XX. — A Dom Raymond de St-Bernard
v pp. 337-338.
. Pensez-vous, mon Révérend Père, que le retardement du voyage nous fasse perdre nos prétentions ? Je suis un peu craintive et j’ai peur que Notre-Seigneur
6. On ne sait rien de plus de ce religieux. Le Registre des Bienfaiteurs des Ursulines de Québec mentionne à deux ou trois reprises les dons en nature d'un Dom Claude de Saint-Pierre. C’est peut-être le Feuillant dont il est question ici, et qui ne passa pas plus au Canada que Dom Raymond.
7. Allusion au Feuillant de Tours qui avait contribué à arrêter le départ de Dom Raymond. Après avoir pensé un moment se consacrer en personne aux missions de la Nouvelle-France, il s’était ravisé ( Écrits II, pp. 331-333).
8. Ces quarante Martyrs étaient quarante soldats de l’armée de Licinius qui avaient été condamnés pour la religion chrétienne à périr de froid, au cœur de l’hiver, sur un étang glacé. A proximité de l’étang, où ils étaient exposés nus, on avait disposé des bains chauds, où ils pouvaient se réfugier et échapper à la mort, en sacrifiant aux dieux. Le gardien de ces bains, — le Portier — qui surveillait la scène du supplice, vit soudain un ange apparaître dans le ciel, porteur de trente-neuf couronnes, et tout aussitôt l’un des soldats, vaincu par la souffrance, quitter le groupe des confesseurs de la foi, pour chercher son salut dans l’apostasie. Comprenant alors le sens de sa vision et touché par la grâce, le Portier alla prendre sans retard la place de l’infidèle et s’acquit ainsi «la couronne du dernier des Quarante Martyrs ». La scène se passa à Sébaste, en Arménie au IVe siècle. Les Quarante Martyrs sont fêtés par l’Église le 10 mars. Évidemment, c’est avec une pointe d’humour que la Vénérable Mère assimile ici les deux Feuillants, l’un au martyr manqué et l’autre au martyr de la dernière heure.
Lettre XX. — V reproduit ce fragment sans date. Pour les raisons que nous venons d’indiquer, nous croyons pouvoir le placer en 1635 et avant la date du 29 novembre. Marie de l’Incarnation, qui conservait toujours l’espoir de partir par la prochaine flotte, n’avait pas encore reçu la lettre où Dom Raymond l’avisait qu’il fallait renoncer définitivement à leur projet (lettre du 29 novembre 1635).
CORRESPONDANCE
ne veuille plus de moi. Je vous prie, pour l’amour de lui, de me dire ce que vous en pensez et si vous croyez qu’il ne me rebutera pas à cause de mes imperfections. Je tâche de les corriger, mais, hélas ! je ne fais que retomber. De la part de Dieu, je suis pleine de confiance ; il n’y a que moi, de qui je me défie, et je vous prie de me consoler en cette disposition, car elle est bien crucifiante. Et pourtant, nonobstant tout cela, mon âme est plus constante que jamais dans la résolution que j’ai témoignée à votre Révérence, et il me semble que je ne me sens de la vie que pour obéir à mon Dieu, mon Époux...
(De Tours, octobre-novembre 1633 ?)