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Le même, la même chose

CORRESPONDANCE

un pas dans le chemin qui descendait, n’eut point de part aux caresses de la sainte Vierge, elle eut seulement la consolation de la voir du lieu où elle était13.

Le plaisir que je ressentais d’une chose si agréable ne se peut expliquer. Je m’éveillai là-dessus, jouissant encore de la douceur que j’avais expérimentée, laquelle me dura encore plusieurs jours. Mais je demeurai ensuite pensive [de] 14 ce que voulait signifier une chose si extraordinaire et dont l’exécution devait être assurément fort secrète. Car dans l’idée15 qui me fut représentée, tout se passa tellement dans le secret qu’il n’y eut que l’homme que vous savez dont j’ai parlé, qui en eut la connaissance et qui dit quelques mots.

Au commencement de cette année16, comme j’étais en oraison, tout cela me fut remis en esprit, avec la pensée que ce lieu si affligé que j’avais vu était la Nouvelle France. Je ressentis un très grand attrait intérieur de ce côté-là, avec un ordre d’y aller faire une maison à Jésus et à Marie. Je fus dès lors si vivement pénétrée que je donnai mon consentement à Notre-Seigneur, et lui promis de lui obéir s’il lui plaisait m’en donner les moyens17. Le commandement de Notre-Seigneur et la promesse que j’ai faite de lui obéir, me sont tellement imprimés dans l’esprit, outre les instincts18 que je vous

13. Signification prophétique de l’abandon momentané de Québec pour Montréal par Mme de la Peltrie, dans des circonstances qui seront décrites plus loin, au moins en partie. On notera le blâme indirect de cette démarche de Mme de la Peltrie.

14. L : pensive ce que. Nous avons suppléé la préposition de. Il se pourrait que l’adjectif pensive eût ici la valeur du participe présent pensant.

15. Idée, au sens originel d’image, comme dans Racine : Ne me rappelez point une trop chère idée.

16. Précieuse indication, qui rapprochée des données de la Relation de 1654, nous permet de fixer à coup sûr la date de cette lettre, et, partant, d’établir sans aucune hésitation possible la chronologie des grâces extraordinaires qui ont décidé de la vocation missionnaire de Marie de l’Incarnation. La Vénérable Mère, dans sa Relation de 1654, rattache le ravissement dont elle va parler à l’année 1635 (2).

17. Voir une description plus ample de ce ravissement dans la Relation de 1654 [Écrits II, pp. 3 15-31 7).

18. Instincts, impulsions et motions intérieures de l’Esprit-Saint. Ce sont toutes ces manifestations de l’esprit apostolique dont l’âme de la Vénérable Mère était remplie ( Écrits II, pp. 309-315) et que les lettres précédentes ont décrites à Dom Raymond.

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ai témoignés, que quand j’aurais un million de vies, je n’ai nulle crainte de les exposer. Et en effet, les lumières et la vive foi que je ressens me condamneront au jour du Jugement, si je n’agis pas conformément à ce que la divine Majesté demande de moi.

Raisonnez un peu là-dessus, je vous en supplie. Les choses se sont passées dans la naïveté que je les viens de dire, et je me suis sentie obligée de vous les déclarer, pour les abandonner ensuite à la Providence de notre divin Époux.

De Tours, mai (?) 16 3519.

19. L donne la date du 3 mai. Aucune objection pour le mois. Mais le quantième ferait difficulté, car nous avons déjà une lettre datée du même jour et adressée également à Dom Raymond. Ces deux lettres n’en auraient-elles pas fait qu’une seule dans l’original ? Conformément à son principe d’édition, Dom Claude en aurait réservé la partie historique pour la seconde série des lettres, après en avoir un peu remanié le début. L’hypothèse est d’autant plus plausible que la lettre s’achève sur une finale abrupte. On pourrait supposer aussi que le chiffre 3 -est une nouvelle erreur de typographie. Dans l’absence d’indices plus concluants, nous conserverons la distinction des pièces.

