‹ Écrits spirituels et historiques (volume 2)Chapitre 72 sur 81 · LXIV] XIV · texte numérisé non relu

LXIV] XIV

Vous êtes en peine de ce que je vous ai dit qu’il y a eu du miracle dans notre rétablissement. Il y en a eu en effet. Nous avions tout perdu, et notre incendie nous avait mis à nu de toutes choses. Nous avons fait rebâtir notre monastère, nous sommes vêtues, nous sommes remeublées, et pour tout cela, il nous a fallu faire plus de trente mille livres de dépenses. L’on nous a seulement

a. D’après la Vie, page 483, ce vous représenterait Dom Claude Martin et sa cousine germaine, Marie Buisson, nièce de la Vénérable Mère, et la future Marie de l’Incarnation de Tours.

b De ces deux extraits nous ne faisons qu’un seul fragment. L’extrait de la page 483 de la Vie commence par cette phrase : « Vous êtes les deux personnes desquelles j’ai voulu parler, et quand il m’eût fallu souffrir jusques à la fin du monde pour vous gagner à Dieu, j’avais une vocation puissante pour cela que sa divine Majesté me donnait par une inspiration vive et efficace. » Cette phrase n’est que la reprise de celle qui termine l’extrait de la page 43 i. Dans 1 un et 1 autre cas, nous avons affaire à un remaniement du texte original. Nous avons gardé la phrase finale du Ier extrait et considéré la phrase initiale du second comme un doublet.

prêté huit mille livres sur le pays, lesquelles n’en valent pas six de France. Nous n’avons eu que très peu d’aumônes, dont une partie a servi à nous vêtir et l’autre à acheter un peu de grain. De tout cela, il ne nous reste que quatre mille livres à payer, encore la personne à qui nous les devons, nous donne le fonds après sa mort, s’en réservant l’usufruit durant sa vie. Enfin il y a plus de vingt-quatre mille livres de la pure Providence, car j’aurais de la peine à dire d’où cela est venu. Ce n’est pas de notre revenu ordinaire, car il n’est pas capable de nous entretenir en un pays comme celui-ci, où il faut faire des frais immenses, et où l’on souffre des pertes continuelles, soit de peu, soit de beaucoup, en sorte que sans un miracle tout évident, nous ne pourrions subsister, et nous n’aurions pu faire ce qui paraît depuis notre incendie.

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