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mais peu après la marée commença à monter. Les sécheresses, puis les aigreurs; viuienl après, les reproches et les injures très amères dinyrat, de fourhe, de perfide, et autres pareilles gentillesses; qu'il trompoil le Roy et trahissoit l'Estat pour sa propre grandeur et des siens; sans que le Roy. comhlé de surprise, de douleur et de colère, pustla taire rentrer en elle-mesme etarrester une si estrange tempeste ; tant qu'enfin eUechassa le cardinal et luy défendit de se présenter jamais devant elle. Mon père, que le Uoy regaidoit de fois à autre comme à la scène précédente, m'a dit souvent que Richelieu soulfrit tout cela comme un condamné, et que luy-mesme croyoit à tout instant rentrer sous le parquet. A la lin, le cardinal s'en alla. Le Roy demeura fort peu de temps après luy à faire à la Reine de vifs reproches dont elle se défendit fortm:il ; puis il sortit, outré de dépit et de colère. Il s'en retourna à pied comme il estoit venu, et il demanda en chemin à mon père ce qu'il luy semhloit de ce qu'il venoit de voir et d'entendre. Il haussa les épaules, et ne répondit rien.
La Cour et hien d'autres gens considérables de Paris sestoient cependant assemblés à Luxembourg et à l'hostel des Ambassadeurs pour faire leur cour et par la curiosité de cette grande journée de racomniodement sceuc de bien des personnes, mais dont jusqu'alors le succès estoit ignoré de tous ceux qui n avoient pas rencontré Mme de Combalet, ou leu dans son visage. Le sombre de celuy du Roy éguisa la curiosité de la foule qu'il trouva chez luy ; il ne parla à personne, et brossa droit dans son cabinet. 11 y fit entrer mon père seul, luy commanda de fermer la porte en dedans et de n'ouvrir à personne. Il se jella sur un lit de repos au fond de ce cabinet, et un instant après tons les boutons de
son poiii'point sautèrent à terre, tant il ostoit gonflé par la colère. Au bout de quelque temps de silence, le Roy se mil à parler de ce qui venoit de se passer. Après les plaintes et les discours, parmi lesquels mon père s'estoit fort réservé, vinrent la politique, les embarras, les réileclions. Le Roy comprit plus que jamais qu'il lalloit exclure du Conseil et de toutte affaire la Reine sa mère ou Ricliclieu ; et quelqu'irrité qu'il fust, se trouvoit combattu entre la nature et l'utilité, entre les discours du monde et l'expérience qu'il avoit de la capacité de son premier ministre. Dans cette perplexité, il voulut si absolument que mon père luy en dist son avis, que toutles ses excuses furent inutiles . Oure la bonté et la confiance dont il plaisoità Louis Xlll d'honorer mon père, il sravoit bien qu'il n'avoitny attachement ny éloignemcnt pour le cardinal de Richelieu ny pour la Reine, et qu'il ne tenoit uniquement et immédiatement qu'à un si bon maistre, sans aucune sorte d'intrigue ny de parli.
Mon père fut donc forcé d'obéir. 11 m'a dit que. prévoyant que le Roy pourroit pcut-estre le faire parler sur cette grande matière, il n'avoit cessé d'y penser depuis la sortie du Luxembourg jusqu'au moment que le Roy avoit rompu le silence dans son cabinet.
Il dit donc au Roy qu'il estoit extrêmement fascheux de se trouver dans le détroit forcé d'un tel choix; que Sa Majesté sçavoit qu'il n'avoit d'aversion ny dcloignement pour personne, d'attachement, de dépendance que de luy seul; qu'ainsy, vuide de toutte autre passion que de sa gloire, du bien de ses affaires, de son soulagement dans leur conduitte. il luy diroit, puisqu'il le luy commandoit si absolument, le peu de réflections qu'il avoit faites depuis la sortie de la chambre de la Reine, conformes à celles que luy avoient inspirées le précédent progrès d'une brouillerie
qu'il avoil l'raiut devoir coiuliiirc à la nécessilô du clioix, où les choses en esloicnt venues.