NOTES

(x) Le songe de décembre 1633. — • Marie de l’Incarnation nous a laissé trois récits de cette faveur. Le premier en date est celui de sa lettre de 1635, le second -celui de sa Relation de 1654 ( Écrits II, pp. 303-306), le troisième celui qui figure dans RJ 1672. Il serait possible que ce dernier récit, écrit par la Vénérable Mère sur la fin de sa vie, à la demande de ses supérieurs, fût double. V, en effet, p. 233, cite un fragment d’un récit de ce même songe qu’elle aurait rédigé « un peu avant sa mort », et qui diffère sensiblement pour la forme de celui de RJ. Nous y reviendrons en son temps. Pour le moment, nous nous bornerons à remarquer avec Dom Claude Martin que « ces trois relations s’accordent dans le principal » (V p. 232). Les différences sont minimes : des points de détail. Les traits essentiels, l’impression qui s’en dégage sont identiques. Même fermeté de la description, ou si l’on veut, car c’en est une, de la déposition.

Nous ne comparerons ici le récit de 1635 qu’avec celui de 1654, Ie seul ait encore été publié dans la présente réédition des Œuvres de Marie de l’Incarnation. Les constatations de concordances sont aisées. De part et d’autre : — a) Marie chemine avec une compagne inconnue et qu’elle tient par la main ; — b) le voyage

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est semé d’obstacles dont les deux femmes triomphent généreusement ; - — - c) au terme du chemin, elles rencontrent un personnage mystérieux, qui silencieusement les conduit au point où elles doivent aboutir ; - — d) elles s’engagent alors dans une place spacieuse, pavée de petits carreaux d’une blancheur d’albatre aux rejointovements d’une couleur vermeille, — - d’un beau rouge, dit le Relation de 1654, ce qui est la même chose ; — e) cette place est à ciel ouvert, remplie d’un silence admirable, silence qui fait sa beauté ; — f) c’est une sorte d’esplanade sur un plateau élevé d’où l’œil embrasse une immensité de pays ; — g) à l’un de ces angles se voit un minuscule édifice, hospice ou église, tout en marbre blanc, d’une architecture à l’antique et d’un fort beau travail ; • — h) le chevet en est orienté et sa façade donne sur l’ouest et l’intérieur du pays ; — i) au pinacle du portail a été pratiquéé une loge où la Vierge est assise tenant l’Enfant Jésus sur son giron; — j) du point où elles se sont arrêtées, Marie de l’Incarnation et sa compagne ne peuvent voir l’édifice que dans le sens de sa longueur ; elles l’embrassent de biais, du chevet au portail qu’elles ne peuvent naturellement apercevoir, et la Vierge leur apparaît seulement de dos ; - — k) laissant sa compagne qui reste un peu en arrière, Marie s’élance pour contempler la Vierge, tendant ses bras en avant, de telle sorte qu’ils pouvaient atteindre « jusqu’aux deux bouts de cette petite église sur laquelle (la Vierge) était assise»; — 1) pendant ce temps la compagne anonyme fait quelques pas dans un sentier affreux, le seul qui conduisît du sommet du plateau dans l’intérieur du pays : elle s’y arrête un moment et peut voir elle aussi la Vierge, mais de loin et de côté seulement ; — m) quant au pays, il semble creusé de vallées profondes : des ténèbres opaques le remplissent, du sein desquelles on voit émerger le faîte d’une église, symbole de la chrétienté de la région ; — n) la Vierge regarde ce pays avec une grande compassion et elle en parle à l’Enfant Jésus, comme pour l’y intéresser ; — o) enfin, à un moment, elle se tourne vers Marie, lui sourit, lui donne un baiser, et de nouveau recommence d’entretenir l’Enfant Jésus, mais cette fois comme si à propos du pays, elle eût eu « du dessein » sur la Vénérable Mère.

