‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 130 sur 239 · LXXIV. — A la Mère Jeanne-Françoise Le Vassor · texte numérisé non relu

LXXIV. — A la Mère Jeanne-Françoise Le Vassor

SUPÉRIEURE DE LA VISITATION DE TOURS L pp. 343-346, Lettre historique XX. — R XXXV.

Ma révérende et très honorée Mère,

E salue votre cœur en Celui* 1 qui est le lien de nos

affections. La distance de tant de mers ne peut

refroidir ce que mon cœur conserve pour le vôtre. O ma très chère Mère, que les miséricordes de notre aimable Époux sont grandes en mon endroit ! Vous me consolez plus que je ne vous puis dire d’y prendre tant de part. Vous les appelez grandes, mais en vérité vous ne les sauriez exagérer. Savez-vous bien que les cœurs ont ici de tout autres sentiments qu’en France ? Non des sentiments sensibles, car il n’y a point d’objets qui puissent flatter les sens ; mais des sentiments tout spirituels et tout divins, car Dieu y veut le cœur si dénué de toutes choses, que la moindre occasion lui serait un tourment, s’il y voulait d’autres dispositions que celles que la divine Providence fait naître à chaque moment. O mon Dieu, que l’âme serait riche en peu de temps, si elle voulait, et si elle était fidèle ! Nous voyons néanmoins ici une espèce de nécessité de devenir sainte ; ou il faut mourir, ou y prêter consentement.

Je ne pensais pas faire cette saillie, ma très aimée

Lettre LXXIV. — L imprime seulement : A une supérieure de la Visitation de

Tours.

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