C.aslon el
I.- comte de s.iis- le \\o\ el rilslal. rraliiiiies de Monsioiir el du conilc de
sons.
M .le M.niiiion. Solssons avoc les Espagnols daus le leinpsdclcur irriiplion en Guyenne, en Bourgogne, en l'icardic où ils i)reuneul (lorbie. Complot arresté d'assassiner Richelieu à Amiens, ((ui ne manque que parce qu'aucun des deux piinces n'os(^ donner le signal de l'exécution. Monsieur avoue lout el abandonne le comte de Soissons, moyennant le consenlcmenl que le Roy donne à son mariage, le comte de Soissons se relire à Sedan, d'où il s'acommode connue il luy plaist, et demeure à Sedan. Ces choses se passèrent en 1056.
1 1 r.cinc et L.j porte, domestique coidident de la duchesse de Chtv
beguier. ^
vreuse exilée à Tours, découvre ses intrigues avec la Reine et le commerce secret de letli-es de la Reine avec le Roy d'Espagne son frère, el le Cardinal Infant sou autre frère, gouverneur des Païs-Ras, (piiles averlissoit de tout et agissoit en France de concert avec eux. Le Rdv' donne ordre par écrit de visiter la personne de la Reine el ses bureaux au Val de Grâce pendant qu'il sera à Chantilly, au chancelier Séguier et de s'y faire accompagner par l'archevesquc de Paris. Ségui(;r sur-le-champ en fait avertir bien secrettemcnt la Reine qui confie tous ses papiers à Mme de Sourdis, fille de Cramail, et envoyé Mme de Senescey, sa dame d'honneur fort coiifidcnle, consulter Puysieux, exilé à Sillery près Rheims. Séguier, qui avoit une sœur carmélite, s'estoit servi des Carmélites de la rue du Rouloir pour avertir la Reine, qui y alloit souvent. Seur de ne rien trouver, Séguier fouille la Reine au Val-dc-
Grâce de la plus exacte et de la plus sévère recherche. La Reine n'oublia jamais un si grand service, et l'a bien rendu depuis à Séguier et aux siens. L'archevesque de Paris envoya en des couvents de province la prieure et quelques religieuses confidentes de la Reine qui informée des interrogations que Séguier luy devoit faire, luy respondit fort bien. Au premier avis qu'eut la Reine, Mme de Chevreuse déguisée en cavalier gaigna les frontières d'Espagne, où les carosses du Roy d'Espagne la vinrent prendre et la conduisirent à Madrid.
La conscience tendre du Roy est encore une fois rasseurée sur la guerre, sur Monsieur, sur la Reine-Mère, par des théologiens jésuittes et séculiers. Caussin son confesseur lié avec Monod confesseur de la duchesse de Savoyc, tous deux jésuittes, pour faire chasser Richelieu. Monod, pour cela vient à Paris siu' d'autres prétextes. Le duc de Savoye qui ne l'aimoit pas, en avertit Richelieu qui ne le pardonna pas à Monod. Caussin est chassé, et Sirmond, autre jésuitte célèbre, liiy succède à quatre-vingts ans.
Le Rov estoit bien informé que le duc de la Valette Le duc de la
^ Yalelle.
