‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 39 sur 69 · CL · texte numérisé non relu

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A ce point culminant, l’art semble vouloir se dépasser lui-même. La grâce sensible qui d’abord était le tout et le but, devient l’accessoire et le moyen pour la manifestation de l’ame. Le rapport le plus élevé de l’art avec la nature est atteint.

Les exemples pourraient être choisis dans l’histoire de îa peinture et dans celle de la sculpture. Celle-ci, toutefois, est dans des conditions qui ne lui permettent pas de parcourir complètement tous ces degrés. La sculpture représentant ses idées sous des formes plastiques, le point le plus élevé pour elle doit être le parfait équilibre entre l’ame et le corps, elle ne doit ni matérialiser l’esprit , ni trop spiritualiser la matière. Elle atteignit sa perfection dans la représentation des divinités païennes, ces puissances à la fois sensibles et morales , ces forces de la nature , où l’infini et le fini se balancent et se confondent, figures calmes, sereines, invariables. La peinture, qui emploie la lumière et les couleurs , moyen presque incorporel et qui ne donne ses objets que comme des images, s’élève davantage au-dessus de la matière; elle est d’autant mieux en état de manifester la supériorité de l’ame, les hautes passions, les sentiments qui ont le plus d’affinité avec l’essence divine , la douleur sanctifiée par la résignation , les souffrances du martyre, etc.

De là , la prédominance de la sculpture dans l’antiquité , de la peinture dans le monde moderne; l’une est chrétienne , l’autre païenne.

Schclling cherche donc la confirmation de salhéo-

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rie dans l'Iiisloirc de la peinture moderne. 11 croit reconnaître , chez les grands maîtres qui ont porté chacun des degrés de l’art à sa perfection , cette succession déformés essentielles de l’art. Michel-Ange lui paraît le représentant de ce premier degré qu’il appelle le caractéristique, et qui compense le manque de douceur, de grâce et d’agrément , par l’expression de la force , par le sérieux , l’énergie et la profondeur. Avec Léonard de Vinci , l’art atteint à la grâce. L’ame sensible est le principe de la beauté qui se manifeste par la douceur des contours et des figures, par l’habile mélange du clair et de l’obscur; l’esprit apparaît sous une forme corporelle et fait déjà pressentir l’ame. Le moment où le divin et l’huniain, le ciel et la terre, la beauté morale et la grâce s’unissent dans le plus parfait équilibre, est marqué par Raphaël, moment unique, après lequel l’art ne pouvant plus se surpasser essaie encore une direction nouvelle par une prédominance accordée à l’aine, où la forme corporelle semble s’évanouir. Le Guide représente cette tendance dans quelques uns de ses chefs-d’œuvre.

Les destinées de l’art sont-elles achevées, ou peuton lui présager un nouvel avenir? Quelles seraient les conditions de cette renaissance? Schelling jette, en terminant, quelques réflexions sur cette grande question et donne, à ce sujet, des conseils aux artistes. L’art ne peut se rajeunir qu’à une condition, c’est de suivre sa loi, qui est celle de toutes les choses vivantes; c'est de se replacer au point qui est pour lui la source de

DU THADUCTEUR.

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