‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 8 sur 58 · VI. Appelé · texte numérisé non relu

VI. Appelé

«e. Rangs. Léouor, le plus heureux

fft 1573.

de sa race après le premier.

Il fut duc de Longueville par la mort du petit duc son cousin germain^ dont il recueillit la vaste succession.

Sa mère, qui estoit habile et ambitieuse, auroit bien voulu persuader que l'office de grand chambellan estoit héréditaire dans la Maison de Longueville, parce qu'à commencer par le célèbre bastard, luy, son fils et les cinq ducs de Longueville l'avoient eue, et ces cinq derniers tout de suitte jusqu'à celuy cy, à qui le duc de Guise, tué devant Orléans, la prit à la mort du petit duc de Longueville. Madame de Rothelin n'osa crier trop haut, mais elle songea à raccrocher la charge par un mariage qui fut conclu.

Marie de Bourbon.

Mariée l"" à Jean de Bourbon comte de Soissons, son cousin germain, cinquième frère du Roy de Navarre père d'Hefnry IV, tué sans postérité à la bataille de Saint- Quentin, 10 aoust 1557.

2' 1560, à François de la Marck-Clèves duc de Nevers, tué sans postérité à la bataille de Dreux, 19 décembre 1562 ^

3"2juilletl565,àLéonor cy à costé.

Elle estoit fille unique et puissante héritière dé François de Bourbon comte de Saint -Paul, et d'Adrienne duchesse héritière d'Estoutteville, n'ayant eu qu'un frère unique mort 1566, à

1. Il 7 a faute, puisque seurement ce duc de lïevers ne fut marié qu'une fois, et quli espousa Anne de Bourbon-Montpensier, comme il est à son tiltre et bien vérifié. {Note de Saint-Simon,)

DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.

mais que la charge rompit très heureusement pour tous les deux, puisque M. de Longueville fit ce grand mariage, et Mad'"* de Guise celuy de M. de Montpensier.

La marquise de Rothelin vouloit la charge en espousant; M. de Guise la promettoit avec le temps; et comme ils en estoient là, et l'affaire sur le pied de conclure et vivant sur ce pied là, vint le sacre de Charles IX.

M. de Guise y servoit de duc de Guyenne et de plus estoit grand maistre de France. La

dix ans. Ainsy, cousine germaine paternelle du Roy de Navarre père d'Henry IV; du prince de Gondé, chef des Huguenots ; du cardinal de Bourbon, chef apparent de la Ligue, etc. ; et niepce paternelle du premier duc de Vendosme, d'autre cardinal de Bourbon, de la première duchesse deGuise,etc.

EUe mourut à Pontoise en avril 1601, à soixantedeux ans.

Ce qui regarde son père et sa mère se trouvera cy-après au tiltre à'Estoutteville.

marquise de Rothelin le pressa d'y faire servir le duc de Longueville de grand chambellan, et les choses furent amenées au consentement; mais quand il fut question d'en venir au fait, M. de Guise prétendit qu'il tiendroit sa place et comme le représentant. Cela picqua la marquise de Rothelin, qui avoit cru par là gaigner l'asseurance et la fonction en titulaire de la charge, et qui vit bien qu'on ne vouloit que l'amuser ; tellement, qu'elle rompit le mariage avec éclat, et que M. de Longueville qui s'en plaignit comme d'une espèce de rapt, déclara qu'il ne céderoit plus à M. de Guise, et que s'il l'avoit fait quelquefois, ce n' avoit été que comme à son futur et seur beau père. Mais ces propos ne pouvoient s'entendre que de politesses dans le cours ordinaire des rencontres, et encore dans un jeune homme picqué