Qu'il falloit considérer la Reine comme prenant aisément des amitiés et des haines, peu maistresse de ses humeurs et voulant toujours l'cstre des affaires ; et quand elle l'esloit en tout ou en partie, se laissant manier par des gens de peu, sans expérience ny capacité, n'ayant que leur inlcrest, dont elle rcvestoit les volontés et les caprices et les fantaisies des Grands qui connoissoient ces gens de peu, lesquels })()ur s'en appuyer favorisoient leurs interests et souvent leurs veucs les plus dangereuses sans s'en apercevoir; que cela s'estoit veu sans cesse depuis la mort d'Henry IV, et sans cesse aussy en elle un goust de changement de confidents et de serviteurs de tout genre, n'ayant longuement conservé personne dans sa confiance depuis le mareschal et la mareschale d'Ancre, et faisant souvent de dangereux choix; que se livrer à elle pour la conduitte de l'Estat, scroit se livrer à ses humeurs, à ses vicissitudes, à une succession de hazards de qui la gouverneroit un temps, et d'autres cnsuilte, aussy peu expérimentés ou aussy dangereux les uns que les autres, et tous insatiables. Qu'après tout ce que Sa Majesté avoit essuyé d'elle et dans leurs séparations et dans leurs racommodements, après ce qu'il venoit de tenter et d'essuyer encore dans l'affaire présente, il avoit rempli les devoirs d'un bon fils au delà de toutte mesure ; que sa conscience en devoit estre en repos, et sa réputation sans tache devant tous les gens impartiaux quoy qu'il pusl faire désormais; que sa conscience et sa réputation, aussy à l'abri qu'elles l'estoient l'une et l'autre, exigeoient de luy avec le mesme empire qu'il se souvinst de ses devoirs de Roy, dont il ne compteroit pas moins à Dieu et aux hommes; qu'il devoit penser
qu'il avoit les plus grandes affaires sur les bias ; que le parti protestant fumoit encore ; que l'affaire de Mautoue n'estoit pas finie; enfin que le Roy de Suède, attiré en Allemagne par les habiles menées de Richelieu, y estoit triompliant et commençoit le grand ouvrage, si nécessaire à la France, de l'abaissement de la Maison d'Autriche. (Il faut remarquer que la journée des duppes arriva l'onze novembre 1630, que le Roy de Suède estoit entré en Allemagne au connnencemcnt de celte mesnie année, et qu'il fut tué à la bataille de Lutzen le 16 novembre 1652 ). Que Sa Majesté avoit besoin pour une heureuse suitte de ces grandes affaires et pour en recueillir les fruits, de la mesme teste qui avoit sceu les embarquer et les conduire, du mesme qui par l'éclal de ces grandes entreprises, s'estoit acquis la confiance des alliés de la France, lesquels ne la donncroient pas à un autre au mesme degré que Richelieu l'avoit et qu'il estoit nécessaire qu'il l'cust. Que les ennemis de la France, ravis de se voir aux mains avec une femme et ceux qui la gouvcrneroient et qui, à en juger parle passé, n'auroient en vcue que leurs interests particuliers, au lieu d'avoir affaire au mesme génie qui leur attiroit tant de peines, de travaux et de maux, triompheroient de joye dans leurs espérances d'une conduitte si différente et de l'abattement de nos alliés, qui se trouveroient fort étourdis et pcut-estre fort ébranslés d'un changement de cette impoi tance. Que quelque puissant que fust le génie du Roy pour soustcnir et gouverner une machine si vaste, dont les ressorts et les raports estoient si délicats, si multipliés, si peu véritablement connus, il s'y Irouvoit une infinité de destails auxquels il falloit journellement suffire dans le plus grand secret, mais avec lapins infatigable activité, qui par leur nature, leur diversité, leur continuité,
ne pouvoient devenir le travail d'un Roy, encore moins de gens nouveaux (|ui en ignoroient loutte la bastisse, scroient arrestés à chaque pas, et peu désireux peut-estre par envie et par haine de soustenir ce que llichelieu avoit si bien, si grandement, si prol'ondément connnencé; à quoy il f'alloit ajouter l'espérance des ennemis qui remonteroit leur courage, et la juste dcffiance des alliés qui les détacheroit et les pousscroit à des traittcs particuliers, dans hi pensée que les nouveaux ministres seroienLbieutost réduits à l'aire place à d'autres encore plus nouveaux, et de la sorte à un changement perpétuel de conduitte.
Ces raisons, que Louis Xlll s'estoit sans doutte dittes souvent à luy-mesme, luy tirent impression. Le raisonnement se poussa, s'allongea, et dura plus de deux heures. Enfin, le Roy prit son parti. Mon père le supplia d'y bien penser, puis l'y ayant bien affermi, luy représenta que puisqu'il avoit résolu de continuer sa confiance au cardinal de Richelieu et de se servir de luy, Sa Majesté ne devoit pas négliger de l'en faire avertir, parce que dans Testât et dans la situation où il devoit astre après ce qui venoit de se passer à Luxembourg, et n'ayant point de nouvelles du Roy, il ne seroit pas estonnant qu'il prist quelque parti prompt deretraitte. Le Roy approuva cette réflectionet ordonna à mon père de luy mander, comme de luy-mesme, de venir ce soir-là mesme trouver Sa Majesté à Versailles, laquelle s'y en retournoit. Je n'ay point sceu et mon père ne m'a point dit pourquoy le message de sa part, non de celle du Roy. Peut-estre pour moins d'éclat, et plus demesnagement pour la Reine-Mère.
