérest de la Princesse luy avoit fait obtenir, estant mort dans le royaume de Valence, i 1 juin 171 2»

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laissant Madame des Ui'sins plus grande et plus despo^ lique que jamais.

Accpuslumée à régner de la sorte et à voir tout à ses commandements en Espagne et en France, elle se dégousla d cstrc particulière et aspira à la souveraineté. Dieu qui n'y avoit pas fait monter ses pères et qui ne luy avoit ouvert aucune ombre de prétention de s'y élever, sembloit encore l'en avoir plus esloignée par son sexe et par sa viduitésansenfans. Rien ne l'arresta, et disposant en plein des volontés du Roy et de la Reine d'Espagne, elle osa leur rnettre dans la leste de luy faire tomber une souveraineté cfTectîve quand il seroit question de traitler de la paix, ou de luy en donner une sur leurs frontières. II fallut encore avoir l'approbation et le concours de la France ; par Madame dé Mainlenon elle s*en flatta et y réussit quand il en fut temps. Son projet cstoit d'obtenir une proviticc dont l'acquisition convinst à la France et de i'eschangcr contre une Province des bords de la Loire, de 3'y relircr et d'y faire la Souveraine dans son propre Pais, peut estrcde la faire passer dans sa Maison après elle. Qùoy qu'il en soit, elle vit pas plus tost ouverture à la paix qu'elle en mit les fers au fe^, et elle douttasi peu du succès qu'elle* fit passer son escùyer Âubigny en France avec de grandes sommes, qui, sans terre ny fief,acliepta un vaste terrain tout auprès d'Amboise et se mit à y bastir un palais de Souverain. C'estoit là qu'elle avoit fixé le siège de son petit trosncet elle Vouloit gaigner temps pour le trouver tout prest. Les éonférerices d'Ulrecht commencèrent à prendre forme; elle osa y envoyer le baron de Câpres de sa part poursuivre sa prétention conjointement* avec les plénipotentiaires d'Espagne qui la dévoient former au nom du Roy leur maislre et y estre iippuyés par ceux de France. Ceiix'çy n'avoicnt

pas ordre d*y aller bien visle ny bien fortement, cl Tidée de la future Souveraine n'excita que la risée de touttes les puissances qui n'en voulurent pas seulement ouïr parler. Elles trouvèrent avec raison que si l'Espagne luy vouloit si fort procurer une Souveraineté, elle pouvoit le faire à ses despends saifis en importuner le reste de TEiirope qui no luy devoit celle récompense à aucun tiltre. La France empescha l'Espagne de sonder les esprits plus avant; lé baron de Câpres n'osa ouvrir la bouche et ne put mesme proposer d'eslre écouté, encore moins admis ; mais il en fit sa fortune, cadet sans bien et sans eslablissement qu'il estoit. Madame des Ursins crut se rehausser en payant avec sumptuosité une si lasche et publique complaisance et la bassesse de s'estrc fait siffler comme son ambas^ sadeur. Il en eut au retour la Grandesse, la Toison et la Compagnie des gardes du corps Wallonne qui vacqua tout à propos pour luy. Celte vaste tentative manquée, la Princesse se tourna vers le Guipuscoa et le Roussillon^ le Roy et la Reine d'Espagne le vouloient de tout leur cœur. Mais le Roy, plus sage, s'y opposa dès qu'il vil l'affaire sérieuse et en démembrement de la Couronne de son petit fils à qui l'Empereur an^achoit de si beaux fleurons, et cette opposition nette et ferme fit échouer l'entreprise. Le Palais cependant avoit esté son train en estendue, en jardins, en meubles magnifiques. Il y avoit encore des dépendances à faire qu'on laissa. On n'osa avouer tout haut dans quel dessein cela avoit esté basti. Le tout demeura à d'Âubigny qui y a joint quelques petits fiefs quand il l'a pu. Il s'y relira et y a vescu plusieures années avec opulence et don-* sidéré et aimé de ses voisins et des passants, et y est mort en 1652, laissant une fille unique très riche qui espousa bientost après le marquis d'Arraentîères Conflans- \

