‹ Écrits spirituels et historiques (volume 3)Chapitre 46 sur 65 · V : et · texte numérisé non relu

V : et

r. V : mon cœur en a expérimenté. 2. V : Ce n’était pas.

4. V omet : c’est. 5. V : qui faisait expérimenter à mon âme. l'Evangile. 7. V : apprenez que je suis doux. 8. V : j’ai goûté, quelquefois même plus grande qu’à l’ordinaire. 10. V : décrire. 11. avec tout cela. 12. V ajoute : en. 13. V : et dans mes actions mêmes.

V : que mes plus grands embrassements se font quelquefois dans le chemin et dans le travail. 15. V : je suis obligée de. 16. V intervertit l’ordre de ces propositions : sans pourtant que je sois déliée de mon Objet; puis, ayant quitté le prochain, je... 17. V : dans un entretien d’amour. C’est l’effet de sa présence

dans son divin sacrement.

* Cette faveur fait assez voir que si cette dévote Mère avait de la tendresse pour le Verbe Incarné, quand elle le recevait dans le saint sacrement de l’autel, ce Dieu caché en avait beaucoup plus pour elle, lorsqu’il lui faisait ressentir les effets de sa présence. Car, encore qu’il fût invisible à ses yeux, il se rendait néanmoins si sensible à son âme qu’elle avait raison de dire qu’elle connaissait beaucoup plus de ce mystère que la foi ne lui en avait appris. Vie, p. 523.

On trouvera des sentiments analogues dans le fragment 31 de la Relation de 1633. Par l’allusion qu’elle fait à ses occupations du moment, on voit que Marie écrivit cette lettre étant encore dans le monde.

Marie de l’Incarnation.

Largeur, ô Longueur, ô Profondeur, ô Hauteur infinie, immense, incompréhensible, ineffable, adorable ! Vous êtes, ô mon grand Dieu ! et tout ce qui est n’est pas qu’en tant qu’il subsiste en vous et par vous. O Éternité, Beauté, Bonté, Pureté, Netteté, Amour ! Mon Centre, mon Principe, ma Fin, ma Béatitude, mon Tout... 1 !

Dans cette vue admirable des grandeurs de Dieu, elle était si humiliée qu’elle désirait souffrir la mort pour rendre hommage à son immortalité et à ses autres perfections, mais ne pouvant satisfaire à son désir, elle se martyrisait elle-même par des pénitences, les plus rigoureuses qu’elle eût encore pratiquées ; mais ces rigueurs excessives ne servaient qu’à purifier encore davantage la vue de son esprit et à le rendre capable de plus grandes lumières. C’est pourquoi elle continue en cette sorte :

Vie, p. 102.]

Après ces sacrifices de la pénitence, mon esprit était rempli de tant de nouvelles lumières, qu’il était offusqué et ébloui, s’il faut ainsi parler, de la grandeur de la Majesté de Dieu. Ce qui lui était montré auparavant par une véritable affirmation, il ne le pouvait plus voir que dans la négation, et par-dessus tout cela, il voyait ce grand Dieu comme un abîme sans fond, impénétrable et incompréhensible à tout autre qu’à lui-même. En quelque lieu que je me trouvasse, à quelque occupation que je fusse appliquée, je ne me pouvais voir qu’absorbée et abîmée dans cet Etre incompréhensible, ni regarder les créatures que de la même manière. De sorte que je voyais Dieu en toutes choses, et toutes choses en Dieu, et cette infinie Majesté était à mon égard comme une grande et vaste mer, qui venant à rompre ses bornes, me couvrait, m’inondait et m’enveloppait de toutes parts. Je me sentais comme perdue à l’égard de la nature, et dans cette perte, je ne pouvais ni voir ni comprendre rien de beau que les perfections qui m’étaient montrées. Je ne pouvais comprendre comme

i. Voir le fragment 31 de la Relation de 1633. De part et d'autre, c’est la même faveur. Cette lettre, comme la grâce qu’elle décrit, devrait donc être de 1626.

LETTRES DE CONSCIENCE

les hommes oublient si facilement celui dans lequel ils sont et par lequel ils vivent et subsistent, et je voyais en même temps comme la bonté infinie de Dieu retient sa justice, de crainte qu’elle ne punisse ces ingrats, et qu’elle n’écrase ceux qui se laissent aller à l’offense mortelle.

Sur la vision extatique de la très sainte Trinité

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