s'ftstoit engagé avec Monsieur et avec le comte de Soissons, et ne leur avoit manqué que par n'y avoir pu cntraisner le duc d'Epernon, son père. Cette deffiance si juste de la Valette, gouverneur de Guyenne sous son père, y fit envoyer Monsieur le Prince qui, par ses préférences pour le militaire, pour Sourdis archevesque de Rordeaux sur le duc de la Valette, se fil battre devant Fontarabie. Mon père, qui y estoit, et dans l'intimité de Monsieur le Prince depuis que le Roy luy avoit dit que, raisonnant avec mon père sur la place de Richelieu mourant, à Rordeaux, revenant de Lyon, mon père luy avoit proposé Monsieur le Prince pour le remplacer s'il en mésarrivoit; mon père, dis-je,
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m'a souvontdit qu'il n'y avoit eu aucune faute du duc de la Valette dans TaiTaire de Foularabie. du malheur de laquelle Monsieur le l*riuceesloil uniquement cause, avec Tarchevesque de Bordeaux créature confidente de Richelieu. Toutesfois, la rancune de l'engagement de la Valette avec le comte de Soissonset Monsieur, jointe à l'envie de sauver Monsieur le Prince et Tarchevesque, lit tout tomber sur la Valette qui fut mandé à la Cour où un mauvais parti l'attendoit. Informé qu'il en fu(, il passa en Angleterre. Cette retraitte acheva de combler la mesure. 11 lut condamné à mort dans une espèce de lit de justice tenu à Saint-Germain. S'il faul convenir que le jugement fut rigoureux, on ne peut disconvenir que l'engagement avec Monsieur et le comte de Soissons pour révolter la Guyenne, ne mériloit pas moins.
La ueine-Mère La Reine-Mèrc, excédée du joug des Espagnols, passe les rSiîas. va de Icur agrément en Hollande où elle est bien receue et ?se"en Tn^i'e- o'Li l'Espagnc luy fait payer tout ce qu'elle luy devoit. î*eu terre, y contcnte d'un païs républicain, elle passe en Angleterre
entretient ^ '^ ^
lîeiii.'vre malgré ç\^^^2 \^ Rcinc Sa fillc, où Ics mouveuients estoient desjà run^i compte grauds. EUc y fut très bien receue. La duchesse de Che-
•1 Louis Mil. lié- n- ] 1
ponsede vreusc y passa en mesme temps d Espagne. Rien de plus bêiiièvre. ^ distingué que la réception qu'elle récent de la Reine Mère. Bellièvrey estoit ambassadeur de France, et avoit deifense expresse de voir la Reine-Mère. De concert avec le Roy et la Reine d'Angleterre, sa fille, elle le surprit dans une gallerie où elle l'accrocha, et lut aussytust laissée seule avec luy. Elle luy fit de grandes plaintes de mendier son pain à ses gendres et de ne sçavoir où se retirer, et de ne recevoir aucune response à ses propositions les plus soumises pour retourner en Fiance et y toucher ses revenus, en oubliant tout sur Richelieu, et chassant de chez
elle tous ceux de ses gens qu'où ne voudroit point en France. Refus respectueux de Bellièvre de se charger de rien mander là-dessus, sur les deffenses précises qu'il en avoit, et d'entrer en rien qui la pust regarder. Toutesfois il fit au Roy une ample dépesche de cette conversation.
Le Roy répondit à Bellièvre qu'il avoit lu sa lettre avec grande attention, mais qu'il ne pouvoit se fier à la Reine sa mère après tout ce qui s'estoit passé depuis le commencement de son règne, accoustumée qu'elle esloit à ne faire touttes ses protestations que dans la plus profonde dissimulation ; qu'elle ne se contenleroit jamais des conditions auxquelles son retour pouvoit estre accordé ; que, n'ayant pu s'y contenter de la grande autorité dont elle y avoit joui depuis sa régence, elle soiiffriroit avec beaucoup plus d'impatience de se voir éloignée des alTaires ; que son inquicttude naturelle ne luy avoit pas permis de vivre tranquilenient dans les Pais-Bas ; qu'après y avoir attiré Monsieur, l'avoir porté à espouser