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Madame des Ursins^ réduittc à régner pour autruy, perdit bienlost après son incomparable Reine dont l'Espagne ne se consolera jamais. Quoy que le règne de Madame des Ui*sins, qui luy estoit attribué, et la haine qu'on porloit à sa nouvelle Altesse eust bien diminué des adorations que toutte la nation avoit pour la Reine, et que l'aversion conceûe pour celle qui luy a succédé a fait renaistre, au point de luy crier presque toujours quand elle paroist en public par les rues : Yiva la Savoyana ! insulte que la Parmesane ne digéra point. La Reine mourut à Madrid 14 février 1714, à vingt cinq ans. Cette mort changea touttes les veues de la princesse des Ursins sans altérer en rien son pouvoir sans bornes,. Elle songea d'abord à un tiltre qui l'attachast nécessairement au Roy et se fit pour cela gouvernante de ses enfans. Il fut longtemps retiré au palais du duc de Medinacœli sans vouloir voir qui que ce fust que ses enfans, et passoit sa vie avec la Princesse qui disposoit de tout et à laquelle uniquement on continuoit de s'adresser pour tout. Quelques ministres indispensables furent admis dans la suitte, mais en présence de la Princesse, qui pour avoir un commerce plus libre et plus secret avec le Roy, fit faire en quatre jours avec une diligence nompareille une galerie couverte et fermée sur pilotis pour communiquer leurs deux appartemens par les derrières et y passer sans estre veus de personne. Cela dura jusqu'à Pasques de la sorte, que les fonctions sainctes rappellèrent le Roy au Ruen Retire. Ce teste à teste continuel auroit à la fin pesé par trop à tous les deux. La Princesse, sous prétexte de santé, luy fit reprendre une vie un peu plus ordinaire, mais elle eut soin de l'environner de sept ou huit courtisans parfaitement à elle, qui sous le nouveau tiltre des AUegra- (lores c[u'on no%efQil traduire à la lettre par divertissans,

mais pluslost par celuy de Menins, ne le perdoient jamais de veue les uns ou les autres, avec ordre de s'entendre pour cela» et rendoient exactement compte de tout à la Princesse. Le bruit fut grand en Espagne qu'elle espouseroit le Roy, et en France nostre Cour en prit vivement Tallarme. La disproportion d'aage et la conduilte de Madame des Ursins donnoient à ce mariage plus que du ridicule, et il y avoit longtemps que les Rois n'espousoicnt plus des particulières et des vefves. Si celle cy se proposa ce but, c'est ce qui ne se peut ny asseurer ny nier, mais il est certain qu'elle ne se fust pas contentée d*un mariage inconnu et caché, ny Madame de Maintcnon, sa bonne amie^ de la voir Reine déclarée, ayant elle mesme perdu depuis si longtemps toulte espérance de l'estre de la mesme façon publique. Si la Princesse eut ce dessein, elle eut assés bon esprit pour n'en rien espérer de la part de la France et pour n'en pas faire le moindre semblant à qui que ce fust en Espagne. Mais la frayeur qu'on en eut engagea le Roy à presser son petit fils de se remarier. Soit que Madame des Ursins eust eu ou non l'espérance d'estre Reine ou qu'elle eust compris l'impossibilité ou le danger d'y parvenir, elle pensa elle mesme à remarier le Roy pour elle mesme, c'est à dire à une Princesse qui luy eust toulte l'obligation de ce mariage, et qui en mesme temps fut de soy si mé* diocre et si destituée d'appuis qu'elle eust toujours besoin d'elle et ne pust troubler sa toutte puissance. M\ de Vendosme avoit fait recreue en Italie d'un abbé Âlberoni par l'indignation que l'évesque de Parme avoit conceue, envoyé par son maistre vers luy, d^avoir esté receu et obligé à traitler avec luy sur sa chaise percée et d'avoir veu son derrière en plein en se levant, parce qu'il le luy monstra en se plaignant des pustulles que la chaleur du païs, disoit il^