Cette identité absolue des récits, poussée souvent jusque dans le détail, et même dans l’expression, est un fait considérable. Le récit de 1635 est rapide : celui de 1654 est plus lié. Les petites nouveautés qu’il présente ne modifient nullement, comme nous l’avons déjà souligné, le dessein général ni l’allure de l’ensemble. Que ces détails soient la création inconsciente d’une pensée qui n’a pas manqué de se reporter souvent sur cet épisode, c’est possible, et ce phénomène psychologique n’a nulle importance. Le fond est invariable. Les pièces qui nous l’ont transmis ont été rédigées à des intervalles assez éloignés, et elles sont indépendantes les unes des autres. Marie de l’Incarnation n’a jamais revu la lettre qu’elle écrivait à Dom Raymond en 1635, et qui ne fut communiquée par son destinataire à Dom Claude Martin que beaucoup plus tard. Même si elle avait emporté de Tours au Canada quelques mémoires, et parmi eux le récit du songe de 1633, — ■ mais nous savons qu’elle détruisit tous ses papiers à son départ, en 1639, — ces mémoires ne lui auraient servi de rien pour la rédaction du récit de 1654, puisque tout ce qu’elle avait de notes sur les années antérieures fut consumé dans l’incendie du monastère des Ursulines en 1650. Nous avons donc toutes les

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garanties désirables du récit sincère et objectif d’un fait concret, profondément gravé dans la mémoire et fidèlement gardé par elle, et non d’une création de l’imagination.

Ce fait lui-même, qui, dans les circonstances où il s’est produit, s’offre sous les apparences d’un songe, est quelque chose de tout à fait différent. Il a une cohérence que ne peuvent avoir les rêves, même les moins fantasmagoriques et surtout il présente une telle conformité générale avec l’histoire telle qu’elle devait se faire six ans plus tard, et avec la topographie du site où elle devait se dérouler, qu’il s’apparente à la vision prophétique. Marie de l’Incarnation écrira plus tard, qu’en voyant pour la première fois Mme de la Peltrie elle reconnut en elle la compagne du songe de 1633. Et de même, dès le premier regard qu’elle put jeter du haut du promontoire de Québec en 1639 sur le vaste pays qui s'étendait à ses pieds, elle « le reconnut être celui que Notre Seigneur (lui) avait montré... six ans » plus tôt. « Ces grandes montagnes, ajoute-t-elle, ces vastitudes, la situation et la forme, qui étaient encore marquées dans mon esprit comme à l’heure même, ce m’était la même chose à la vue, excepté que je n’y voyais pas tant de brumes » ( Écrits II, pp. 346 et 371). Cette vision à distance des personnes et des lieux pourrait n’être, comme ce serait le cas dans une nature mal équilibrée, qu’une projection hallucinatoire. La forte complexion de la Mère de l’Incarnation, son tempérament positif nous obligeraient à y regarder à deux fois avant de hasarder le mot. Mais de plus, ce rêve n’a pas pour fond la pure et nue représentation de la réalité actuelle ; il s’y mêle des éléments qui débordent le présent, et d’autres, de caractère idéal, qui n’ont qu’une valeur de symbole, de signe d’une chose encore mystérieuse. Un sens caché s’en dégageait que seul le proche avenir devait dévoiler. C’est donc à bon droit que Dom Claude Martin a appelé cette faveur surnaturelle une « lumière prophétique » (V p. 232).

