‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 9 sur 58 · VU · texte numérisé non relu

VU

Picardie; général HeurV I, duC dc LoUffUCd'armée, . , ,

chevalier da viUc. Défit à la bataille de janvier isa^. Scnlis, may 1589, les troup-

Mort avril 1595. j i t • t j 1.1

pes de la Ligue. Les troubles l'avoient mis à vingt un ans à la teste de cette armée contre le duc d'Aumale. Il amena, la mesme année, un puissant secours à Henry IV au siège de Dieppe. Servit à ceux de Rouen et de Laon, fut chevalier du Sainl-Esprit, premier janvier 1595 avec son frère, dans cet ordre :

Catherine fille aisnée de Ludovic Gonzague duc de Nevers et d'Henriette de la Marck-Clèves-Nevers.

Mariée au Louvre, 28 février 1588.

Morte à Paris premier décembre 1629.

Sœur de Charles duc de Nevers puis de Mantoue, et de la duchesse d'Aiguillon- Lorraine, puis Mayenne. Madame de Nevers sa mère estoit sœur aisnée de la

duchesse

estre pour des particuliers ne peut estre pour les Rois, et leurs bastards, quoy qu'on fasse, ne seront jamais que des fils de putain. Celle cy outrée de rage le quitta brusquement, et quatre jours après le fit chasser, dépouillé de biens et de charges. Mais voilà trop de disgression. Revenons à Messieurs de Longue ville. C'est à eux à qui les bastards de Louis XIV ont l'obligation de tous les divers degrés de leur estre, et M. de Vendosme le dernier de Télévation à luy mesme si longtemps inconnue, dans laquelle il est mort. Léonor duc de Longueville ne garda pas longtemps ces précieuses pierres d'attente. Il mourut 5 Blois en aoust 1573, à trente trois ans, s'estant trouvé la mesme année au premier siège de la Rochelle.

Cattherine ditte Mademoiselle de Longueville vescut en grande piété dans la virginité. Fonda les Carmélites du faubourg Saint-Jacques à Paris, 1604, à qui elle donna beaucoup, et mourut aveugle en 1638 ayant encore en 1613 fondé à Paris le Prieuré des Bénédictines de la Ville-l'Evesque conjointement avec :

Margueritte ditte Mademoiselle d'Estouttevillc. Vescut aussy en grande piété dans la virginité, fonda, 1613, avec sa sœur le Prieuré susdit, et mourut à quarante neuf ans en 1615.

Antoinette marquise deBellisle-Gondi, belle fille du mareschalducdeRetz. Voirletiltrede/?e/z[tomeV, page 406].

Elisabeth comtesse de Torigny-Goyon, belle fille du mareschal de Mattignon, voir aux Ducs pairs existants le tiltre de Valentinois, morte avec postérité.

Ayant

DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.

Le duc de Montpensier, Le duc de Longueville, Le comte de Saint-Paul, Le marquis de Nangis- Brichanteau, depuis colonel des gardes,

Le marquis de Lavardin- Beaumanoir, depuis mareschal de France, etc.

M. de Longue ville fut gouverneur de Picardie comme il va estre dit, et mourut à Amiens à vingt sept ans, 29 avril 1595, quatre mois après avoir esté fait chevalier du Saint-Esprit, d'un coup de mousquet qu'il récent à une salve d'honneur à son entrée à Doulens, qu'on prétendit venu de la jalousie de M. d'IIumières, lieutenant général de la province, plus que Guisard et plus que Ligueur.

duchesse de Guise, femme de celuy qui fut tué, 23 décembre 1588, aux derniers Estats de Blois. Desquelles voir la grande et proche parenté [t. V] tiltre de Guise, p. 44, et de Nevers^ p. 199.

Ludovic Gonzague duc de Nevers, père de cette duchesse de Longueville, estoit homme de guerre, grand homme d'Estat qui se sentoit fort en touttes manières ; homme de bien, droit, vray, et catholique sçavant et esclairé, et beau frère de M. de Guise tué à Blois. Il avoit fait en 1599 le double mariage de son fils et de sa fille avec le fils et la fille du duc de Mayenne, frère du mesmeducdeGuiseetchefde la Ligue après sa mort. Avec touttes cesliaisons,sa femme

receutune insulte des mignons d'Henry III qui n'en fil aucune justice, et cette aventure fit plus sur M. de Nevers que tout ce que la marquise de Guise avoit fait jusqu'alors pour Tentraisner. C'estoit en 1584, et quoyque le mariage de ses enfans ne vinst que bien des années après qu'il n'y eut plus de Ligue, il marque touttesfois la suiltc de l'union qui avoit esté

(Voir la suite, page 47 ) entre eux

Ayant esté mariée en 1596. Vefve 1648.