Quoy qu'il en soit, mon père sortit du cabinet, et trouva la chambre tellement remplie qu'on ne pouvoit s'y tourner. Il demanda s'il n'y avoit point là un gentilhomme à
luy. Le père du mareschal de Tourville, qui estoit à luy alors et qu'il donna depuis à Monsieur le Prince comme un gentilhomme de mérite et de confiance, lors du mariage de M. son fils avec la fille du mareschal de Brczé, fendit la presse et vint à mon père. Il le tira dans une fcnestre, et luy dit à l'oreille d'aller sur le champ chez le cardinal de Richelieu luy dire de sa part qu'il sortoit actuellement du cabinet du Roy pour luy mander qu'il vinst ce soir mesme trouver sur sa parole Sa Majesté à Versailles, et qu'il rentroit sur le champ dans le cabinet du Roy. dont il n'estoit sorti que pour luy envoyer ce message. Il y rentra en effet, et y fut encore une heure seul avec le Roy.
A la mention d'un gentilhomme de la part de mon père, les portes du cardinal tombèrent, quelque barricadées qu'elles fussent. Tout estoit plein dans la cour, de voitures chargées ou qu'on achevoit de charger, prestes à partir pour l'heure où le cardinal avoit résolu de se retirer et de partir le jour mesme. Assis teste à teste et vis à vis du cardinal de La Valette, il se leva avec émotion dès qu'on luy annonça ce gentilhomme, et alla quelques pas au devant de luy. 11 écouta le compliment, et transjjorté de joye embrassa Tourville des deux costés. La Valette s'applaudit d'avoir retardé le départ jusqu'alors, voulant toujours que Richelieu attendist des nouvelles de quelque part. Richelieu alla le soir de ce mesme jour à Versailles, où il arriva des Marillacs et de tout le reste ce qui se lit dans tous les Mémoires de ce temps-là. Telle fut au vray et au naturel la journée des Duppes. La jeune Reine, étroitement unie avec la Reine-Mère parla conformité de leurs affections espagnoles et de leurs aversions, enti-a en fureur. Son confident secret, Beringhen, premier valet de chambre du Roy, s'enfuit Beringhen. en Hollande d'où il reviul aussylost après In uiort du Roy,
rappelle par la Rciiio Régente ipii lui lil la prodigieuse et si estonnanle fortune (jul subsiste encore dans son petit-fils; et Mme du Fargis sa dame d'atours se sauva en Lorraine. lia.ssoiniueire. Le marcsclial de Bassompierre, gentilhomme Loi'raii». élevé page du duc de Lorraine, tout aux Guises (;t aux deux Reines, n'a i)as voulu laisser ignorer jnsqu'à quel point il possédoit la Princesse de Conti, fille du duc de Guise tué, décembre 1588, aux derniers Estais de Blois. Il estoit des plus avant dans touttes les intrigues qui s'estoient brassées pour perdre le cardinal de Richelieu, en la ])lace duquel sa vanité ne désespéroit pas de le faire glisser. Aussy fut-il arresté trois mois après, c'est-à-dire le 23 février, et mis à la Bastille d'où il ne sortit que quelques mois après la mort du cardinal de Richelieu ; et après celle du Roy, fut comblé de faveurs et de biens par la Reine Régente pendant les trois ans qu'il vescut depuis. C'esloitun lioniuK; trop establi et trop dangereux pour luy laisser la liberté. La Princesse de Conti eutordre en mesme temps de se retirer chez elle à Eu, où accablée de douleur et de dépit, (die mourut deux mois après. C'estoit une des plus passionnées ligueuses de touttc sa race.
Monsieur se racommoda bassement avec Richelieu. Ce cardinal n'oublia rien pour appaiser la Reine-Mère. Le cardinal Bagny resté nonce en France, Vautier et le Père Suffren, Jésuitte, l'un premier médecin , l'autre confesseur et confident de la Reine-Mère, y travaillèrent et parvinrent à mener Rich(dieu chez la Reine-Mère le lendemain de Noël de la même année iCoO, où les choses se passèrent fort équivoqucment. Elle ne consentit à le voir que parce qu'après de nouveaux efforts, le Roy lui avoit nettement'déclaré qu'il l'honoreroit toujours beaucoup, mais qu'il maintiendroit Richelieu.
