Vocation particulière pour procurer le salut des âmes
41. Dieu lui manifeste sa volonté, lui révélant qu’il se veut servir d’elle dans la mission de Canada.
42. Les moyens dont Dieu se sert pour venir à l’exécution de cette vocation.
43. Désirs qui consomment l’âme touchant le salut du prochain et l’exécution de la volonté de Dieu sur ce dessein.
LA RELATION DE 1654 Dixième état d’oraison
44. Par lequel Dieu fait mourir l’âme à ses désirs et à ce zèle qui semblait la dévorer, voulant triompher d’elle en lui ôtant sa volonté.
45. Elle demeure heureusement captive dans les volontés de Dieu qui lui fait voir qu’il veut être le Maître dans l’exécution du dessein de Canada.
46. Révélations que Dieu donne à un saint homme touchant la vocation de le servir au salut des âmes dans la mission de Canada : ce qui s’accorde avec les opérations que la divine Majesté fait en N. à ce sujet.
Onzième état d’oraison
47. Par lequel Dieu oblige l’âme de poursuivre l’exécution de son dessein.
48. Ce qui se passe en l’âme dans cette poursuite, Dieu exécutant ce dessein après l’examen et l’approbation des Supérieurs.
49. Disposition et visite de Dieu qui fait voir à l’âme ce qu’elle aura à souffrir en Canada, et comme il lui manifeste sa sainte volonté.
50. L’amour avec lequel elle s’abandonne aux dispositions et ordonnances divines ; et l’inclination qu’elle ressent de se consommer pour Jésus-Christ en revanche de ses faveurs.
Douzième état d’oraison
51. L’âme expérimente ce que Dieu lui avait fait connaître des abandons qu’elle devait souffrir en Canada.
52. Diverses contradictions. Dispositions intérieures à ce sujet.
53. La nature pâtit beaucoup et l’esprit encore plus par la révolte des passions.
54. Elle expérimente des tentations très rudes et de longue durée.
55. Comme elle se comporte dans ses longues croix avec le prochain et dans les fonctions du service de Dieu.
56. L’âme pâtit extrêmement dans la pensée qu’elle est déchue de la perfection et de la pratique de la vertu. Ce que Dieu lui inspire à ce sujet.
Treizième état d’oraison
57. Dans lequel, par une grâce spéciale que l'âme reçoit par l’entremise de la sainte Vierge, elle est délivrée en un moment de ses crucifiantes dispositions.
58. La grande paix qu’elle possède dans un nouvel amour que le sacré Verbe Incarne lui donne pour ses divines maximes.
59. Le grand amour et union de sa volonté en ce que Dieu fait et permet en elle, hors d’elle, dans les accidents,... etc.
60. L’âme ayant connu la volonté de Dieu, qui se veut servir d’elle, l’exécute avec amour, et sa divine Majesté lui fournit des grâces pour cette exécution.
61. Présence et assistance de la sainte Vierge qui accompagne l’âme dans cette exécution d’une manière extraordinaire.
62. L’âme se consomme de plus en plus dans les amours du sacré Verbe Incarné. Divers effets de cet amour consommatif.
63. Les différences qu’il y a de cet état aux précédents, quoiqu’ils semblent avoir quelque ressemblance au sujet du sacré Verbe Incarné.
Honneur, Gloire et Louanges au suradorable Verbe Incarné.
« Les choses symboliques ou qui se peuvent attacher à quelque forme ou sujet qui tienne de la matière se peuvent étendre ; mais Dieu ne m'a pas conduite par ces voies-là. Il est saint et magnifique. Il soit béni en tout et partout! »
« Si j’eusse voulu faire des comparaisons et des discours pour me faire entendre, cela aurait tiré à longueur et j’aurais étouffé la pureté de l’esprit des choses que j’ai écrites qui ne peuvent souffrir de mélange. »
« Je pourrais peut-être me tromper si j’ apportais des comparaisons pour m’ exprimer autrement que je fais. Je dis simplement ce que je crois être selon la vérité et ce que l’Esprit qui me conduit me presse de dire. »
« Je ne puis pas m’ exprimer autrement, et je ne me mets point en peine de faire tant d’ examens, mais plutôt j’y sens de l’ aversion, crainte de curiosité. Je laisse le tout au jugement de celui qui me tient la place de Dieu, autrement je me causerais plusieurs distractions qui seraient désagréables à sa divine Majesté. »
«Le plus intime (n’a pas été) en ma puissance. C’est en partie ce qui me donne de la répugnance d’écrire de ces matières, quoique ce soient mes délices de ne point trouver de fond dans ce grand abîme, et d’être obligée de perdre toute parole en m’y perdant moi-même. Plus on vieillit, plus on est incapable d’en écrire, parce que la vie spirituelle simplifie l’âme dans un amour consommatif, en sorte qu’on ne trouve plus de termes pour en parler. »
«Les effets que porte (mon état foncier d’amour) sont... un amour toujours plus grand pour tout ce qui se fait et pratique dans l’Église de Dieu, en laquelle l’on ne voit que pureté et sainteté ; une entière pente à se laisser conduire et à soumettre son jugement à ceux qui tiennent la place de Dieu. »