‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 219 sur 239 · Navré, blessé · texte numérisé non relu

Navré, blessé

CORRESPONDANCE

cœur ne lui permet de vie ni de respir que pour luimême16; et cette misérable vie de nous-mêmes 17 emporte après soi tout l’esprit et le retire de son vrai et unique Bien18 et ne vit plus que contre nature19. C’est de là que naissent les violences qu’il nous faut faire, lorsque par la syndérèse20 qui nous pique nous sommes appelés à retourner à Celui pour qui nous sommes nés21.

Puisque vous le voulez, je demande à Dieu pour vous le don d’oraison, et surtout celui de l’humilité et vraie abnégation de vous-même, sans laquelle vertu, il n’y a point de vraie oraison ni de vrai esprit intérieur, l’un et l’autre devant aller de même pas, autrement toutes nos dévotions sont suspectes. Et c’est cette leçon que nous enseigne notre vraie Cause exemplaire, pour posséder entièrement son esprit, comme nous disions tantôt22. Vous avez de saints maîtres, ils vous le diront, outre cet esprit syndiquant23 qui nous suit partout et qui nous dicte plus mille et mille fois que nous n’en faisons24.

J’ai lu et relu la vôtre et ce qui parle de votre saint

16. L : Mais cela est vrai quand il conserve ses plaies, et qu’il demeure sensible aux coups des inspirations divines; mais quand il les referme par ses misérables médicaments, — c’est ainsi que j’appelle les raisons de l’amour propre, — il change de vie et n’a plus de mouvement que pour lui-même.

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