‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 23 sur 239 · L : mésaises · texte numérisé non relu

L : mésaises

sous le Ciel, et je vois tout au-dessous. Si vous nous laissez, qui fera5 pour nous ? A qui nous faudra-t-il adresser ? Comment aurons-nous des obédiences et par quelle autorité ? Vous avez encore un mois, pour pourvoir à tout cela 6 ; * et Messieurs les intéressés étant à Paris7, il vous sera aisé de résoudre toute l’affaire en peu de temps. Je n’ai point encore pénétré le secret de ces affaires, mais selon les lumières que mon esprit me fournit, il me semble que la nôtre se faisant de concert avec eux, elle en sera plus solide et plus sûre. Je suis consolée de l’entretien que vous désirez avoir avec le R. P. Dinet. Il ne sait pourtant rien de la communication que j’ai avec vous touchant notre grand dessein8*.

Poussez donc l’affaire, pour l’amour de Dieu, et je crois assurément que vous en viendrez à bout, si vous l’entreprenez, car, je vous prie, quand vous serez passé, quel est le messager qui nous viendra dire de vos nouvelles, et en quel temps d’ici ? Vous savez que voici la meilleure saison pour ce voyage, car, comme le pays est très mauvais, ainsi que témoigne la Relation, il serait bon de prendre les habitudes avant l’hiver. Je ne sais pourtant de quel côté, ou à Québec ou ailleurs ; mais en quelque lieu que ce soit, je regarde cet aimable pays comme celui qui me doit être le paradis terrestre, où il me semble que la plénitude des grâces du Saint- Esprit nous attend9.

5. Qui fera, qui agira en notre faveur. Nous avons rappelé plus haut qu’un établissement de religieuses cloîtrées dans un pays de mission, en pleine barbarie, était chose si insolite qu’il devait soulever des objections presque insurmontables.

6. L : encore un mois, pendant lequel il vous sera facile de résoudre tout cela.

7. Ce sont les Directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France dont les principaux demeuraient en effet à Paris. Cette compagnie, formée par Richelieu en 1627 ( Écrits II, p. 329), — composée de cent actionnaires, — d’où le nom de Compagnie des Cent Associés sous lequel elle est aussi désignée, — avait reçu en fief le Canada, à charge de le coloniser et d’y faire évangéliser les indigènes. Étant, en vertu de leur concession, les véritables seigneurs du pays, rien ne pouvait s’y faire sans leur aveu.

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