‹ Écrits spirituels et historiques (volume 2)Chapitre 71 sur 81 · LUI] XIII · texte numérisé non relu

LUI] XIII

Cette flamme que je vis ne dura pas longtemps, mais son effet fut si vif et si pressant qu’elle me parût l’embouchure de l’enfer, en laquelle la tentation de désespoir qui me tourmentait me voulait faire précipiter pour faire déplaisir à Dieu, lequel cependant me soutenait par un secret ressort dans le fond de mon âme, pour ne rien faire qui lui fût désagréable. Cela m’est arrivé plusieurs fois dans le cours de mes grandes peines, mais

a. Voir la Relation de 1633 (Vol. I, p. 221 et ss.).

non avec tant de violence qu’en cette occasion. De vous dire si vous a en êtes la cause, il n’y a que Dieu qui le sache. J’ai assez commis de péchés pour porter le châtiment d’un million d’enfers ; ainsi laissons-en le jugement à sa divine Majesté. Il est pourtant véritable que c’est de vous que j’ai voulu parler, et que s’il m’eût fallu souffrir jusques à la fin du monde pour vous gagner à Dieu, j’y aurais volontiers consenti, sa divine Majesté me donnant une vocation vive et efficace pour cela.

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Je tiens toutefois que vos vocations à son saint service viennent de son pur amour et de son élection gratuite. A lui seul donc en soit la gloire dans le temps et dans l’éternité. Demandons-lui seulement que nous soyons bien fidèles, afin que nous lui puissions chanter éternellement des louanges pour toutes ses miséricordes b.

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