XXXIV. — A Dom Raymond de St-Bernard
V fragment, pp. 349-35°-
. C’est avec candeur que je vous fais le récit de mes
pensées et de mes sentiments, que je vois de plus en plus dans la fermeté ; et je ne puis comprendre comme un dessein conçu depuis si longtemps dans mon esprit y demeure sans altération ni changement. Parmi même les raisonnements de plusieurs choses qui me pourraient mortifier et m’en donner du dégoût, je m’y trouve stable avec la résolution de mourir plutôt que de changer ce que je me suis promis de faire pour l’amour de Jésus dans le temps de son ordonnance. Je crois fermement que mon divin Jésus me donnera tout le secours nécessaire à cette haute entreprise, car il est amour et trop bon pour ne pas aider ceux qui espèrent en lui. C’est en cela que consiste ma paix et dans ma résolution de lui être fidèle .
(De Tours, novembre i63j-octobre 1638 ?)
avec Québec avant le printemps ou l’été de 1637, mais de plus la résidence de la Conception datait seulement d’avril-juin 1637, et le P. Garnier n’y arriva qu’au milieu de ce dernier mois. RJ 1637 (Q 178; C XIV, 106). Le P. Chastelain était demeuré à Ihonatiria. Il avait sans doute confié sa lettre au P. Garnier. Et ce fut un autre missionnaire, le P. Pierre Pijart qui, descendant sur la fin de juin à Québec, emporta le courrier de ses confrères (Q 178-179 ; C XIV, 108).
Lettre XXXIV. — Non datée dans V, mais rattachée aux lettres et aux épisodes de 1637 et 1638.
« Les Pères des Hurons avaient bien mandé (à la Mère de l’Incarnation) le dessein du R. P. Le Jeune, mais ils ne lui avaient rien dit des moyens qu’il pourrait prendre pour l’exécuter. C’est pourquoi, elle attendait en aveugle la disposition de la divine Providence... Cependant rien ne s’exécutait, et deux ans entiers se passèrent... sans entendre parler de rien, sinon qu’elle s'entretenait de lettres avec la plupart (!) des missionnaires et qu’elle les accompagnait en esprit dans leurs travaux, faisant par avance en désir ce qu’elle se proposait d’accomplir un jour en effet. D’où vient qu’étant déjà en quelque façon en l’exercice de sa vocation, ce long retardement ne diminuait point sa ferveur, mais plutôt il l’augmentait de jour en jour, ainsi qu’elle l’écrit dans une lettre. » Cette lettre, c’est justement celle dont V reproduit le fragment que nous donnons ci-dessus, et V la fait suivre immédiatement, sans transition ni indication de provenance et de temps, d’un fragment de la lettre du 19 mars 1637 (Lettre XXIX).
DE MARIE DE L’INCARNATION
XXXV-XXXVI. — Les Pères Charles Garnier et Pierre Chastelain a Marie de l’Incarnation
Ils lui font le récit de leurs travaux dans la Mission des Hurons et des dangers auxquels ils ont échappé lors d’une persécution qui avait été soulevée contre eux.
(Avril-juin 1638.)
XXXVII. — Le P. Nicolas Adam, de la Compagnie de Jésus, a Marie de l’Incarnation
Il lui parle du progrès de la foi dans la Nouvelle-France, et lui fait le récit d’un tremblement de terre qui a effrayé les Sauvages de ces lieux.
(De la résidence de Notre-Dame des Anges, près Québec, juillet-septembre 1638.)
Lettres XXXV-XXXVI. — Connues par une citation de la lettre historique III de L (pp. 309-311). (Voir plus bas la lettre XXXIX).
Lettre XXXVII. — Également connue par la même source.
Nicolas Adam, parti de Dieppe par la même flotte que les Pères Garnier et Chastelain, mais sur le vaisseau de M. de Courpon, était arrivé à Québec, comme eux, le 11 juin 1636. Désigné pour la Mission de Québec, il réside à Notre-Dame des Anges, où deux mois après son débarquement, à la suite d’une fièvre maligne, il est paralysé des pieds et des mains. On lui parle de le renvoyer en France avec la flotte. Mais il proteste « qu’il est venu ici pour y donner sa vie à Notre-Seigneur et aux âmes qu’il a rachetées ; qu’il est prêt d’obéir ; mais que le sentiment de son cœur serait de ne point reculer et d’aller au ciel du haut de la Croix où Dieu l’a mis ». Le Jeune le garde donc : « Son exemple, dit-il, nous instruira et sa patience obtiendra de nouvelles bénédictions sur ces déserts. » RJ 1636 (Q 2 et 74 ; C VIII, 220 et 294-296). A moitié guéri durant les froids de l’hiver suivant, après une neuvaine à la sainte Vierge et à sainte Anne, il est employé à l’instruction des Français amenés comme engagés par les flottes de France. Dans cette population « mêlée comme la monnaie d’or et de faux aloi », il fait beaucoup de fruit. RJ *637 (Q 6-7; C XI, 62-64). Usera encore à Québec, quand Marie de l’Incarnation y arrivera. Ses infirmités persistant, il repassera en France en 1641.
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CORRESPONDANCE