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luy avoit élevées dessus. En la place de Tévesquc» M', de Parme envoya Alberoni, fils d'un jardinier qui s'esloit élevé par son esprit et son manège, qui vit et admira le cul du Duc au lieu d'en estre offensé comme Tévesque, qui espéra Une meilleure fortune en changeant de maistre, et qui passant légèrement sur les bastonnades que la jalousie des autres domestiques luy attira, posséda M', de Vendosme jusqu'à sa mort et demeura après à Madrid résident do Parme, parce qu'ayant esté l'entremetteur de bien des choses avec M^ de Yeiiiiosme et Madame des Ursins il en estoit connu fort familièrement, et que M^ le duc de Parme on crut tirer plus d'avantages que par un autre nouveau. Il ne s'y trompa pas et ny l'un ny l'autre n'auroient osé imaginer la fortune incroyable qu'ils en tirèrent tous deux. La princesse de Parme parut à Madame des Ursins, par les raisons qui ont esté touchées, celle qu'il luy falloit pour une Reine d'Espagne. Sa double bastardise ne put estre un obstacle à ses veues ; la mère de cette Princesse estoit sœur de la mère de l'Empereur, de la Reine d'Espagne vefvô de Charles U, de la feue Reine de Portugal et du dernier Électeur Palatin. Si Alberoni luy en donna la vcuc ou si elle la prit d'elle mesme, c'est ce qui n'a point esté sccu. Elle en escrivit en France où le scandale de l'alliance céda à la nécessité d'en faire une et de ne la pouvoir espérer qu'au gré et par Tentremisc de la princesse des Ursins. L'affaire fut donc bientost conclue. Mais voicy l'énigme que personne n'a pu encore bien déraesler. Ce qui est de vray. C'est que coinme la princesse de Parme eDtroit en Espagne, le Roy dit à Marly quelques mots ambigus sur Madame des Ursins en parlant à Torcy, qui donnèrent curiosité et torture. Ce qui est vray encore, c'est que Madame dé Maintcnon et conséqucmment le Roy

avoient totalement changé à son égard depuis la folle tentative de la Souveraineté. Ils gardoient les apparences^ mais des traits échapés en plusieures occasions moris- Iroiènt un fonds de dégoustet d'impatience bien différent, s'il faut parler ainsy, de l'affolement passé, et le peu de surprise jointe à la froideur avec laquelle ils receurent la nouvelle de sa catastrophe donnèrent fort à penser qu'ils y avoient eu part. Jamais il n'y en eut de pareille. Le subit» la conjoncture, le moment, la saison et le temps, en un mot touttes les circonstances la rendirent également surprenante et accablante; et cette Reine postiche depuis tant d'années publiquement et à découvert toutte puis* santé et régnante se vil briser comme le plus foible roseau, injuriée, insultée, arrestée, livrée à la rigueur des frimas du mois de décembre, à l'horreur de la nuit, à l'incertitude des chemins, à la nudité de touttes choses par une estrangère en l'abordant qui de guet à pend luy fait une querelle, et par une Princesse qui sans appuy de personne, et pour cela choisie par elle, luy doit toutte sa grandeur, qui au premier moment qu'elle Papperçoit l'appesantit et la déployé sur elle non seulement toutte entière, mais usurpa celle qu'elle n'avoit pas. On se dispensera îcy d'un récit si connu et qui ne sera obmis dans aucune histoire. On se dispensera aussy des immenses réfleclions.

Arrivée à Bayonne dans Testât de corps et d'esprit qui se peut imaginer, mais constamment souslenue de la plus grande force de courage, elle y attendit quelques jours la permission d'aller à la Cour et s'y achemina après à petittes journées et arriva enfin à Paris chés son frère, le duc de Noirmoustier. Pendant ce voyage, M', le duc d'Orléans résolut de luy faire sentir ce qu'il estoit, et Madame, qùoyqu'auparavant amie de Madame des Ursins, l'y for-