C'estoil luy (jui avoil produit les Marillacs à la Reine- ^""i" i<^>- Mère. De tout temps ils avoient affectionné les Ligueurs et les Espagnols. Des inclinations si conformes les rendirent bientost chers à la Reine et ingrats à Richelieu, qui nepnt jamais les regaigncr parce que le Garde des sceaux espéroit remplir sa place. Son frère fait mareschal de France en 1629, commanda l'armée de Cliampagne et prit des liaisons avec Monsieur qui commandoit à Paris snr la lin du séjour de Lyon. La Reine-Mère l'y fit venir pour renvoyer en Italie, dans le dessein d'en faire rappeler les nuircschaux de La Force et de Schondjerg, d'y laisser Marillac seul, et y estrc ainsy miiistresse des affaires. Marillac y receut un courrier du Garde des sceaux, son frère, qui hiy mandoit la disgrâce de Richelieu et lui apportoit nu ordr«' du Roy poui' commander l'armée seul, et un autre an\ deux autres mareschaux de repasseren France, toutle la direction des affaires d'Italie demeurant à Marillac. Il ne dontta point (|ue son frère ne fnst inconlineid inaistre de touttes les alfaires, et s'en vanta aux deux autres mareschaux. Le lendemain mesme comme ils s'en alloient tons trois à table pour disner, le mareschal de Schoinberg récent un courrier et nn ordre secret à hiy et au mareschal de La Force d'arrester le mareschal de Marillac, et de l'envoyer bien gardé à Paris. Ce fut le 20 novendjre 1650, au camp de Pelizzo, et cela fut exécuté le soir mesme, dans le chasteau de Thouy où il estoil logé avec les deux autres maresciiaux. Monsieur avoil déposé, en se racommodanl avec Richelieu, que Marillac lui avoil conseillé de se saisir de l'argent qui alloit par voitures en Italie, et que Marillac avoit esté cause des mouvements du duc de Lorraine qui avoient obligé à tenirune armée en Champagnepour le contenir. Il esloit accusé encore de beaucoup de malversations
178 l'AllALLÈLE
dans celle année qn'il eonnnaiuloil, el d'avoir heancoiip pris d'argent desliiié à l)aslii' sous sa diieclion, la citadelle de Verdun dont il esloil gouverneur. Son procès fui instruit par des commissaires (jui le condamnèrent à perdre la leste, ce qui iïil exéculé en Grève à l'aris, 8 may 1652. Marillac fut uialhcureux ; mais après la déposition de Monsieur, qui osera dire qu'il ne fut pas coupahle?
Coiuiuite Monsieur, poussé par la Ueiue-Mère, par ses confidents,
iieine-Mère par Mlrabcl, ambassadeur d'Espagne, par les Guises, ébloui par l'offre des pierreries de sa deffnnte femme dont la lieine-Mèrc estoit dépositaire, ])ar l'argenl offeil })ar l'Espagne, oublie son racommodcment avec Richelieu et qu'il n'avoit eu depuis aucun sujet de plainte, va chez luy fort accompagné, retire sa parole de bien vivre avec luy, luy fait touttes sortes d'insultes, et se retire dans son apanage sansaulre raison que le mécontentement de laReine sa mère, qui escrivit au Roy sa surprise de la relrailte de Gaston et qu'elle n'y avoit nulle part. Elle comptoit que Paris et la moitié du Royaume se soulèveroit et se déclareroil pour Monsieur, moyennant quoy elle forcej'oit le Roy de chasser enfin Richelieu, quoyqu'elle n'eust pris aucune mesure. En mesme temps, sans cause aucune, elle cesse d'assister au Conseil et déclare qu'elle ne veut plus voir le cardiiuil. mais qu'elle est résolue à le perdre.
Louis xiii Cette conduittc si estrangc et si estrangement soustenuc
>e résoud enfin •,,,!>• -i •!••' i < • i
de >e séparer lit cuflu sculir toutlc 1 impossibilitc dc sousleuii' la pre- .eiiie ^^j^^^ j^ 1^ Reine-Mère à la Cour. La piété du Roy résistoil
f.i rexécute a ^ j^^ politique. 11 consulta des théologiens sur ses devoirs de fils et de Roy, et fut déterminé })ar eux à se séjiarer de la Reine sa mère. Là dessus le voyage de Compiègne esl résolu. Là Reine-Mère déclare qu'elle suivra le Roy partout pour le presser sans cesse de renvoyei- Richelieu. Vautier,
sa int-re
l'exécute
Compiègne.
son premier médecin 1res confident, espère une grande fortune si séparée de la sorte de ses autres confidents, il la peut racomraoder avec Richelieu, et s'en ouvre à Schombcrg à Compiègne. Schomberg le propose à la Reine Mère, à condition de recevoir la soumission de Richelieu, de convenir avec luy de bonne foy au biendel'Estat, de vivre avec le Roy dans l'intimité première, d'assister et de dire librement son avis au Conseil, et de donner au Roy un écrit signé de sa main, par lequel elle promettra de ne faire désormais aucune brouillerie dans le Royaume, ny rien de contraire à l'Estat, et d'abandonner tous ceux qui seront regardés comme factieux. Elle consentit à tout, excepté d'assister au Conseil et de donner l'écrit. Refuser un tel écrit n'est rien moins que déclarer sa réserve bien expresse de faire dans le royaume touttes les brouilleries que bon luy sembleroit et touttes les choses contraires à l'Estat qu'il luy plairoit d'entreprendre. Le Roy lui parle avec tout le respect et toutte la tendresse possible, et lui fait parler par Schomberg, par le Garde des sceaux de Chasteauneuf, par le Père Suffren, son confesseur, qui l'asseure que Richelieu ne pensera jamais à faire rentrer chez elle aucuns de ses parents qu'elle a chassés ; rien ne luy put persuader de donner l'écrit, de se détacher de Monsieur, d'assister au Conseil, de souffrir Richelieu.