et qui parloit en jeune homme. Comme plus ancien duc que M. de Guise, il le précédoit ; et il y a toutle apparence parce qui peut se recueillir de ces temps reculés, que cette insigne faveur que Messieurs de Longueville trouvèrent si constamment dans tous les Rois légitimement issus du mesme fils de France, dont ils Festoient eux mesmes par bastardise, eut grand*part à cette préférence des ducs vériGés non pairs sur les ducs moins anciens qu'eux quoyque pairs, dans touttes les occasions où on voit que dès lors elle s'establit. Dans celles où il s'agissoit de pairie ou par fonction ou par assistance, les ducs non pairs ne s*y pouYoient trouver ; tellement que Messieurs de Longueville qui n'ont jamais esté pairs, ne se sont trouvés en ces occasions que par leur office, et dans leur place séparée, de grands chambellans. Et c'est ce qui en faisoit tant désirer à la marquise de Rothelin le retour à son fils, pour suppléer par là à la pairie que dans leurs commencements ils n'avoient osé prétendre, et que depuis ils n'avoient pu faire enregistrer sur les lettres que l'oncle paternel de celuy cy en avoit obtenues. Il estoit donc vray que les ducs de Longueville, plus anciens que ceux de Guise, les précédoient sans difficulté partout où ils se trouvoient ensemble; et que la déférence dont il est icy question n'avoit pu rouler qu'en des politesses, non en cérémonies où elle ne peut avoir lieu, mais en rencontres de Ja vie commune par la différence de l'aage et des emplois qui estoit entière entre ces deux lues, et qui mesme n'eust pas suffi dans ces temps là où on n'avoitpas encore le pernicieux usage de faire les honneurs de ce qui n'est à soy qu'en dépost, sans l'extrême désir et les flatteuses espérances de raccro. cher la charge si nécessaire de grand chambellan par un mariage, pour couvrir le défaut de la pairie et y suppléer.

VII o

On a veu en plusieurs autres tiltres de ces Nottes les preuves répandues qu'il n'estoit point alors encore question de naissance y pas mesme pour les princes du Sang, mais uniquement de dignités de duc et de pair, et après eux d'offices de la Couronne pour les rangs. Les princes du Sang n'estoient alors, et bien depuis encore, que seigneurs du Sang qui n'exigeoient pas mesme un autre tiltre de leurs plus petits vassaux et les plus hors d'estat comme de volonté de leur refuser rien de ce qu ils en auroient prétendu. On voit en effet, dans le recueil des hommages, celuy de la seigneurie de Chaon fait en 1545 par Claude Robert, escuyer, à Charles de Bourbon duc de fieaupreau prince de la Roche-sur-Yon, gouverneur de Dauphiné, etc., frère du premier duc de Montpensier, c'est à dire moins de vingt ans avant le mariage de ce Léonor duc de Longueville, où ce prince de la. Roche-sur- Yon est qualifié par ce Robert, escuyer, son vassal, très haut et puissant seigneur Monseigneur Charles de Bourbon, etc. Et si, cent ans auparavent, le comte de Dunois eut la qualité de prince dans le Iraitté de paix de 1446 entre Charles VII et Henry VII Roy d'An glet terre, on en a veu la raison dans l'usage particulier à l'Angletterre pour ses grands à qui elle voulut égaler un aussy grand personnage et aussy puissamment establi que l'estoit alors ce fameux bastard ; et que cela servit d'exemple à prendre la mesme qualité dans un enregistrement pour ce mesme bastard, fait obscurément à la justice de la Rochelle par les juges des lieux, d'un délay de foy et hommage d'une terre mouvante de Louis XI, en 1467.

Mais voicy des faits qui véritablement sont inexplicables, et ne sçauroient marquer que la confusion qui commençoit à poindre par les prétentions que Catherine de Médicis fit naistre et fomenta pour brouiller les grands, et régner

avec plus d'affermissement dans les divisions, la discorde et les troubles dont elle fut la funeste et continuelle nourricière. Léonor duc de Longueville, si puissant en biens et en parentés les plus proches qu'on ne rappelle point, parce qu'on a mis cy devant la généalogie, et qu'on voit à costé de son nom quelles estoient sa^ femme et sa sœur mariée au plus grand ennemi des Guise et au seul Bourbon chef de parti, fut gouverneur de Picardie, chevalier de Saint-Michel, prisonnier à la bataille de Saint-Quentin, 1557, et se trouva, 1569, à celle de Montcontour. L'année suivante, Charles IX à vingt ans espousa la fille de TEmpereur Maximilien II, et quoyque majeur fort en tutelle sous sa terrible mère Catherine de Médicis. M. de Longueville forma pour la première fois des prétentions à ces nopces. Madame sa femme n'y assista pas, et obtint un brevet du 25 novembre 1570, du monastère de Béthléemlez-Mézières, par lequel Charles IX déclare qu'encore que la duchesse de Longueville n'assistast point aux nopces de Sa Majesté qui se dévoient faire le lendemain, il n'cntendoit point que cela luy pust préjudiciel* en quelque chose, ny au duc son mary, au rang qu'ils prétendoient leur appartenir. Cela n'explique point la prétention, mais l'admet et marque bien en mesme temps que la duchesse de Longueville ne prétendoit rien que par son mary quoyque Bourbon ; et en effet , bien loin que celles de Bourbon qui estoient mariées en d'autres Maisons prétendissent alors quelque chose par elles mesmes au dessus de leurs marys, ceux mesme de Bourbon n'en estoient encore qu'au rang de leurs dignités tout comme les autres.