D’ailleurs nous aurions tort de ne considérer dans les récits de Marie de l’Incarnation qu’une relation du songe de 1633. Même si l’on devait porter un jugement défavorable sur ce phénomène, il resterait qu’il n’est ni la seule ni la principale source de la Vénérable Mère. Cette grâce qui lui fut faite durant son sommeil a eu sa réédition, mais à l’état de veille et en clair. En 1635, en effet, elle fut gratifiée du renouvellement de la vision de 1633. Ce fut dans le ravissement auquel elle fait allusion dans la dernière partie de la lettre ci-dessus, et dont elle reparlera dans sa Relation de 1654, mais plus au long : « Un jour, étant en oraison devant le très saint sacrement... mon esprit fut en un moment ravi en Dieu, où lui fut représenté ce grand pays qui lui avait été montré (en 1633)... avec toutes les circonstances. Lors, cette adorable Majesté me dit ces paroles : « C’est le Canada que je t’ai fait voir ; il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie » ( Écrits II, pp. 315-316). Cette vision où se retrouvent tous les éléments du songe de 1633, en est à la fois la contre -épreuve, si l’on peut ainsi parler, et l’interprétation. Dans les deux cas, il s’agit d’une grâce de même nature : une vision que les mystiques et les théoriciens de la mystique appellent imaginaire (non qu’elle s'explique par les lois de l’association subjective des images, mais parce qu’elle dépend des images sensibles dont elle est composée et que par la elle se distingue d’une manifestation immatérielle à l’intelligence comme la vision

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intellectuelle) ; une vision inférieure à la vision intellectuelle et dont on ne connaît que fort peu d’exemples dans l’expérience de Marie de l’Incarnation : un ravissement néanmoins et « une lumière prophétique ».

Le songe de 1633 n’a pas donné une orientation nouvelle à la vie de Marie de l'Incarnation, ni non plus allumé dans son âme un feu qui n’y brûlait pas déjà. La Vénérable Mère avait toujours rêvé d’apostolat. Contemplative, détachée de tout pour n’être attachée qu’à Dieu, éprise de solitude pour ne se fixer qu’en lui, c’est cependant sa passion de travailler personnellement au salut des âmes qui lui fit donner la préférence à un Ordre actif sur les Carmélites et les Feuillantines. Dieu lui découvre maintenant, obscurément d’abord dans le songe de 1633, et clairement ensuite dans le ravissement de 1635, que c’est en plein pays de mission qu’elle devra exercer les fonctions apostoliques de son Institut. Ainsi sa vocation de contemplative doit fleurir en apostolat actif. Il ne s’agit pas pour elle à partir de la Noël de 1633 d’un recommencement, mais d’un aboutissement. Tout son passé s’éclaire et prend son sens dans cette vision de l’avenir qu’il avait préparé. Le songe de 1633 complété et expliqué par le ravissement de 1635 est une date capitale dans sa vie. Et ce n’est pas, on vient de le montrer, un rêve proprement dit, ni surtout une hallucination pathologique. Ses traits distinctifs en font une grâce et un signe de Dieu.

(2) Chronologie de la vocation missionnaire de Marie de l’Incarnation pour les années 1633-1635. — La Relation de 1654, écrite, il est vrai à vingt ans de distance des faits, semble assigner à la « deuxième année » de sa profession, l’obédience de la Vénérable Mère comme sous-maîtresse des novices et la faveur surnaturelle qui la précéda de quelques jours ( Écrits II, p. 303). L’obédience n’étant mentionnée qu’en passant, et tout l’article de la Relation étant consacré à la vision du Canada, on échappe difficilement à l’impression que la donnée chronologique s’applique surtout, sinon exclusivement, à cet épisode. Nous aidant des indications de la lettre du 3 mai 1633, — quant au mois, puisque du premier coup d’œil l’année devait paraître fausse, — et de la date de la profession de Marie de l’Incarnation, 25 janvier 1633, nous avions rapporté la vision prophétique du Canada aux fêtes de Noël de 1634, et l’obédience de sous -maîtresse aux premiers jours de janvier 1635, et interprété toutes les indications chronologiques postérieures en fonction de cette donnée initiale. L’étude attentive des lettres de 1635, contemporaines des faits, ne permet pas de retenir ces conclusions.