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tiCa plus que personne. Ils déclarèrent qu'ils ne la verroient point, la défendirent à tout le Palais Royal, et ils exigèrent des personnes qui leur tenoient par une amitié marquée de se la défendre aussy. Us allèrent plus loin. Ils obtinrent qu'elle ne coucheroit point à Versailles, qu'elle ne s'y trouverroit en aucun lieu ny de Cour ny public où ils fussent, qu'elle ne seroit d'aucun voyage de Marly, en un mot qu'elle ne verroit le Boy que pour luy parler en audience et le moins qu'il se pourroit, et tout cela fut littéralement exécuté. Ce ne fut plus cette espèce de Reine estrangère à qui le Roy faisoit les honneurs de sa Cour, qui trailtoit d'affaires avec elle teste à teste, qui luy envoyoit ses ministres, à qui tout faisoit la Cour, qui en avoit une dans Paris de tout ce qui estoit le plus distingué, qui estoit consultée, dont les paroles et les rares visitles taisoient l'orgueil des uns et la jalousie des autres, à qui les Princesses les plus immédiates du Roy prenoient à taschc de plaire, qui brisoit touttes les coustnmes et tous les usages ordinaires pour sa distinction ou sa commodité, qui monstroit en tout son autorité dans la Cour, et dont, pour tout dire en un mot, Madame de Maintenon estoit presque la complaisante. Toutle la grandeur et l'éclat avoit disparu pour ne laisser voir qu'une exilée sans ressource, sans appuy, sans consistance, et une errante sans sçavoir encore où se retirer et à l'emprunt de tout en a( fendant. Un reste de considération, et peut estre la curiosité encore davantage, luy attira d'abord beaucoup de monde en suspens de son ancienne faveur. Mais on ne tarda pas à estre détrompé sur sa durée. Elle languit après Taudiencc qu'elle attendoit. Elle ne fut guères que d'une demie heure chés le Roy et d'une heure chez Madame de Maintenon sans aller nulle autre part que disner chés Torcy et sans

coucher à Versailles. Madame de Maintenon ne pouvoit plus se servir d'elle en Espagne, et si le Roy n'avoit point influé à son expulsion, il esloit dégousté d'elle par l'excès de folle ambition qui Tavoit portée à tenter de se faire Souveraine et par la crainte qu'il avoit eue qu'elle n'espousast publiquement son petit fils, dont cela luy avoit arracJié son consentement, faute de mieux, à un mariage qui luy déplaisoit et qu'il n'avoit souffert que comme un remède qui ne se pouvoit différer contre cette crainte^ Quelque haine que Madame de Maintenon marquast pour M', le duc d'Orléans, elle eut encore plus de frayeur de laisser rapprocher de la Cour une femme de cet esprit et de ce caractère dont la figure ne sentoit point son aage, et qui estoit M propre à amuser le Roy et si capable, une fois intfoduitte, de le mener bien loin^ Ce mesme exemple en est oit en Madame de Maintenon que le Roy avoit comencé par ne pouvoir souffrir, qu'il avoit souvent proposé à Madame de Montespan de renvoyer, qu'il luy avoit tant de fois reproché avec aigreur de garder, et qui enfin estoit devenue ce qu'on la voyoit estre et durer depuis tant d'années, et elle ne l'oublioit pas sur les autres dont elle croyoit avoir lieu de se garder. Ces deux audiences furent donc polies, mais seiches, et finirent touttes deux par le conseil de retourner en Italie après avoir pris un sufûsant repos et touttesfois des offres de services en Espagne pour l'asseurance d*une pension considérable qu'elle obtint en effet. Elle estoit arrivée vers la mi février 1715 et demeura chez M', de Noirmoustier jusqu'à la fin de juillet. Elle n'avoit esté qu'une seule fois à Versailles, le monde qui la voyoit délaissée de la Cour et qui avoit satisfait sa première curiosité l'abandonna ; elle demeura réduitie aux amis de son frère et au petit nombre des siens qui avoient