la Princesse Marguerite de Lorraine à l'insceu et sans le consentement du Roy son frère, elle s'estoit ensuitte brouillée avec elle et avec Monsieur ; ([ue tous les brouillons et tous les mécontents de France chercheroienl à s'intriguer avec elle dès qu'ils l'y verroient restablie ; que les Esj)agnols, qui l'avoient méprisée en Flandres, la recliercheroieut en France et la porteroient à de nouvelles brouilleries ; qu'après l'avoir connue de près, ils avoient j ugé qu'elle ne pouvoit leur estre utile qu'en France ; que pour cette raison ils avoient lemué ciel et terre pour l'y faire retourner; que depuis quelques mois elle avoit voulu lier une nouvelle intrigue avec le comte de Soissons et le duc de Bouillon ; que la cour d'Angleterre, qu'elle avoit leurrée d'espérances chiméri-
ques, commençoit déjà à se dégouster d'elle, cl que leurs Majestés Britanniques ne faisoient des instances si pressantes que pour se délivrer d'elle; que le séjour d'Hollande n'ayant pas esté de son goust, elle avoit voulu passer en Angleterre, et qu'après avoir demeuré un mois à Londres, elle brusloit d'en sortir ; que toutes ces considérations confirmoient le Roy dans sa pensée que Florence, dont luy et le grand duc lui avoientfait parler à tant de reprises, estoit la retraitte la plus convenable pour elle, où elle seroit dans sa famille, dans sa patrie, où, comme on l'en avoit toujours asseurée, on lui feroit toucher ses revenus; que si elle continuoit à ne vouloir pas l'accepter, le Tîoy croiroit sa conscience et son iionneur pleinement à couvert devant Dieu et devant les hommes.
Louis XIII plus Et, en effet, comment oublier tout ce qui s'estoit passé nement disculpé daus SOU éducatiuu ct jusqu'à la mort du mareschal delà Reine sa d'Aucrc : les inouvenicnls que finit le combat du Pont de ™^'^^' Gé ; des intrigues continuelles ; l'attachement extrême pour la Maison d'Autriche et les anciens Ligueurs ; les embarras sans intervalles qu'elle avoit causés au Roy dans sa Cour et dans son Estât ; son abandon tantost à l'un, tantost à l'autre, souvent les plus obscurs, qui, quelqu'autorité qu'elle eust et quelque considération dont elle jouist, la rendoient pour y gaigner toujours mécontente ; une vie toutte tissue d'humeurs, de caprices, d'intrigues les plus dangereuses : enfin, le soubçon trop bien establi de la part qu'elle eut au meurtre d'Henry IV à qui sans cesse elle avoit donné tant de peines et d'inquiettudes : il n'y a qu'à lire là-dessus M. de Sully et })lusieurs autres contemporains.
Pour peu qu'on lise les exactes vérités qui, sans grossir rien le moins du monde, viennent d'estre exposées, se peut-
on deffendre d'estre intimement convaincu que Louis XIII n'avoit point de plus dangereuse ennemie que sa mère, et que la plus lourde faute qu'il eust pu faire, eust esté de luy laisser remettre le pied en France, d'où, après tout ce qu'elle avoit commis contre le Roy et l'Estat et tout ce que le Roy ne s'estoit point lassé de faire pour elle jusqu'à la scène si estonnante et si préméditée de sa toilette à Luxembourg, malgré laquelle le Roy balança encore, elle aima mieux se dérober, en fugitive, du royaume et se jetter entre les bras des ennemis déclarés de l'Estat, mais qu'elle avoit toujours tant aimés et servis aux dépends de la France, que d'y demeurer éloignée de la Cour sans pouvoir y mal faire, et néaritmoins commander dans les places et les provinces d'Anjou ou de Poitou en toulte autorité civile et militaire. Et qu'on ne vienne point déployer son indigence que l'Espagne suppléa toujours grandement tant qu'elle fut dans les Pais-Bas, mais dont l'argent, fort au delà de ce que dcmandoit son estât de Reine et de mère de la Reine d'Espagne, se trouvoit