La lettre du 3 mai 1633 (date de L) ne peut être de 1633. Elle raconte des faits qui l’ont précédée d’un an et demi ou presque, et dont l’un, l’obédience de sousmaîtresse des novices, ne peut être antérieur à la profession de Marie de l’Incarnation (25 janvier 1633). Pour la meme raison, elle ne saurait être de 1634. De plus, elle suppose, comme nous l’avons montré plus haut, toute une série de confidences préalables sur les attraits de la Vénérable Mère à la Mission du Canada, confidences qui n’ont pu se faire avant 1635. Enfin, elle porte en elle la preuve formelle qu’elle a été écrite au cours d’une année, puisqu’elle renvoie à une grâce qui en a marqué le début : le ravissement qui renouvela à Marie de l’Incarnation la vision du Canada de 1633, et lui en apporta l'explication. Mais ici, nous nous

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trouvons en face d’une date précise de L, dont il nous faut tenir compte. C’est en 1635 que Marie de l’Incarnation reçut la révélation de la médiation universelle du Cœur de Jésus (Écrits II, p. 315). Or cette révélation, d’après la Relation de 1654 fut quelque peu antérieure au ravissement de la lettre du 3 mai (Écrits II, PP- 315-316). Le ravissement susdit eut donc lieu au plus tôt dans les premiers mois de 1635. Si l’on fait maintenant attention que la lettre du 3 mai, qui ne peut être de 1634, ne peut être davantage de 1636, parce que, selon V p. 332, elle appartient à un contexte littéraire et historique, qui est celui de 1635, et qu’avec les données chronologiques qu’elle contient on ne peut l’insérer dans la trame des faits de l’année suivante (voir plus loin la Lettre XXVII et la note sur la première lettre de Marie de l’Incarnation au P. Le Jeune, p. 91), on aboutit aux résultats suivants dont la série ne laisse pas d’offrir un grand intérêt pour la chronologie de la préparation missionnaire de Marie de l’Incarnation :

1633 Janvier 25 Décembre 26-31

1634 Janvier 1-5 Janvier

1635 Janvier

rô35 Janvier ou février

Février ou mars Mars

Mars 20 Mai 3

Profession religieuse.

Vision prophétique du Canada.

Obédience de sous-maîtresse des novices.

Confidence au P. Dinet du songe de Noël de 1633.

Révélation de la médiation universelle du Cœur de Jésus.

Ravissement où la vision du Canada est renouvelée à Marie de l’Incarnation et où elle reçoit la révélation de son appel à la vie missionnaire.

Envoi de Paris par le P. PoncetàMarie de l’Incarnation de la Relation de la Nouvelle-France de 1634.

Première nouvelle du projet de Dom Raymond de Saint-Bernard relatif à la Mission de la Nouvelle- France.

Première lettre à Dom Raymond.

Premier récit du songe prophétique de 1633 et du ravissement de 1635 qui lui fait suite.

Des confirmations des deux dates initiales, celles du songe et de l’obédience, nous viennent d’ailleurs. Par exemple, nous savons que l’année 1634, fut pour les Ursulines de Tours une année d’élections, et de renouvellement des charges de la maison (Archives départementales d’Indre-et-Loire. Série H. Ursulines de Tours). En outre, dans la première lettre qu’elle adressera à Mme de la Peltrie, en novembre 1638, Marie de l’Incarnation lui assurera qu’il y a déjà cinq ans qu’elle attend l’heure de suivre sa vocation (voir plus loin la Lettre XLIII), et dans sa Relation de 1654, lors de son premier contact avec la terre canadienne à Québec, août 1639, elle notera qu’elle reconnut dans ce grand pays celui qui lui avait été montré six ans plus tôt. Ces deux données nous reportent à 1633 pour le songe du Canada. Il y a donc là encore concordance entière avec la date de 1633, à laquelle nous ramenait l’étude des pièces mentionnées ci-dessus.

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