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eu honle de se retirer. Elle sorloit peu et gardoit un maintien de courage sans bassesse et sans hauteur déplacée, avec des propos mesurés et un silence ordinaire qui luy firent beaucoup d'honneur. Elle cstoit encore assés incertaine de ce qu'elle pourroit dcYcnir lorsque la santé du Roy qui dépérissoit tous les jours parut baisser h \eue d'œil. Le danger de se trouver entre les mains do M', le duc d'Orléans, Régent du Royaume, la réveilla. Elle fit demander son audience de congé pour se retirer en Italie et Toblint à Marly peu de jours avant que le Roy quittast ce lieu favory pour la dernière fois» Elle n'y mangea ny ne coucha, vit le Roy dans son cabinet et Ma< dame de Maintenon après autant environ qu'à sa précé* dente audience, et ccUe-cy se passa avec la mesme poli* tcsse et la mesme froideur. Elle en partit faisant bonne contenance, mais intérieurement outrée, et ne songea plus qu'au départ. De tels arrangemens et pour jamais sont plus longs qu'on ne pense, et si elle avoit raison de se haster de partir, elle n'en avoit aucune de désirer d'arriver, incertaine encore du lieu de sa demeure en Italie, et marcha à si petittes journées que la mort du Roy la surprit à Lyon. Alors la frayeur luy donna des ailes pour gaigner la mer, se croyant à tous instants arrestée ; mais c'estoit la chose à laquelle M^ le duc d'Orléans pensoit le moins. Il estoit sans fiel et sans souvenir de trop de choses, et le monstra a la princesse des Ursins et a Madame de Maintenon sa persécutrice déchaisnée avec une générosité qui fut du bien perdu. Madame des Ursins passa de Marseille à Gennes où elle s'arresta plus d'un an au fauxbourgde Saint-Pierro d'Arcna avant de se pouvoir résoudre de retourner s establir à demeure dans Rome, où elle acheva le reste de ses jours dans un estât fort opulent et fort honorable,

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mcsine asscs considéré, mais fort au dessous du brillant de SCS premières années et qui né pou voit avoir aucune ressemblance à ses moindres jours en Espagne* Mais comme que ce fust il falloit gouverner quelque part et quelque chose, elle s'attacha donc au Roy Jacques d'Angletterre et à la Reine sa femme, réfugiés à Rome, et devint la toutle puissante chés eux. Cela ne fit pas grand bruit dans le monde ny mcsme à Rome où on admiroit qu^après avoir régné si longtemps et si absolument en Espagne, elle pouvoit se résoudre à se raccourcir de la sorte plustost que demeurer en repos. Son fidèle Aubigny engraissé en Espagne et bien establi en France ne la suivit point dans sa retraille, où elle mourut enfin dans un aage extresmement avancé, mais enlière de corps, d'esprit, d'humeur et de grâces..., regrettée d'un fort petit, nombre de personnes et point du tout de son frère le Cardinal avec lequel il y eut moins de liaison que de froide bienséance, et à peine s'apperceut on nulle part de la mort de colle dame qui avoit fait si longtemps une figure si prodigieuse et qui avoit rempli l'Europe de son nom et de son autorité.

Elle trouva à Rome le cardinal del Giudice qu'elle avoit élevé aux premiers postes d'Espagne et qu'elle en avoit cnsuitte précipité. Elle eut la douleur de sçavoir le Père d'Aubanton reslabli dans sa place de confesseur du Roy d'Espagne et dans son premier crédit, et la .mort ne luy permit pas de jouir de la chutte d'Alberoni, causé ou du moins instrument si perfide de la sienne. C'est une perte à regretter sans cesse que cette illustre entre les plus illustres de ces derniers siècles n'ait pas laissé des mémoires de sa vie, qui auroient esté également curieux et agréables et instructifs de mil faits importants et de mil

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causes à jamais eit8«idM de beaucoup d'efTets très connus. C*en est une qui n'est fms nwim intéressante et pour les mesmes raisons que M^ de Lausun ir*aâ f» donné à un si utile amusement les années de son profbiri loisir après les premières de son retour. Mais qui a connu fun et Tautre ne se consolera point qu'il ne soit rien resté de Madame des Ursins par la netteté et les grâces qu'elle y auroit mises» et regrettera moins Touvrage de M^ de Lausun par Tabondance de son esprit, qui mesme dans ses récils des choses de son temps à ses amis qui luy en parloicnt, y mettoit une telle confusion, un enchaisnement si peu distingué de touttes sortes de choses et des parenthèses si fréquentes et si longues à mesure que la matière Temportoity qu'on avoit peine à le suivre et à en démesler le cahos. On s'est peut estre trop arresté sur ces deux personnages, mais leur singularité est si rare, si curieuse, si illustre et si unique à chacun des deux, que les ayant plus que très particulièrement connus l'un et l'autre, on n'a pu se refuser ces morceaux qui scurement ne seront escrits par personne et méritent pourtant de ne périr pas dans l'oubli, comme ils en courreroient le hazard pour le moins puisque leur vie n'est pas assés connue, n'a pas esté assés suivie pour estre du genre de celles qui trouvent des historiens. Venons maintenant au cardinal de la Trémoille avant de passer à celuy qui a donné lieu au contenu de tout ce tiltre.

