‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 32 sur 69 · CXXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

CXXXIV PRÉFACE

L’organisme est l’expression de l’acte créateur de la manifestation divine ; il le représente par l’unité et l’identité des deux facteurs de la vie : la matière et l’essence, qui, séparés dans les êtres inorganiqués , sont ici réunis, au point que le rapport des deux termes est interverti , la matière n’étant plus qu’un accident, la forme étant devenue son essence. Schelling relève l’insuffisance des explications que l’empirisme tire des notions communes sur la matière, des hypothèses plus ou moins matérialistes sur les fluides, l’attraction, etc. ,

» ne savons ni ce qu’est l’excitabilité , ni comment elle est modifiée » par les puissances excitatrices. Sur ce point , comme sur d’autres » objets semblables, nous devons nous borner à l’expérience et éviter » soigneusement la recherche épineuse des causes, en général, incom- » préhensibles, ce serpent venimeux de la philosophie... » Par excitabilité, Brown , entend le principe purement passif dans la vie animale ; or, quelque chose de purement passif dans la nature est une chimère. » (De l’Ame du monde , 2* part. p. 199).

« L'idée de la maladie , comme celle de la vie , nous conduit nécessairement à admettre une cause physique qui, en dehors de l’organisation, renferme le principe de son excitabilité, et, par son moyen, tle tous les changements qui en découlent. Car comment pouvonsnous croire que l’organisation renferme en elle-même le principe de sa vie et de sa durée , puisque nous la voyons, sous le rapport de tous ses changements , et , en particulier, des maladies, dépendre d’une force extérieure agissant uniformément , et qui change seulement sous le rapport de ses conditions, force qui doit agir sans inteiTup. tion sur la source première des corps organisés , et qui paraît entretenir la vie de la nature universelle ( comme cela se montre par les changements généraux) , aussi bien qu’elle entretient la vie individuelle de chaque être organisé. »

( Première esquisse d’une philosophie de la nature , p. 227 ).

DU TRADUCTEUR

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ou que l’on déduit des analogies entre les phénomènes physiques de l’électricité, du magnétisme , etc.

Mais nous craignons que l’indication de sa propre théorie, qu’il essaie d’esquisser en termes abstraits, tels que ceux de la substance et de la forme, de la matière et de l’accident, de la possibilité et de la réalité, sans parler des dimensions de l’organisme, ne soit peu propre à en donner une idée favorable. 11 fallait s’en tenir au principe et supprimer des résultats qui ne peuvent se comprendre que dans l’ensemble du système. La pensée générale est celle-ci : La gradation en vertu de laquelle , dans l’organisme , la matière s’efface de plus en plus, et le réel se transforme en idéal, révèle le développement de la force créatrice dans les êtres vivants. Ce qui fait que, dans ce domaine élevé de la nature organique, où l’esprit se dégage de ses liens, toutes les applications tirées de la notion commune de la matière sont insuflisantes.

Ce que l’auteur dit de la médecine en particulier, la manière dont il définit la maladie , ce qu’il appelle la construction de cet état, comme pouvant se dé duire de la plus haute opposition de la possibilité et de la réalité dans l’organisme et de la destruction de leur équilibre , etc., n’est guère plus clair. Il est difficile de deviner, sous de pareilles formules, la réforme à introduire dans l’art médical et de tirer de là une méthode thérapeutique. L’auteur a développé ailleurs ces idées ( dans l’ouvrage cité plus haut, troisième section); ne pouvant ici les développer, il

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