XII AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR
donne aux Princes de la Maison royale sont ceux d'un esprit impartial et qui puise son indépendance dans son désintéressement; pour tout dire en un mot que lui-même emploie volontiers, son langage est celui d'un vrai citoyen.
Plus d'un lecteur encore imprégné des accents d'indignation qui éclatent dans le Parallèle et dans le Mémoire mr les Légitimés contre le duc et la duchesse du Maine, croira remarquer peut-être une contradiction entre ce langage et celui qu'emploie Saint-Simon à leur égard dans son Mémoire sur l'avenir de la France. La contradiction n'est qu'apparente ; elle disparaît devant la comparaison des dates; quand en 1715, Saint-Simon frappé des considérations qui commandaient à tous les membres de la famille royale de venir en aide à la dynastie en déclin, en s'unissant par les liens d'une mutuelle affection cimentée par un sentiment commun de respectueuse déférence envers le roi, il pouvait voir comme un intérêt d'État à ménager le duc et la duchesse du Maine. Ce légitimé ne s'était encore fait connaître que par son mérite personnel, son goût pour les lettres et une certaine application aux travaux de l'esprit ; époux de la petite-fille du Grand
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Condé, enfant préféré de Louis XIV, qui l'avait comblé de ses faveurs, il était en possession d'une influence qui conseillait de compter avec lui. Mais après l'édit de 1714 qui l'appelait éventuellement à la Couronne, après la déclaration de 1715 qui prétendait le faire prince du sang, après l'autorité exorbitante que lui conféraient les dispositions testamentaires arrachées à la faiblesse de Louis XIV mourant ; enfin après la conspiration de Cellamare où s'était révélée la criminelle ambition du duc et surtout de la duchesse du Maine, c'étaient en quelque sorte d'autres personnages qui se présentaient à Saint-Simon, les voiles qui les couvraient étaient tombés, et il n'était que juste et conséquent en modifiant lui-même à leur égard son opinion et l'expression de son jugement.
Le manuscrit de Saint-Simon d'après lequel nous donnons le Mémoire dont nous venons de parler est, comme toutes ses minutes, écrit sur des feuilles grand in-folio. Le volume dans lequel il se trouve appartient au Fonds classé sous le nom de France dans les galeries supérieures du Dépôt, et porte le n° 455.
Les Collections sur le Dauphin sont également en mi-
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nute dans le volume 448 du même fonds. On rencon tre aussi dans ce volume, écrites de la main de Saint- Simon, deux pièces que nous publions en annexes; l'une est l'allocution prononcée par Clément Xll dans le Consistoire du 16 mars 1712 à l'occasion de la mort du duc et de la duchesse de Bourgogne, l'autre est la traduction qui suivant toute apparence en avait été faite par Saint-Simon si jaloux de ne rien omettre de ce qui devait honorer la mémoire du Prince dans lequel il aimait à voir un nouveau Louis XllI et qu'il ne se consolait pas d'avoir perdu.
Les notices sur les Confesseurs du Roi appartiennent au volume 45 des Papiers de Saint-Simon et s'y trouvent en minute. Nous en avions d'abord réservé l'impression pour le tome troisième de notre édition ; mais la partie relative au Père de La Chaise ayant tout récemment été publiée dans un des journaux quotidiens les plus répandus, avec de nombreuses inexactitudes et des suppressions qui en altèrent le sens, nous avons cru remplir un devoir aussi bien envers Saint-Simon qu'à l'égard du public en reproduisant à la fin de notre second volume le véritable texte de ce fragment.
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Ce n'est pas sans quelque répugnance que nous avons dû le faire suivre du portrait du Père Tellier, dessiné par Saint-Simon avec une inexorable ressemblance. Nous avons voulu en finissant permettre aux lecteurs de reposer leurs regards sur la belle et grande image de Bossuet. Ce n'est qu'une rapide ébauche, mais tracée par un tel maître, elle n'est pas inférieure à un portrait achevé.
La notice sur l'évêque de Meaux appartient aussi au tome 45 des Papiers de Saint-Simon et s'y trouve également en minute.
Août 1880.
SUR