souvent trop court pour touttes les intrigues qu'elle ne cessa de brasser dans la Cour et dans les provinces de France, et avec tous les factieux qui souvent la Irompoient pour en tirer de l'argent. Elle n'a pu vivre aux Païs-Bas avec Monsieur qu'elle y avoit attiré, ny avec les Espagnols dont elle tiroit tout son secours, sa protection, son azile, qui furent ravis d'en estre défaits et n'en voulurent plus dans la suitte, au lieu de vivre tranquilement à Bruxelles, dans toutte la grandeur des traittements qu'elle y recevoit. Le Roy pouvoit-il encourir le plus léger blâme de ne luy pas faire toucher parmi ses ennemis de quoy luy mal faire? 11 ne faut pas de preuves plus péremptoires là-dessus que toutes les offres du Roy et par soy et par le Grand Duc, pour persuader à
la Reine sa iiièi'e de se lelirer très dignement en son païs, en sa Cour paternelle, avec toutte asseurance d'y toucher ses revenus, parce qu'en Toscane i>lle ne seroit plus en lieu d'en abuser contre luy et contre son royaume. Oue si, ne sçachant plus que devenir, le Parlement d'Angleterre ne l'y voulant plus souffrir jusqu'à luy donner gros pour les frais de son voyage, son inllexible opiniastreté la conduit à Cologne, faute de sçavoir où aller, elle y achève indécemment ses jours et y meurt dans l'indigence, quel autre qu'elle-mesme en peut-on accuser? Elle repasse la mer en aoust 1640, et refusée aux Païs-Bas et des Estats-Généraux des Provinces Unies, se retire à Cologne et y meurt, 23 juillet 1641. Son séjour n'y fut })as d'un an. Revenons un peu sur nos pas.
Bouillon et le Lc marcschal de Bouillon, mort huguenot, avoit tiré du
dernier
comte de Sois- parti protcstant tous les avantages personnels que son ingratitude et ses félonies à l'égard d'Henry IV et de Louis XIII en avoient pu recueillir. 11 laissa à ses deux fils son ambition, son esprit, sa conduitte. Le duc de Bouillon voyant le parti protestant tout-à-fait abattu en France, et hors d'estat de toute possibilité de se relever, quitta le service et la religion de Hollande et vint à Sedan trouver sa mère et le comte de Soissons, qui, comme on l'a dit, y estoit retiré. Bientost après, M. de Guise de Naples ayant perdu son frère aisné, y arriva de Toscane où il estoit auprès de son père et de sa mère. Ils traittent avec Monsieur, avec l'Espagne, avec l'Empereur duquel presque seul ils reçoivent des trouppes commandées par Lamboy, prennent les armes, en mesme temps publient un manifeste, et sont juridiquement déclarés criminels d'Eslat. Le Roy s'avance en Champagne ; Lamboy, pressé par Bouillon, passe la Meuse malgré le comte de Soissons qui balançoit
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DES TROIS KOlS. 193
à s'acommoder avec le Roy et qui eut là-dessus une forle prise avec Bouillon. Le mareschal de Chastillon marche à Lamboy, les armées combattent à la Maffée, une terreur panique saisit et dissipe celle du maréchal de Chastillon, qui eut grand peine à se sauver à Mésières ; mais le comte de Soissons se trouva tué au moment de sa victoire, sans qu'on ait sceu comment ny par qui, et cette mort change la face des affaires. Le Roy faisoit le siège d'Aire et n'avoit pas assés de trouppes pour entreprendre celuy de Sedan ; mais le duc de Bouillon n'estant plus à l'abri d'un Prince du sang, se trouvoit seul à tenir contre le Roy, sans cause et sans forces que celles de la Maison d'Autriche. Lamboy pressé d'aller secourir Aire, et le Roy de l'en empescher, cela forma une conjoncture que Bouillon saisit pour faire son acommodement, et M. de Guise de Naples aima mieux suivre Lamboy en Flandres, et fut décapilt- en effigie à Paris, à la Grève, par arrest du Parlement. Bouillon envoya Gaston, Bouillon