Ce premier fondement posé fut tost après suivi d'un aulre brevet du 5 avril 1571, à Paris, par lequel Charles IX déclara que reconnoissant sur les tesmoignages à luy

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rendus par aucuns princes du Sang et plusieurs grands et notables personnages de sa suitte (il ne dit pas de son Conseil et ne parle ny de ducs, ny de pairs, ny d'officiers de la Couronne suivant l'ordre et la coutume, et voilà la première fois que le nom de prince du Sang se trouve employé en forme), reconnoissant, dis je, sur ces tesmoignages que les prédécesseurs du duc de Longueville issus et descendus de la Maison d'Orléans avoient toujours esté avoués, tenus et réputés dans le Royaume pour princes du sang de la Maison d'Orléans et avoient tenu rang et degré de préférence en plusieurs actes et cérémonies après les princes du sang de Sa Majesté, en conséquence de quoy elle déclara vouloir que ledit duc de Longueville et ses successeurs légitimes tinssent lieu et rang dans le Royaume de préférence en tous lieux et cérémonies après les princes du Sang ; l'avouant d'abondant en tant que besoin pouvoit estre, prince dudit Sang comme sorti de ladite Maison d'Orléans, afin d'éviter touttes difficultés qui pourroient cy après intervenir entre lesdits duc de Longueville et ses successeurs, et les princes et seigneurs descendus d'autre Ueu que du sang de France.

Le mesme Charles IX, par lettres patentes données à Duretal, septembre 1571, de l'avis de la Reine sa mère, des ducs d'Anjou et d'Alençon ses frères, et du cardinal de Rourbon son cousin (qui l'estoit germain de M. de Longueville et beau frère de sa sœur), avoue et déclare tenir et réputer sondit cousin Léonor duc de Longueville pour prince de son sang, aussy bien que ses enfans et succèsseurs de droite ligne, comme issus et descendus de la Maison d'Orléans, pour avoir et tenir lieu après les autres princes de son sang ; mais ces patentes sont demeurées en poche avec les brevets, et n'ont esté jamais enregistrées

en aucune Cour quelconque, et n'ont esté que des pierres d'attente pour servir en des temps et des occasions favo^ râbles, puisque alors ny longtemps depuis les princes du Sang n'estoient nommés que seigneurs du Sang, et ne pré-* cédoient qu'à tiltre de dignité de ducs, de pairs, ou d'officiers de la Couronne, comme il a esté souvent monstre. D'où il résulte que ce n'estoit que pierres d'attente qu'on se gardoit bien de monstrer. Ce mesme duc de Guise tué devant Orléans, dont Léonor duc de Longueville avoit tant désiré la fille et la charge de grand chambellan, avoit servi de Pair aux sacres d'Henry II, de François II et de Charles IX mesme avec M. le duc de Montpensier, et M. de Nevers-Gonzague aussy au dernier; et tous deux l'avoient précédé sans difficulté. Il y en eut à celuy d'Henry IH entre M. de Guise, tué à Blois, et le duc de Montpensier son beau frère. On commençoit mesme déjà à parler de ce qui ne faisoit que se méditer du temps du mariage de Charles IX et de ces brevets et lettres à M. de Longueville, qui bientost après éclata en faveur des princes du Sang, et qui à la vérité auroit toujours deu estre en pais de loy salique. Mais en attendant, on voit dans Brantosme qui le rapporte pour s'y estre trouvé présent, la course que ces deux beaux frères firent bien accompagnés à Paris, à qui y arriveroit le plus tost, et de là à Rheims; les bravades de M. de Guise qu'il chasseroit M. de Montpensier par le collet et luy donneroit de la dague s'il osoit se vouloir mettre entre le Roy de Navarre et luy, et finalement que M. de Guise servit, et que M. de Montpensier arrivé fort près de Rheims arresta, puis sans y venir rebroussa chemin; et ce dernier fait arriva pourtant quatre ans après les dattes de ces brevets et lettres où il est tant mention du rang des princes du Sang, c'est à dire en février

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1575. Déplus, toutte l'émulation enh^e Messieurs de Longueville et de Guise estoit que ce dernier, comme pair, tentoit de précéder Tautre qui ne l'estoit pas, mais plus ancien duc, et qu'il avoit ce luy sembloit pris sur luy l'office de grand Chambellan qui en beaucoup d'actions suppléoità son manque de pairie. Ce duc de Guise, dont le père, quoyque si grandement issu, marié, establi, avoit toujours esté premier chambellan de François I, tandis que les pères de M. de Longueville estoient grands Chambellans.

