LUI. — A UN DE SES FRÈRES
L pp. 317-318, Lettre historique IX. — R XXIV.
Mon très cher frère,
La vie et l'amour de Jésus soient votre partage !
C’est sans remise1 qu’il nous faut quitter la France pour passer dans le nouveau monde, où Dieu n’est quasi point connu, sinon d’une petite troupe de saints qui travaillent à le faire connaître. Les bontés infinies du Roi du Ciel ont bien voulu se répandre sur moi, et lui-même a bien voulu me choisir pour y aller habiter. C’est par sa miséricorde qu’il veut se servir du plus chétif instrument qui soit sous le Ciel. Aidez-moi à bénir son aimable Providence entre les bras de laquelle je m’abandonne pour vivre ou pour mourir, soit sur la mer soit dans le fort de la barbarie, car tout m’est égal dans son adorable volonté.
C’est donc à ce coup que je vous dis adieu pour jamais, puisque les vaisseaux sont prêts et que nous allons nous embarquer la semaine prochaine, si la tourmente ne nous retient2. Oh ! qu’il me tarde que je n’aie déjà fait le sacrifice de ma vie ! Dans le désir que j’en ai, il me semble qu’au milieu des dangers, je serai plus sûre
Dieppe pour arranger l’affaire. De là, il écrivit aux parents de Marie de St- Joseph pour les rassurer. Douze jours étaient certainement trop courts pour cette correspondance de Dieppe à Paris et de Dieppe à Angers. Que le fragment de V soit tiré de la lettre de Marie de l’Incarnation à Dom Raymond sur ce contretemps, ou surtout qu’il provienne d’une lettre antérieure de quelques jours à cette dernière, le 23 avril est une date inacceptable. Nous croyons que la lettre présente, quelle qu’elle ait été, a été écrite dès l’arrivée à Dieppe, entre le 6 et le 12 avril.
Lettre LIII. — R qui n’avait pas regardé les Registres paroissiaux de Tours et qui ne connaissait à la Vénérable Mère que les trois sœurs dont elle parle dans sa Relation de 1654 ( Écrits II, p. 282), s’est cru autorisé à corriger L. Il fait adresser la lettre à « un de ses beaux-frères ». Rectification malheureuse, comme d’autres d’ailleurs du même auteur. Nous croyons qu’il pourrait s’agir ici du frère aîné de Marie de l’Incarnation, Hélye, le deuxième enfant des époux Guyart (1).