Joseph Emmanuel de la Trémoille Noirmoustier, Cardinal, fut longtemps petit abbé bossu et contrefait» fort pauvre et dédommagé de sa figure comme on le remarque ordinairement de ses pareils, par beaucoup d'esprit, de saillies, de fasceties dont Taage et la dignité ne le purent jamais deiTaire. Abbé comme cadet sans bien et sans exté-

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râur, gaillard et plaisant par nature, il fut toujours bien esloigné de Tesprit ecclésiastique et de la régularité des mœurs. Cela joint au peu de choix des compagnies et à nulle application à aucun genre d*estude Tesloigna des bienfaits de son estât et ravala souvent sa naissance à des personnages de bouffon. Le grand establissement de sa sœur à Rome luy ouvrit une porte où, retenu par le libertinage et Thabitude de Paris, il eut grand'peine à se résoudre d'entrer et dans laquelle il entra en effet assés tard. A Rome, il vescut comme il a voit fait à Paris, et il n'estima pas avoir plus à se contraindre dans un lieu où cette conduitte n'est jamais un obstacle à la fortune qu'il avoit fait dans sa patrie où la licence perdoit ceux de son mestier. Cependant Madame des Ursins fit tant par ses amis, nos cardinaux françois, qu'on le fit auditeur deRotte, 1693, quoyqu'il ne sceust guères ny droit ny latin et qu'il ne s'instruise et ne se prononce rien dans ce tribunal qu'en cette langue. Il s'en acquitta donc comme il put et encore mieux d'en jouir luy et ses amis qui n'estoient pas de la première volée, et on vient de voir sur sa sœur dans quelle estime il pouvoit estre, puisque malgré son aage et son employ, elle luy mit l'Inquisition aux trousses, dont à la fin il eut une telle peur qu'elle le fit fuir et séjourner du temps à Naples. Cette belle avanture replastrée et luy rendu à ses fonctions il ne paroist pas qu'il se fust corrigé, puisque Clément XI, Albane, fut plus de quatre mois à luy refuser la pourpre, à l'ofTrir sans difficulté à tout autre sujet en sa place pour qui la France et l'Espagne la voudroient, et à s'écrier que c'estoit abuser de luy et déshonorer son Pontificat et la pourpre que de le forcer à la donner à un sujet si obscur de vie et de conduitte et touttes fois si publiquement et en tant de façons si décrié.

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Il céda toultcfois h la violence qui luy fut faille à l'occasion qu'on vient de voir sur sa sœur, et à Tamère douleur du Pape, il le promut enfin le 17 may 1707, et l'année suivante, le Roy le fit commandeur de l'Ordre du Saint- Esprit. Il fut abbc de Lagny, de Sorese, de Haulecombe en Savoye, de Grandselve, de Saint-Amand près Tournay cl de Saint-Éticnne de Caën. Il n'est rien tel que d'estre une fois cardinal, et faute d'autres, au retour du cardinal de Janson et par épargne d'ambassadeur, il fut chargé des affaires de France à Rome qu'il fit comme il put. Il se laissa en tout gouverner à la Cour de Rome comme à celle où il vouloil passer et finir ses jours, et par conséquent de préférence à tout luy estre agréable et s'y entretenir des amis, dont les affaires d'Estat et de Religion n'ont pas peu ny peu domageablemenl souffert, pour ne pas dire irrémédiablement, et il s'estoit tellement italianisé qu'il n'avoit que le nom de Ministre du Roy auprès du Pape, tandis qu'en efTet il cstoil l'homme du Pape et de sa Cour auprès du Roy et de nostre gouvernement. M^ le duc d'Orléans devenant Régent le trouva dans cet cmploy et n'osa l'en osier, puis l'y laissant et voyant la honte qu'il faisoil par ses debtes, luy donna l'évesché de Bayeux cl quatre mois après l'archevesché de Cambray par embarras de compétiteurs. S'il en fut plus riche il n'en vescut pas plus à son aise ny avec moins de désordre. La princesse Carpcgnc, Françoise un peu avanturière qui esloit de ses amies, luy avoit confié pour line grosse somme de pierreries. 11 les fricassa et n'en rendit jamais un écu à la veue et au scandale de tout Rome. Avec tout cela sa facililé de mœurs, son abandon à la Cour de Rome, l'utile et le continuel usage qu'elle en faisoil à nostre grand domage, ses plaisanteries et sa guayeté, tout cela le faisoil