Mais si on examine de près ce brevet et ces lettres, ils ne parlent ny djBducs, nydepairs, ny d'officiers de la Couronne, ny d'autres princes en particulier, mais en général A^ autres princes et seigneurs descendus d'autre lieu que du sang de France. Cela ne peut regarder les ducs, ny les pairs, ny mesme les officiers de la Couronne qui pour estre compris devroient estre particulièrement nommés, puisque jusqu'alors nulle atteinte jamais aux dignités de l'Estat, qui ne se pouvoient donner ainsy d'une manière implicite et tacile, et qu'à l'égard des officiers de la Couronne on a veu au tiltre d'Espemon, [tome V, p. 508 et suiv.,] combien Charles IX leur fut singulièrement favorable, et trop pour les avoir entendus icy sans les y avoir exprimés. Et de plus, quant aux ducs, on voit qu'il ne s'y estoit pas agi d'eux, puisque sept ou huit ans après, les statuts originaux de l'ordre du Sainl-Esprit donnent la préséance aux ducs, sur tous les princes non du Sang, qui alors estoient nommés ainsy avec préséance partout à ce tillre ; et à la première promotion on en vit l'exécution en M. d'Uzès qui précéda un duc et pair moins ancien que luy de la Maison de Lorraine.

Quoy qu'il en soit, voilà le canevas qui a esté le modèle de ce qui s'est fait pour les bastardsde Louis XIV, sortis de mesme d'un double adultère, comme un bastard du dernier

LONGUEVILLE. FRANÇOIS DIT D'ORLÉAIfS. 39

duc de Longueyille, tué au siège de Philipsbourg enl688> a esté celuydela légitimation de ces mesmes bastards sans nommer la mère. On a veu au tiltre de Guise, [tome Y, page 89,] que le renversement du rang reiglé par les statuts originaux de Tordre du Saint-Esprit, dont ce duc de Guise presque dès lors sur le trosne vint enfin à bout, ne fut pas l'ouvrage d'un jour ny d'une mesme haleine, malgré son effroyable puissance et àon audace la plus effrénée. On verra de mesme que Messieurs de Longueville, bien moins puissants quoyque peut estre aussy audacieux s'ils a voient eu le mesme lieu de l'estre, n'ont pu aussy faire un grand usage de ce qui d'abord ne put estre que fort ténébreux, et que le dernier Longueville qui a vescu et figuré en est mort de douleur. Une répétition de touttes les énormes grandeurs de Messieurs de Longueville, depuis et compris le fameux bastard jusqu'alors, ne pourroit estre qu'inutile, et de l'inouï enchaisnement de conjonctures uniques et générales et particulières qui les portèrent à ce comble incroyable et si rapide de biens, d'honneurs et des plus hautes alliances, avec celte fortune encor de n'avoir produit aucune branche cadette, pas un seul rameau dont ils pussent estre le moins du monde obscurcis par la différence d'ëstablissements. Tout se voit icy d'un coup d'œil, et c'est aussy ce groupe si radieux qui enfanta en ce duc de Longueville des prétentions si nouvelles et si indigestes, dont les instruments qu'il en obtint ne le furent pas moins. En effet, tout y est informe et captieux, et rien que de vague. Quelle expression que celle de princes du sang d'Orléans ?. Est ce qu'ils sont légitimes? et s'ils ne le sont pas, qui les a dès lors égalés à ceux qui le sont, et qui pourroit le faire ? Car des princes du sang d'Orléans peuvent ils estre entendus autrement que légitimement, et ceux là comment les pour-

