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1»RÉFACK
du poète naturaliste qui a personnifié dans Faust cette ardente curiosité qui veut connaître tous les mystères de la nature. Entre Goethe et Schelling l'affinité est trop manifeste pour devoir être démontrée. C’est le même esprit dans deux sphères différentes , et , pour parler le langage du philosophe , retrouvant souvent leur identité dans les mêmes études et sur les mêmes questions.
Douzième leçon. Sur l’élude de la physique et de la chimie. Les deux leçons suivantes offrent moins d’intérêt que la précédente. Elles contiennent le plan d’une espèce d’encyclopédie des sciences physiques.
Dans cette esquisse, où l’ordre des sciences seul est marqué , la plupart des points indiqués restent obscurs faute de développement, et nécessiteraient, pour être éclaircis, l’exposition du système entier. La critique elle-même manque quelque fois de clarté. Ce qui a trait à la méthode n’est guère que la répétition de cequi a été dit plus haut. Il nous suffira de dégager les idées principales.
Le premier problème de la physique générale est celui de la matière et il a deux faees : 1° déterminer l’essence de la matière ; 2° faire voir la manière dont les êtres sortent de son sein. L’expérience est incapable de résoudre le premier; elle aboutit nécessairement à l’atomisme. La raison seule conçoit la matière, et, pour cela , il lui suffit de faire abstraction de toutes les formes particulières. Au reste, ha matière n’est
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autre chose que la première manifestation de l’absolu sortant de lui-même et se projetant au dehors. Quant à ce qui concerne la naissance des êtres, on a vu comment elle s’explique par la théorie des idées. Schelling la reproduit ici sans beaucoup ajouter à cequi a été dit dans la leçon précédente. Vient ensuite le problème de la slucture générale de l’univers et de ses lois : l’astronomie mathématique et l’astronomie physique. Depuis Keppler la premièreest retombéedans l’empirisme. La force d’attraction de Newton n’est qu’un fait général d’expérience qui n’a aucune valeur pour la raison , celles ci ne reconnaissant que des lois absolues. Le principe des lois de Keppler se conçoit immédiatement par la raison sans qu’il soit besoin de l’ex périence. — L 'astronomie physique elle-même s’appuie, quant à ses principes les plus importants, sur des conceptions universelles.
La minéralogie est l’exposition purement descriptive des formes inorganiques; elle doit borner là sa tâche et ne pas chercher à pénétrer jusqu’aux caractères intérieurs qui constituent l’essence des corps et leurs qualités. Autrement elle doit les présenter comme les métamorphoses d’une seule et même substance, ainsi que les travaux de Steffensen ont donné le premier exemple. La géologue doit faire de même pour la terre tout entière, embrasser toutes ses productions et montrer leur genèse dans la continuité de leur développement historique. Schelling émet ici sur la formation des êtres inorganiques, sur celle de la terre
PRÉFACE
en généra! et sur la lumière, des hypothèses qu’il a développées ailleurs , et en particulier dans son écrit mr l’Ame du monde. Selon lui, Voplique de Newton, qui est tout empirique, n’est qu’un échafaudage d'erreurs. Reprenant le ton de la critique, il reproche à la physique expérimentale son absence de forme systématique , son incertitude sur les principes , qui fait qu’à chaque nouvel ordre de phénomènes elle est forcée d’abandonner ses anciens principes pour en adopter de nouveaux; il attaque les hypothèses et les théories reçues comme n’ayant aucune consistance et reposant sur des conceptions grossières. Ce qu’il dit de la chimie est aussi plus critique que dogmatique. Il n’a pas de mal à montrer les vices et les lacunes de cette science au point de vue philosophique. Il se moque surtout de l’hypothèse des fluides comme servant à expliquer les phénomènes électriques, magnétiques etc. La théorie dynamique de Kant sur la matière a plus de valeur à ses yeux ; mais les forces attractive et répulsive sont toujours conçues d’un point de vue inférieur, celui de l’entendement logique; il lui reproche de ne pouvoir avec ces forces faire comprendre la diversité des formes de la matière , et à ses successeurs d’avoir fait retomber cette conception dynamique dans les hypothèses mécaniques. A toutes ces théories manquait le point de vue absolu , c’est-à-dire la conception supérieure de la matière comme acte général de la manifestation divine, et de la vie universelle répandue à tous les degrés de l’existence. Schelling
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regarde, en outre, la subordination de la physique h la chimie comme funeste à l’une et à l’autre. La chimie usurpant ainsi un rôle qui n’est pas le sien, et voulant expliquer les phénomènes physiques par la cohésion , l’affinité, etc., perd le sens propre de ses phénomènes; elle oublie que ceux-ci sont ceux de la nature vivante, que là , aussi, dans son propre domaine, est la vie, là sont des puissances et des forces innées à la matière. Il reconnaît les richesses de ses découvertes positives , mais il veut qu’elles soient ramenées à ce point de vue , ou si la chimie reste ce qu’elle est, une recherche empirique sur un ordre particulier de phénomènes , qu’elle se borne au rôle inférieur de faire des expériences; dès qu’elle a la prétention de devenir une véritable science, elle n’est plus qu’une branche de la science générale de la nature et doit partir de son idée générale. Il en est de même de la météorologie; les changements qui s’opèrentà la surface de la terre ne peuvent se comprendre que dans leur rapport avec la structure générale de l’univers. La mécanique appartient à la fois aux mathématiques appliquées et à la physique. Enfin , cette séparation des sciences physiques et des sciences naturelles ou organiques est elle-même une division artificielle et factice. La science absolue de la nature comprend, dans un seul et même tout , les phénomènes de la nature inorganique et organique; c’est toujours le développement du même principe absolu, à des degrés divers et à des puissances différentes.