aimer. Pour restime^elle estoit touUe sa vie demeurée en arrière. II passa ainsy sa vie à Rome et l'y finit en banqueroutier avec tant de riches bénéfices et toujours chargé des affaires de France, 10 janvier 1720. Passons enfin à son frère qui ne luy ressembla en rien.

Antoine François de la Trémoille, marquis puis ducdeNoirmoustier, fut un prodige qui dans le mesme malheur, quoyque dans un autre genre et certes bien inférieur, fait touttefois souvenir du célèbre Didyme d'Alexandrie. Le marquis de Noirmoustier fut le jeune homme de son temps le mieux fait, le plus adroit et de la plus grande espérance, avec autant ou plus d'esprit que sa fameuse sœur et guères moins d'ambition.

II perçoit à la Cour avec tous les agrémens de son aage lorsqu'allant la trouver à Chambord, dans sa vingtième ou vingt deuxième année, il se ti'ouva mal à Orléans et y eut la petitte vérole. Elle se passa fort heureusement, mais comme on le croyoit presque guéri, il luy en sortit une nouvelle

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I. Margueritte, vefve de Martin Bermond, conseiller au Parlement, fille de Louis de la Grange Trianon, président aux Requestes du Parlement, et de Margueritte Martineau.

Mariée, février 1688.

Morte, aoust 1689, sans enfans.

IL Marie Elizabeth, fille de François Duret, sieur de Chevry, président en la Chambre des Comptes de Paris, et de Marie Elizabeth Bellier de Plat Buisson.

Mariée, may 1700.

Morte de douleur six semaines après son mary, sans enfans.

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qui luy creva les deux yeux. Il succomba au désespoir et passa plus de vingt ans enfermé chés luy sans se rendre accessible presque à personne. Il mit sans le vouloir cette solitude à profit, et ne pouvant plus estre acteur dans le monde il voulut au moins Testre en esprit avec tous ceux qui Tavoient esté dans tous les siècles. Ce qu*il lut est incroyable, ce qu'il retint et avec quel ordre et quelle netteté Test infiniment plus. De là les réflections, les comparaisons, les combinaisons, les applications, les remarques, la justesse, la précision, la solidité, l'agrément (J[ui firent de luy ce tout si démeslé et si extraordinaire et les délices de ses amis quand il en voulut bien avoir. Le comte de Fiesque fut presque le seul à qui sa porte fut ouverte. Ils estoicnt amis intimes et peu riches; ils se logèrent ensemble. A la fin il combattit celte opiniastre solitude, il fut des années à l'en tirer. Enfin par complaisance il obtint de voir quelques uns de ses amis. L'aveugle leur parut d'une compagnie délicieuse ; de l'un à l'autre il vit plus de monde et à la fin il fut recherché. Un homme qui ne sort point de chés luy, qu'on est seur de trouver toujours, qui met de soy beaucoup d'agrément dans le commercc, qui y ajouste l'amusement et pour ceux qui en veulent l'instruction et le conseil, sans l'offrir, sans rien monstrer, sans s'en souvenir, se trouve bientost en estât de choisir. L'esprit fit son premier mariage, aiguisé du besoin de bien. Les mesmes raisons firent le second au grand regret de sa sœur qui se refroidit fort pour ses mésalliances. La dernière estoit une personne de beaucoup d'esprit, qui sçavoit, qui goustoit, qui discernoit et qui contribua à la bonne compagnie de sa maison d'où elle ne sortoit point, avec un attachement, une attention et un soin pour son mary incomparables. Un peu plus d'aisance