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roîl-on désigner autrement? Par qui avoues et tenus tels Messieurs de Longueville, et en quels actes et cérémonies ont ils précédé personne à tiltre de leur sang d'Orléans ? Ce sont choses qui valoient au moins la peine d'estre cotées particulièrement, et non comme par un prétendu ouï dire infiniment éloigné de la notoriété. Et quel tiltre qu'une telle et si vague supposition, et de gens qu'on n'exprime qu'avec un vague encore s'il se peut plus foible ; quel tiltre pour faire des princes du Sang? Cet entortillement ne fait que monstrer avec évidence combien le poids d'une si énorme nouveauté estoit sentie par ceux là mesme qui la vouloient et l'accordoient, l'impuissance en soy de faire des princes du Sang avec du parchemin et autrement qu'avec la Reine, comme le chancelier Séguier le dit à Louis XIY, sur le traitté de Montmartre, qui ne l'a jamais oublié et dans les temps mesmes où ses actions faisoient croire qu'il ne s'en souvenoit plus; enfin, l'impossibilité d'une préséance universelle à tout autre tiltre que celuy de prince du Sang. Toutte la texture est pareille. On les déclare princes du Sang comme descendus et issus de la Maison d'Orléans. Mais cette Maison qui depuis Charles Mil a donné tant de Rois à la France, a t elle besoin de cette déclaration? Car la façon de la descente est teue et non exprimée ; ou bien, à en juger par la notoriété, est ce que cette branche royale a cet estrange privilège par dessus touttes les autres, que tout ce qui en sort par le sacrement ou par l'adultère mesme double, soit également réputé du sang de nos Rois, et avec. les mesmes avantages ? Enfin, pour n'y obmettre aucune espèce d'absurdité, on finit par dire qu'ils sont déclarés princes du Sang pour éviter touttes difficultés ^ etc., entre eux et les princes et seigneurs non descendus du sang de France, dans un temps où la préséance et mesme

LONGUEVILLE. FRANÇOIS DIT D'ORLÉANS. Ai

le nom de prince du Sang estoient encore inconnus ; dans un temps où les Maisons de Lorraine, de Savoye et de Gonzague estoient si accréditées, si puissantes et si remplies de puisnés, dans un temps enfin où, contre tous ces princes, sans compter les grands seigneurs que ces temps de troubles rendoient considérables, cette Maison de Longueville mise ainsy sur la teste de touttes les autres, estoit réduite à Tunique Léonor aagé lors de trente et un ans, et encore pas. En Yoilà trop sans doute pour monstrer avec évidence la vérité de ce qui a esté proposé plus haut, que ces brevets et ces lettres jamais vérifiées ny présentées nulle part n'ont esté obtenues que sous la cheminée, puisqu'outre tout ce qui vient d'estre allégué, on n'en voit aussy tost après ny exécution dans M. de Longueville, ny réclamation de la part de tant de gens si grièvement lésés et si peu capables de l'endurer et de s'en taire. C'est touttesfois ce dont Messieurs de Longueville ont voulu s'avantager dans les suites, et qui a pu donner lieu, avec un peu d'art, à la fausse opinion fort répandue et dont ils se sont utilement servis, qu'ils avoient esté déclarés par les Estats Généraux non seulement princes de Sang, mais encore, faule de princes du Sang, successeurs à la Couronne. Assemblées touttesfois a pas une desquelles le rang ny la qualité de Messieurs de Longueville n'a jamais esté seulement présentée.

On a veu au tiltre de Vendosme [tome V, pages 444 et suiv.], le sort obscur de tous lesbastards des Rois jusqu'à luy, et au tiltre de Vemeuil [t. VI, page 104], la disproportion entre ces deux frères. C'est qu'Henry IV qui de César vouloit faire un Dauphin, et qui n'en fut empesché que par la prompte mort de Gabrielle, luy prodigua comme de foibles consolations les plus énormes nouveautés qui ne durèrent qu'autant que ce monarque. Rien ne le tesmoigne plus

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que la disgirâce de M. de Sancy, l'exemple des serviteurs également fidèles et magnanimes, et dont la récompense fut Textrémilé de Tindigence et de Tobscurité. Zamet, ce seigneur de 1,700,000 escus, comme il se qualifioit, admis dans tous les plaisirs d'Henry lY et qui figuroit plus que de raison dans sa cour, avoit des enfans d'une maistresse que Gabrielle, à force de persécutions, l'obligea d'épouser en public, et d'en mettre les enfans sous le poisle pour les rendre légitimes. Transportée de cet exploit, elle le raconte à Sancy, alors minisire d'Ëstat et surintendant des fin^mces, et luy demande que luy en semble. Surprise du peu de cas qu'en fit Sancy, elle luy explique sa pensée. Tout beau, Madame, lui dit Sancy tout ému d'indignation, ce qui peut

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