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et dans ce qu'il appelle les grandes sanctions de l'État. Il était bien tard en 171-2, après plus de soixante ans d'une autorité royale absolue, exercée sans contrôle et sans conteste, pour essayer de restituer aux Ducs et Pairs une autorité qui n'était plus guère qu'un souvenir historique. Saint- Simon nous dit qu'il écrit dans la sincérité de son cœur et de son esprit ', et on peut l'en croire. Serait-ce donc trop présumer de l'un et de l'autre que de penser que c'était la durée même de cette puissance illimitée, et le spectacle des défaillances personnelles et des malheurs publics dont elle fut suivie qui avaient conduit Saint-Simon à chercher à lui offrir un contre poids en même temps qu'un appui, dans un corps recruté d'ailleurs parmi tous les Grands du Royaume etdont les Ducs et Pairs deviendraient le centre ? Ce n'était pas seulement, comme on Ta prétendu de nos jours et comme on l'a dit aussi de son temps, une préoccupation de vanité personnelle qui lui avait fait entreprendre cette œuvre à laquelle, ainsi qu'on le verra dans la suite de cette publication, il a consacré tant d'efforts. Il était sur
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tout guidé par le souci de l'intérêt général. Témoin intime et silencieux des abus, des fautes, des malheurs et des désordres qui avaient marqué les dernières années du grand Roi, il avait réfléchi sur les causes de cette décadence administrative et politique S et portant ses regards sur Tavenir il prévoyait avec une grande clairvoyance les voies nouvelles dans lesquelles il serait nécessaire d'entrer après la mort de Louis XIV dont le gouvernement était depuù longtemps en butte aux soupirs muets de tous les particuliers.
A ces expressions qui peignent jusqu'en sa profondeur l'état de l'opinion publique au commencement du XYIIP siècle, on reconnaît Saint-Simon. Elles appartiennent à lanoteque nous publions dans ce volume sousle titre de Vuessur l'avenir de la France. Cet exposé, que l'auteur écrivit à la prière d'un personnage qu'il ne nomme point mais qui devait être le duc de Beauvillier ou peut-être le duc d'Orléans, témoigne de la plus clairvoyante sagacité en même temps que d'une sagesse dont le sens pratique a été souvent refusé à Saint-Simon. Les conseils qu'il y
l.« Funeste fruit, dit-il, de l'abandon à un seul ministre et d'un travail toujours teste à teste, sans aucun contredit. » Parallèle, p. 265.