Qui sera l'homme impartial et raisonnable qui, après tant de choses passées, ne jugera pas de la première nécessité l'écrit demandé à la Reine Mère, et qui ne jugera pas le refus de le donner équivalant à la plus formelle déclaration de se réserver le pouvoir de brouiller dans le royaume, d'agir contre le bien de l'Estat et d'eu conserver la volonté; qui ne soit convaincu de plus en plus par cet attachement inséparable de Monsieur, mécontent et éloigné
180 l'\llM.l.i;i,K
sans cause; ciiroi'c (jiii ne soil cITiiiyé de celle leiiacilé à forcer le Roy de cliassci- Uicliclicii pour se reudre maistresse des al'faires. elle cl les i'iicliciix (|iii Iiiy sont attachés chacun pour son propre cl iiarliculicr inleresl?Enlin. qui n'admirera la piélé cl la [talience du Roy porlées jusqu'au plus prodigieux excès, et en niesme temps le plus ruineux à l'Estal, e( le plus dangeieux pour luy-mesme, après l'expérience de son éducation, du gouvernement de la Reine tant qu'elle l'a eu entre les mains, de sa conduitte depuis ; d'une Reine enfin qui a esté le fléau d'Henry IV, et (ju'il s'en laul loul (ju'clle fusl exempte de soubçon de sa mort? On ne peut nier que tout n'ait esté épuisé à son égard de la part du Roy son fils, ({u'il n'y eut fils en Europe qui eust tant et si dangereusement souffert de sa mère dans tous les temps; en un mot qu'il estoit impossible de se pouvoir promettre aucune seureté, aucune tranquilité, quoy qu'on pnst faire avec elle ny par elle. Ce fut aussy ce qui força Louis XRI de prendre le parti de la laisser à Compiègne, et de luy faire proposer après son départ d'allei' demeurer à Moulins, puis à Angers, avec le gouvernement de la ville et de la province, avec une entière autorité.
La mesme roideur, la mesme volonté de brouiller, le dessein de tout remuer et de rendre le Roy et Richelieu odieux par le spectacle d'une mère prisonnière, en refusant obstinément de se promener et de sortir de son appartement, se trouvèrent invincibles quoy (|u'on pust employer, jusqu'à ce que, désespérant du peu d'effet de ce qu'elle a voit espéré de son refus de sorlir de Compiègne pour aller commander dans une province, et de son manège pour y paroistre prisonnière, elle crut ne pouvoir faire pis au Roy son iils et à ses affaires que de se jelter entre les bras de ses ennemis qu'elle avoit tant aimés et
servis toutte sa vie. Elle consentit donc, pour exécuter son •-=» ''ei"e M.rc
se sauve
dessein, à faire rriiclques promenades, s'éclvpsa un beau de compi.-tie ri
^ ^ ^ . . . Bruxelles.
jour. 18 juillet 1651, et gaigna en fugitive Avesnes, puis Mons, enfin Bruxelles où l'archiduchesse Isabelle la receut avec touttes sortes d'honneurs ; la Reine-Mère et Monsieur ayant envoyé aux Parlements et par toutte la France, au moment de cette fuitte, les requestes et les libelles les plus propres à mettre tout en combustion.
Monsieur alors estoit à Nancv,où ilespousa clandestine- caston épouse
clandestinement
ment la sœur du duc de Lorraine, dans le parloir des à K:.nry
6t tort spcrplt^"*
filles de Sainte-Marie, avec dispense de tous les bans, par ment la sœur .i m un moine Bernardin en présence de deux autres, de la Lonaiife. Princesse de Phalszbourg, du duc d'Elhœufet de Puylau- ^'"^"p^^^;;^^^^^^^^^^^ rens, à portes bien fermées. Le Rov en a le vent ; le duc ,'' ««"\eiiosoii
* - le maiiagr est
de Lorraine nie hardiment ce mariage qui s'estoit fait le «léciaré. dernier janvier 1652. Peu après, Monsieur alla trouver la Reine-Mère à Bruxelles, et quehjue temps après sa nouvelle cspouse les alla joindre, travestie par les chemins. Ils furent tous bien receus à Bruxelles, et ce fut ainsy que le mariage fut déclaré.