par ce mariage et parla mort du comte de Fiesque qui luy laissa tout ce qu'il put, le mit en estât de donner à manger à ses amis, et il n'estoit pas insensible à la chère délicatte à laquelle il se connoissoit fort. Insensiblement il fut \i$ité de tout ce que la Cour et la ville ont de plus considérable en tout genre et sa maison devint un rendes vous du plus trayé et du meilleur, où on se faisoit honneur d'estre receu et où l'esprit recevoit une nourriture exquise. U devint Tamy puis le conseil de bien des gens considérables et la fortune de sa sœur et de son frère le rendit leur bureau d^adresse que le Gouvernement soupçonna plus d'une fois de se tourner en cabale et de mériter attention. Au moins fut ce une manière de tribunal dont l'approbation faisoit poids et estoit recherchée. Mais tout ce qui estoit public se passoit avec tant de circonspection et de sagesse, tout ce qui ne devoit pas l'estre avec tant d'art et de secret qu'il ne se trouva jamais sur quoy mordre. Madame de Noirmoustier luy lisoit et e^crivoit sous luy touttes ses lettres et cela estoit aussy seur que luy mesme. De cette façon il passa un très long reste de vie considérée et remplie, toujours agréable, souvent importante. Il avoit la compréhension si juste qu'il faisoit une description exacte des lieux et des figures qu'il avoit veues autrefois ; l'arrangement d'une compagnie, connu par le ton de la voix , lempeschoit de se méprendre jamais en parlant aux personnes. Propre sur soy et en mangeant au dernier point.

11 bastit la maison où il mourut et dont il jouit plusieures années, en dicta le plan, la distribution, les dimensions, les dégagemens, les pièces, celles de son jardin, sans que rien luy eschappast, et Texécution en fit honte aux architectes les plus corrects. U décida des ornemens

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et de tous les desseins qui y entrèrent, des couleurs, des marbres, des peintures» bien plus, des meubles et des desseins des étoffes qu'il se faisoit expliquer et qu'il s'imprimoit par le tact. Avec tout cela et s'avouant aveugle il avoit cette foiblesse de n'aimer pas qu'on luy parlast de son aveuglement, ny de celuy des aultres, ny de la petitte vérole. Sa politesse égale à son esprit le retenoit quand cela arrivoit quelquefois, mais il soufTroit et on s'en apercevoit. Il est surprenant combien d'affaires de famille, de Cour, de monde, de fortune, d'intrigues et de cabales luy ont passé par les mains, combien consulté, combien cru comme un oracle. Il fut en plus d'une occasion d'un grand secours à sa sœur et à son frère, mesme dans leur splendeur ; et à la chutte de sa sœur, malgré la froideur, il fut toutte sa ressource. On peut juger qu'un tel homme avoit beaucoup de considération et mesme un vray crédit direct et indirect, et sans sortir de sa chambre, mesme quand il fut fait duc; et sa femme menée par la mare$chale de Noailles alla prendre son tabouret et n'y est pas retournée deux fois en sa vie. D'ailleurs l'homme du monde le plus mesuré, qui s'énon(oii naturellement le mieux jusque dans les choses les plus communes, et dont le jugement estoit le plus sain ; et avec cela le plus seur, le meilleur et le plus utile amy du monde* Il n'avoit jamais recherché personne et avoit toujours esté recherché. Il mourut à plus de quatre vingts ans d'une maladie de six mois, la teste aussy saine qu'à quarante ans, et avec une fermeté si constamment soutenue, voyant toujours sa fin, qu'on en auroit esté en peine si le curé de Saint-Sulpice qui l'assistoit n'en avoit esté très content. Il laissa un grand nombre d'amis qui le regrettèrent amèrement et sa perte fit un vuide dans Paris. Sa femme qui en avoit eu des soins incomparables avec un courage masle

ROYAN. LA THÉMOILLE NOIKMOUSTIËR. 389

qui la soutint pendant toutte sa maladie, ne put depuis sa mort prendre ny sommeil ny nourriture et en mounii au bout de six semaines de pure douleur sans aucune autre maladie, 1735.

Ainsy s'esteignit le Duché de Noirmoustier après vingt cinq ans de durée avec la branche de ce nom.

On

mai nère

APPENDICE I Voir page H4 du

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