Encore étaient-ils, eux aussi, dans la gêne
CORRESPONDANCE
Je ne vous fais pas l’ouverture des moyens que vous pouvez prendre pour nous aider, comme serait de contribuer quelque chose par vous-même, de conjurer les autres supérieures de France de faire le même, d’inviter les filles de qualité que vous instruisez, ou bien leurs parents à cet œuvre2 de charité ; et enfin de pratiquer3 des personnes pieuses, qui ne demandent bien souvent que des moyens d’employer utilement leurs aumônes. O ma révérende Mère, que ne vous dirais-je pas sur ce sujet ! car le désir que j’ai du salut de ces pauvres âmes, et l’extrême nécessité où elles sont, me ferait volontiers aller prier et crier miséricorde pour elles par toutes les rues de nos villes de France, et demander l’aumône de porte en porte pour avoir de quoi subvenir à leur misère ; mais je ne crois pas vous en devoir dire davantage, croyant que c’est assez à une âme que je sais avoir le désir de les secourir pour l’amour de Jésus. Elles sont perdues si elles ne sont aidées ; et je sais que vous aimez leur salut.
La confiance que j’ai que vous aimez nos petits travaux m’a fait prendre la liberté de vous écrire cette lettre et m’en donne encore une autre, qui est que si votre charité s’exerce en notre endroit, et si vous faites quelque petite cueillette de celles4 des personnes affectionnées à la gloire de Dieu, vous ayez la bonté d’en faire l’adresse à un très pieux gentilhomme de Caen, nommé M. de Bernières, qui s’employe charitablement à l’établissement de cette Maison5. C’est de quoi nous
2. Le XVIIe siècle faisait œuvre du masculin, quand il voulait donner l’idée de la grandeur de la chose.
3. Chercher à gagner les bonnes dispositions des personnes pieuses en faveur de la Mission.