Ce mariage, qui fut l'ouvrage de l'ambition d'une part, et du goust et de l'estime de l'autre, se fit malgré toute la famille de Longueville» dont aucun ne signa le contrat de mariage et ne voulut ouïr parler des espoux. Rien n'est plus difficile à comprendre que le mépris qu'ils tesmoignërent de cette alliance qui, touttesfois, n'estoit pas fort au dessous d'eux, quoyqu'elle ne fust pas flatteuse au vol que leurs alliances prodigieuses leur avoit fait prendre. Mais ce qui comble i'estonnement d'une si superbe conduitte, c'est l'alliance de l'autre sœur faite du gré, du consentement et du désir de tous les Longuevilles, et néantmoins extrêmement moindre que celle cy. On a veu les Gondi au tiltre de Retz [t. V],p. 398, et on verra les Guyon cy après aux Ducs pairs existants, où la différence en faveur de ceux cy sera très sensible. Le mérite des deux beaux pères et la figure qu'ils avoient faite estoient fort distingués, mais il n'^est pas certain que le mareschal de Retz, avec tout son esprit, sa capacité et ses souplesses qui rélevèrent à une bien plus haute fortune que ne fut celle du mareschal de Mattignon, l'eussent porté jusqu'à celle là sans la faveur de pais et de famille, de confience et de domesticité de Catherine de Médicis qui conduisit comme par la main le mareschal de Retz dès ses premières années, et qui ne se lassa point de le combler; au lieu que l'autre deut tout à son mérite, que les conjonctures des temps luy permirent de faire valoir. Ils eurent l'un et l'autre les premiers emplois, et chacun selon son génie et sou talent. Retz fut mareschal de France 1574, et Mattignon 1M9, lequel fut aussy chevalier du Saint-Esprit sept ans plus tard que l'autre, mourut 1597, à soixante onze ans, et Retz 1602, beaucoup plus vieux. Le père ef la mère de la mareschalc

46 DUCHÉS VÉRIFIÉS ËSTEIISTS.

de Retz héritière estoient Ciermont et Vivonne ; ceux de la mareschale de Mattignon, Daillon du Lude et Bastamay cela estoit donc bien à peu près égal. Â l'égard des deux gendres, ils avoient tous deux du mérite; mais le marquis de Bellisle, tué à vingt sept ans, n'eut loisir que de donner des espérances et des regrets; et le comte deTorigny, chevalier du Saint-Esprit 1699, monstra de grands talents qui le portèrent à de grands emplois de guerre et de paix, et jusqu'à une promesse par écrit de mareschal de France qui ne fut jamais effectuée. Dans tout cela, on ne voit rien qui ait pu donner tant de dégoust aux Longuevilles pour celte alliance, ny tant de préférence pour cellp du marquis de Bellisle. Tout ce qui se peut dire, c'est que celuy ci devoit estre duc et pair à la mort de son père, l'usage des démissions n'estant venu que longtemps depuis par le dernier connestable de Montmorency, et que l'orgueil des Longueville n'a pu digérer Madame de Torigny ny duchesse ny princesse. Quoy qu'il en soit; cet orgueil les éloigna plus de vingt ans des Mattignons, sans qu'aucun de leurs proches en ait voulu voir un seul ; et quand à la fin ils les ont admis, c'a esté avec tant de froideur et tant de grandeur de leur part, que cette espèce de réconciliation a esté bien chèrement vendue, et sans que cet esloignement des uns et la patience des autres se soit jamais démentie, jusque là que Madame de Nemours, la dernière de cette superbe race, parlant un jour, dans la fin de sa vieillesse, à Louis XIV dans une croisée de son cabinet à Versailles, et voyant passer le comte de Mattignon chevalier du Saint-Esprit, dans la cour, se mit si fort à cracher et si subitement que le Roy luy demanda ce qu'elle avoit. « C'est, Sire, en montrant le comte, que je ne sçaurois voir un Mattignon que je ne crache; je demande pardon. »

LOiNGUEVILLE. FRANÇOIS DIT D'ORLÉANS. 47

Puis continua de suitte ce qu'elle avoit commencé. Le Roy se prit à rire, et elle bien contente d'avoir placé son mot Le comte de Saint-Paul fait duc et pair deFronsac. Voir son tiltre, page 83. Mort sans postérité, 1630.

* entre eux. M. de Nevers trouva donc dans sa colère des raisons de religion, et signa la Ligue en décembre 1584. Tout alla bien d'abord et en grand concert. Le nom, la réputation, la capacité et le gouvernemeirt de M. de Nevers estoient'trop importants aux chefs du parti pour ne le pas bien cultiver. Mais en le cultivant, ils ne purent tellement se cacher, qu'après les premiers mouvements de colère et de vengeance, M. de Nevers n'en descouvrist assez pour luy donner des scrupules sur leurs démarches et leurs intentions, et ces scrupules accrus tous les jours par tout ce qu'il voyoit, le déterminèrent à une neutralité et à une retraite à Nevers. Mais, outre qu'il n'estoit pas fait pour un genre de vie si fade au milieu de tant de sortes d'agitations violentes, il voulut s'éclaircir et prendre un parti conforme à la droiture de sa conscience. Il s'en alla à Rome vers le mois de may 1586, et tellement à découvert avec les chefs de la Ligue, qu'il fut descendre à Rome chez leur agent le cardinal de Pellevé, chez qui il demeura toujours. Il trouva Sixte V qui le détrompa des bonnes intentions de la Ligue, qui luy découvrit les menées et les intentions des Lorrains et de l'Espagne, les veues de tout le parti et la conduitte de son prédécesseur GrégoiA XIII Buocompagno, sur lequel il fit des exclamations estranges* Il y a un plaisir extresme de lire tous ces détails dans les excellents mémoires de ce duc de Nevers, et d'y voir ses lettres en conséquence au cardinal de Bourbon, au duc et

a. Suite de la page 44.

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