‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 47 sur 69 · DU MODE ABSOLU DE CONNAITRE · texte numérisé non relu

DU MODE ABSOLU DE CONNAITRE

stante , comme un organe inaltérable , est la condition de l’esprit scientifique en général et dans toutes les parties de la science; car elle est la faculté de voir le général dans le particulier , l’infini dans le fini , tous deux réunis dans l’unité vivante. L’anatomiste qui dissèque une plante ou le corps d’un animal , croit bien avoir immédiatement sous les yeux l’organisme animal ; mais il ne regarde, à proprement parler , que l’objet individuel , qu’il appelle plante ou cadavre. Voir les plantes dans la plante, l’organe dans un organe et , en un mot , l’idée ou l’indifférence dans la différence , n’est possible que par l’intuition intellectuelle.

L’existence d’une philosophie absolue, même telle qu’on la conçoit en idée , prouve la nécessité de cette supposition : que la science à laquelle on arrive par la voie commune, n’est nullement une véritable science. La philosophie cherche à se rendre compte des principes et des conditions de la science elle-même à qui, sous un autre rapport, on accorde l’évidence : des mathématiques ; ce qui prouve que , dans la supposition d’une philosophie, est également impliquée la vérité simplement relative de ce savoir.

Le principe général pour reconnaître la philosophie , est le suivant :

De quelque nature que soit, d’ailleurs, la connaissance primitive, il est trop évident qu’elle est posée dans un rapport nécessaire avec une existence simplement finie, et qu’elle est une connaissance réfléchie

PHILOSOPHIE

en elle. Cependant, en définitive (cela peut encore se comprendre immédiatement), cette existence finie n’existe que pour nous , et nécessairement n’existe que dans son rapport et son opposition avec quelque chose d’infini. Mais cet infini , que nous pouvons aussi nommer l’idéal , n’est d’aucune façon limité , et ne peut l’être. Le fini, au contraire, n’est toujours et à l’infini que quelque chose de déterminé.

Par là est posée , en même temps , l’opposition de l’idéal et du réel, de l’infini et du fini , dans la conscience même ; car puisque l’infini, dont l’expression est l’idée abstraite, contient toujours plus que le fini, dont l’expression immédiate est l’objet , il est nécessaire que tous deux , puisqu’ils sont corrélatifs , soient opposés entre eux.

On peut affirmer d’avance de toute prétendue philosophie qui ne mérite pas ce nom , qu’elle reste dans cette opposition, quelles que soient les formes sous lesquelles celle-ci se présente.

La géométrie et les mathématiques, au contraire, sont tout à-fait en dehors de cette opposition. Ici , la pensée est toujours adéquate à l’être , l’idée à l’objet , et réciproquement. On ne peut même pas se demander si ce qui est vrai et certain dans la pensée , l’est aussi en réalité ou dans l’objet , ou comment ce qui est exprimé dans la réalité devient une nécessité pour la pensée. En un mot , il n’y a aucune différence entre la vérité subjective et la vérité objective -, la subjectivité et l’objectivité sont absolument identiques, et il

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