Qui sera l'homme équihible et sensé qui ne plaindra Louis Xin, cl qui ne trouvera qu'il a passé le biit de tout devoir, de toutte patience, de toutte condescendance, de tout scrupule mesme à l'égard d'une mère si dénaturée, d'un frère si déloyal, de deux testes si folles, si abandonnées à tout mal, si prodigieusement et si gratuitement enragées et roidies contre tous ses bienfaits? qui, par consé(iuent, ne regardera pas comme un bonheur pour le Roy et pour l'Estat de les voir sortis du royaume sans cause aucune, et comme une folie du premier ordre de leur laisser toucher leurs revenus pour en apauvrir le Roy et l'Estat, et en engraisser les ennemis de l'un et de l'autre? Jamais con-
182 PARAl.IÈLE
fiscalitin plus jiislo, jamais de plus salulaiie, pour rappeler la Reine el Gaston à leur d(noir et à leur ouvrir les yeux sur rciiliaisncnieiil auquel ils s'estoient livrés. Les commencements en furent agréables pour eux ; l'argent el les honneurs leur furent prodigués à Bruxelles. Les Espagnols espéroient tout du parti qu'ils avoicnt laissé en France et des désordres qu'ils comptoient d'y exciter sous le nom spécieux d'une Reine-Mère et d'iui i'rére héritier présom})lif de la (".oiironne ; aussy ne ta/dérent-ils i)as à y besogner.
Le duc de Montmorency, fils el })etil-fils des deux derniers conestables de ce nom, avoil eu après son père le gouvernement de Languedoc, et ayant hérité de toulte son autorité à laquelle il avoit sceu ajouter tant de grâces qu'il y esloit adoré. Sa sœur de père et de mère avoit cspousé Monsieur le Prince, et c'est celle ([ui fut cause des derniers excès de folie que l'amour lit faire à Henry IV si j>eu avant sa mort. Montmorency d'ailleurs estoit le plus prochainement allié à tout ce qu'il y avoit de grand en France ; il s'estoit extrêmement signalé par mer et par terre; il passoit pour l'homme de son temps le mieux lait, le plus galant, le plus brave, le plus honneste homme, et il avoit recueilly tout ce qui avoit esté attaché aux conestables ses pères. Le Roy l'aimoit et le considéroit, et le cardinal de Richelieu n'oublia jamais lien de tout ce qui pouvoit luy acquérir son amitié. La Reine-Mère, qui avoit voulu se l'attacher, fit son mariage avec la fille du duc de Bracciano, son eousin geniiain, de la maison des Ursins, et paya mesme une partie de la dot. Le mariage fut si concordant que malgré les modes et les galanteries, la duchesse de Montnmrcncy gouverna toujours son mari <iui manquoit entièrement par l'esprit et par la conduitte,
au lien qu'elle en avoit beaucoup. Elle estoit extrêmement attachée à la Reine-Mère, sa tante à la mode de Bretagne, Ijastissoit foutte sa grandeur sur la sienne, et entroit puissament dans tous ses projets, ses affections et ses haines. Le duc de Montmorency avoit eu l'amirauté du duc d'Anville, son oncle paternel. Le duc de Guise, fils de ccluy (jui fut tué en 1588 aux derniers Estais de Blois, avoit eu celle de Levant avec le gouvernement de Provence ; c'estoit lemesmequi avoit espousé rhéritière de Joyeuse, vefve du dernier duc de Montpcnsier. Ces deux amirautés avoient paru reposer en de trop fortes mains. Le Roy n'avoit rien à craindre de son premier ministre : il traifta avec eux. Montmorency eut 90,000 livres et un baston de mareschal de France. Guise fit le difficile. Richelieu trancha court par la suppression des deux amiraulés et l'érection de la mesme chose réunie en une sur sa teste, sous le tiltre de Grand Maislre de la navigation et commerce de France. Le duc de Guise, à la journée des Duppes. courut se cantonner en Provence et s'y appuyer par des liai (tés avec les ennemis de l'Estat. Le mareschal de Vilry y fut envoyé. M. de Guise se relira en Italie d'où il ne revint plus , et Vilry eut le gouvernement de Provence.
