‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 8 sur 69 · LIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

LIV PRÉFACE

Première leçon. Les trois premières leçons sont consacrées à des considérations générales sur le caractère , le but et les conditions de l’enseignement académique. Elles se détachent facilement du reste du cours à qui elles servent comme d’introduction et de prolégomènes.

Dans la première, qui a pour titre de l’idée absolue de la science, Schelling expose d’abord brièvement les motifs qui l’ont déterminé à ouvrir ce cours. La principale est la nécessité de remédier au défaut d’ordre et d’unité qui caractérise l’enseignement de la plupart des sciences dans les universités. Le remède, la philosophie seu le peu t le trou ver et l’appliquer. C’est un enseignement qui repose sur l’idée même de la science envisagéedu point de vue de sa plus haute unité, dans son caractère absolu et universel, comme embrassant dans son sein toutes les sciences particulières, leur servantde lien, decentre et de termefinal. Cette conception importe à la marche et au progrès de toutes les sciences spéciales ; elle seule peut donner aussi une utile direction aux établissements où elles doivent être enseignées selon leur véritable esprit.

Par son rapport avec la science première et absolue , toute science participe elle-même de l’absolu. Car, bien que la science absolue ne réside que dans Dieu, elle existe aussi pour nous ; la science humaine, dans son ensemble, devant être une image, un reflet plus ou moins parfait de cette science idéale. Toute sciencequis’en détache ets’en sépare, qui, parlé, oublie

DU TRADUCTEUR

son origine et son but , est condamnée à l’immobilité. Cette faculté de considérer toute chose dans son rapport avec le tout et du point de vue de la plus haute unité est aussi le propre de l’inspiration et du génie. Ce qui n’est pas pensé dans cet esprit, ce qui n’est pas susceptible d’être saisi harmoniquement dans -ce tout organisé et vivant , est vide et insignifiant. Ce sont des matériaux inertes que la science ne peut s’assimiler, qu’elle expulse de son sein, selon les lois de l’organisation et de la vie.

Telle est, poursuit Schelling, la vraie manière d’envisager la science. Ainsi la conçut l’antiquité : c’est là le sens de cette troyio. des Grecs, qui était à-la-fois la science et la sagesse dans leur tendance la plus élevée. Et la philosophie est -elle autre chose que cette aspiration de l’homme à communiquer avec l'essence divine, à participer de cette science absolue dont l’univers est l’image, et dont la source est dans l’intelligence éternelle?

Mais ici s’élève une objection. La science , dit-on , pour répondre à cet idéal, devrait avoir son but en soi , dans la connaissance et la contemplation de la vé rité. Or, telle n’est pas la science humaine. L’homme n’a pas été créé pour la vie contemplative. Sa vraie destination, en ce monde, n’est pas la contemplation, mais l’action, l’accomplissement du devoir, la vertu. Toute science qui , dans ses recherches, ne tend pas immédiatement à un but pratique , est oiseuse et inutile. Agir est l’essentiel, savoir l’accessoire;' l’un est

Page 1