manque dans L
CORRESPONDANCE
IL — Dom Raymond de St-Bernard a
MARIE DE L’INCARNATION
Il lui exprime sa surprise de son dessein, et « de voir que le sien qu’il croyait être fort secret, était découvert ». Pour le premier, il ne peut V approuver sans autre examen, « le voyant si opposé a la condition d’une religieuse, à qui la seule vue du monde doit faire peur, et qui, à plus forte raison, doit avoir d’autres sentiments que de quitter la clôture pour passer tant de provinces et tant de mers, afin de faire des fonctions apostoliques dans un pays sauvage, où il n’y avait pas même... de l’assurance pour les hommes. Mais... il n’ose pas le condamner entièrement sachant que la main de Dieu qui n’est point raccourcie peut faire des prodiges en tous les temps, et que sa Providence qui avait déjà rempli (son) âme de tant de grâces extraordinaires, la pouvait encore destiner à des desseins plus relevés, contre l’attente et la prudence de tous les hommes. C’est pourquoi afin de juger à fond d’une vocation si rare, il l’oblige de lui en déclarer le commencement, le progrès, les circonstances, et tout ce qui serait nécessaire pour former un jugement solide sur une affaire de cette importance ».
(De Paris, 25-31 mars 1635.)