Dès le temps du siège de La Rochelle, le duc de Montmorency avoit doucement remué, enlraisné par sa fennue. Ses intelligences avec la Reine-Mère et Monsieur avoient esté interceptées, le Roy et Richelieu en avoient esté informés, et en avoient veu les lettres. Ils escrivirent en père et en frère à Montmorency, lui mandèrent qu'ils avoient veu tout son criminel commerce, et de façon à luy oster tout moyen de négative : le Roy, qu'il luy pardonnait élue vouloit que luy bien faire; le Cardinal, qu'il ne désiroit que de le servir en tout et partout. Le Roy, croyant
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mourir à Lyon, liiy recommanda Richcliou. Montmorency Iny proniil, el de bonne foy, toutle assislanee. Pendant le voyage qui finit par la maladie du Roy à Lyon, on avoil eslabli les ('deetions et les élus en Languedoc, et supprimé les Estais de celle province. I.e duc de Monlmoreney y avoil sottement aidé et par là s'estoil privé de 100,000 livres de renie que les Estais luy donnoieni Ions les ans en reiglant le don gialuil (ju'ils laisoienlau lloy. Le Roy partant de Lyon pour Paris, Montmorency fut en Languedoc, et s'y trouva accablé des i)lainles de ce changement total de la province, et des reproelies de sa l'emme d'avoir donné les mains à ce qui écornoit si fort son autorité et son revenu. Il se repentit donc de cette faute si grande, et promit de s'employer tout entier pour faire remettre les choses à leur premier estai. Richelieu, arrivé à Paris, comptant sur l'amitié que Montmorency luy avoit témoignée dans la maladie du Roy à Lyon, le pressa de se l'cndre à Paris où, par le conseil de sa femme, il alla Ibrl lentement. H y arriva peu de jours avant la journée des hujtpes, et trouva la Reine-Mére et son parti triomphant. Averti par un message de mon père, le jour niesme de cette journée des Duppes, de se rendre le soir à Versailles, il y fut bien reçeu. Dans ce bon moment, il représente les raisons du Languedoc et y est fortemenl traversé par le mareschal d'Effiat, surintendant des finaïues, en liaine du combat de Veillane donné et gaigné par Montmorency contre et malgié son avis. Richelieu, qui vouloil se conserver Montmorency, tâche de le racommoder avec Effiat, el reslablit enfin les Estais en Languedoc, avec l'autorité du duc et h's 100,000 livres qu'il en liroit tous les ans, et supprime les élections et les élus nouvellement establis dans celle provinc(>. Cela se fit aussylost
après la retraitte de la Reine Mère et de Monsieur, en 1651. Alors le duc de Montmorency pousse sa pointe et demande le gouvernement de la citadelle de Montpellier et d'estre fait mareschal général , comme l'avoit esté Lesdiguieres, pour arriver ensuitte comme luy par cet échelon à l'espée de coneslable. On vouloit bien le bien traitter, mais non le rendre trop puissant. On se souvenoit de sa <-onduitte pendant le siège de La Rochelle, et la perspective de la Reine-Mère et de Gaston à Bruxelles soustenus de rKspagne, engagèrent à refuser les demandes de Montmorency. C'esloitaussy trop tirer sur le temps après avoir restabli les Estais en Languedoc et avec eux 100,000 livres de rente pour luy, el toulte son autorité dans la province. Une querelle fortuitte (it mettre l'épée à hi main, à Monceaux, aux ducs de Montmorency et de Chevreuse, el piu tialisa toutte la Cour <{ui olTril son service à l'un on à l'autre. Mon père offrit le sien à .Montmorency el s'acquit par là l'implacable haine de la fameuse duchesse de Chevreuse. Le Roy les ac^tnuuoda luy-mesme el les envoya huit ou dix jours, le premier à Chantilly, l'autre ailleurs. Peu après, Montmorency s'en retourna en Languedoc, suivi lie près parMinon el par Emery, commissaires du Roy aux Estais. Le premier y lit très bien; l'autre, chargé des ordres secrets du mareschal d'Kftiat, du pis qu'il put; traversa le duc de Montmorency en tout, aigrit son courage au point (pi'il se jetta dans le précipice. On lit dans tous les Mémoires el les histoires de ces temps-là les déplorables suilles de l'entreprise du duc de Montmorency de révolter et de se saisir du Languedoc, el de ses traittés avec Monsieur et avec l'Espagne. On ne peut refuser des larmes à la fin tragique d'un homme illustre en tout et adoré de tout le monde, à la fleur de son âge et de sa gran-
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doiir, unique reste d'une branche niagnaninie comblée (les plus sublimes présents de la vertu, et des pins importants services. J'y dois estrc d'autant plus sensil)leqne le dnc de .Monlmorcncy. (|iii récent son arrcstetcpii nionrnt <'n héros et en vray chrestien, doniui allant à réchaffaud, i\u cardinal de Richelieu un Saint-Sébastien percé de flèches, j)Our manjue d'un vray pardon, et à mon père une Pomone et Yertumne, en reconnoissancc de ce qu'il avoil esté au moment d'estrc chasse pour avoir demandé sa grâce avec nue force et une persévérance extresmes. Ces deux tableaux sont originaux des plus beaux qui se puissent voir et uniques en France, de la main du mcsme maistre; l'un est substitué dans le chasteau de Richelieu, l'autre est actuellement dans mon appartement à Paris. Mais après avoir <lonné de si justes regrets à un malheur si funeste et si louchant, qu'alléguer en faveur d'un seigneur convaincu de crime de lèzc-Majesté dès le temps du siège de La Rochelle, sans aucune autre cause qu'un attachement aveugle à la Reine-Mère par sa femme, découvert et néantmoins traitté en fils qui s'égare et qu'on ne ramène que par les plus iendres et les meilleurs traittements ; à qui on vient •de rendre, dès qu'il le demande, ce qu'il avoil consenti de perdre en Languedoc, aux dépends de deffaire ce qui ne venoit que d'y estre establi; à qui on ne refuse d'autres demandes, mesme modestement, que par leur énormité et leurs dangereuses conséquences, et qui parce qu'il est traversé aux Estais de Languedoc par Emery, perd tout te reconnoissancc et tout devoir, se sert de son autorité pour révolter et se saisir du Languedoc, traitte avec l'Espagne et Monsieur, se trouve dans son gouvernement duc, pair et mareschal de France, à la leste d'une armée en bataille contre celle du Roy, la luy livre, la perd et y est pris pri-
sonnier ; et de quel pernicieux exemple, et à quelles dangereuses suittes pouvoit-on s'attendre d'une grâce accordée dans un temps si périlleux et en des circonstances si grandement aggravantes !
Qu'on lise, mesme avec des yeux de lynx, ce que je viens d'exposer sur les deux Reines, sur Chalais, sur Gaston, sur les deux Marillacs, et d'ailleurs sur les suittes de la journée des Duppes, enfin sur le duc de Montmorency, on n'y trouvera dans le récit que la vérité la plus exacte, et dans la conduitte de Louis XIII que sagesse, prudence, réfleclions également scru})uleusos et éclairées, patience au delà de touttes bornes, piété insigne et cette sublime justice qui luy a méiité ce nom si rare, si précieux, de juste par <^xcellence, avec cette mesure et ce crayon exquis de discernement pour pousser à bout les devoirs de lils, de mari, de frère, et ne manquer pas à ceux de Roy. J'en obmels ^Micore des preuves transcendantes, nuiis je fcrois un livre et non un parallélle.
Gaston signe à Bésiers un traillé Ici qu'il plut au Roy, ^'aston •^on de
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en part le jour que le Roy y arrive, sans le voir, se retire du royaume e*
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a Tours, y reste peu, oublie ce qu il a signe a Besiers, et la iteine-Mère à sans aucun sujet de plainte, depuis cette signature que la mort du duc de Montmorency, dont jamais on ne lui avoit laissé espérer la grâce, part de Tours avec fort peu de suitte, et s'enfuit à Bruxelles. Celte nouvelle sortie du royaume lermiue l'année 105'2.
La Reine-Mère et Monsieur se brouillent. Force divisions entre leurs serviteurs et entre les principaux de chaque costé. Leur condition à tous deux change par la mort d'Isabelle, souveraine des Païs-Bas, premier décembre 1653, à soixante-huit ans. quiestoit adorée dansces provinces parla sagesse et la douceur de son gouvernement. Force compli-
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iiicnb du iiKuquisd'Ayélonc de la part de l'Espa^^ne et de la sieniic, nommé dans le pacquet cacliellé pour commander et pour gouverner par intérim avec le Conseil d'Estal; mais nuls cUcIs cl l'orce déplaisirs à la Reine-Mère et à Monsieur qui, de plus excessivement brouillés ensemble, cherchent; chacun à part, un acommodonient avec le lîoy. Il rompit avec Monsieur parce qu'il tint bon sur son mariage, et avec la Keine-Mère parce (ju'elle ne voulut jamais abandonner ceux de ses serviteurs (jui avoienl tant écrit pour elle et si ignominieusement contre le Roy et contre Richelieu, et dont quehjues uns avoient esté pendus en effigie à Metz par arrest du Parlement, et un en effet, convaincu d'avoir envoyé' à Metz pour assassiner Richelieu.
Monsieur signe, l^ mayl634, un traitté avec l'Espagne qui luy promet une armée de 15,000 hommes, à de fort eslranges conditions. Le 5 septembre suivant, après force consultations de théologiens, d'écoles et de Facultés, de Prélats et d'assemblées du clergé, et force procédures, arrest du Parlement «pii, sur la requeste de Mole procureur général, déclare le mariage de Monsieur nul et non valablement contracté, etc.
Le Roy, fort peiné par la délicatesse de sa conscience sur Testât de la Reine-Mère, sur la spoliation du perfide duc de Lorraine, sur l'appuy qu'il doimoil en Allemagne aux protestants, consulte la Sorbonne qui répond qu'il n'y a aucun sujet de scrupule sur aucun de ces trois points. ' ''enttn'^1-^'* Mousicur vovaut que l'Espagne ne luy tenoit rien du lieusemeni avec damier traitté qu'il avoit signé avec elle, convaincu qu'il
le Uoy, et ^ ^ *
retourne à sa n'en pouvoit ricu espérer, par son impuissance, mal à l'excès avec la Reine sa mère, leurs serviteurs divisés au point de s'attaquer tous les join's. Iraille enfin tout de bon