‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 82 sur 239 · L’original portait certainement : Il en soit béni · texte numérisé non relu

L’original portait certainement : Il en soit béni

6. En montagnais, en algonquin, en huron et aussi en français.

7. Le lendemain de leur débarquement à Québec, les Ursulines et les Hospitalières furent conduites à la résidence de Sillery, où les Pères Vimont, Poncet et Chaumonot procédèrent aussitôt à quelques baptêmes de Sauvages. Madame de la Peltrie y fut marraine. Elle « ne se pouvait soûler, écrit le P. Le Jeune, de voir la dévotion de ces bonnes gens » RJ 1639 (Q 4 et 8 ; C XV, 228 et XVI, 18).

8. Le nombre des Sauvages baptisés tant « en extrémité de maladie, avec une instruction assez légère mais suffisante pour recevoir (le) sacrement en cet état, (qu’) en pleine santé après avoir été bien instruits ès principaux et plus nécessaires articles de notre créance... (s’élève) au nombre de quatre cent cinquante ou envi-

DE MARIE DE L’INCARNATION

de prier pour la conversion des autres, qui sont en grand nombre, parce qu’il y a des nations presque infinies qui ne connaissent point Jésus-Christ. Nous sommes venues avec les ouvriers de l’Évangile, qui vont tâcher de les attirer à la connaissance de son nom et de sa sainte loi. Enfin nous sommes tous ici pour un même dessein. Dieu nous veuille remplir de son esprit, afin que nous y puissions réussir pour la plus grande gloire du Maître de la vigne, qui est Jésus, dans lequel je serai toute ma vie votre * * * * 9...

De Québec, le ieT septembre 163g.

LIX. — La Mère Cécile de Ste-Croix a la Supérieure des Ursulines de Dieppe

Archives départementales de la Seine-Inférieure. Série D. Collèges. Ursulines de Rouen. Liasse 403. — Lettre publiée pour la première fois par les Recherches de Science religieuse , Tome VII, 1917, pp. 100-110. Éditée aussi parle Bulletin des Recherches historiques de Québec, 1926, Tome XXXII, pp. 549-561. Nous reproduisons le texte de l’original, mais avec l’orthographe et la ponctuation modernes.

Ma Mère très chère,

La paix et amour de Notre-Seigneur !

J’avais proposé de garder votre lettre à écrire la dernière, afin de donner tout le temps, mais j’ai vu que j’en avais si peu que j’ai tout quitté le reste. Je n’ai point assez de mortification pour vous

ron, comprenant les Hurons qui font bien la plus grande partie » RJ 1639 (Q 16

et 66-67 •’ C XVI, 58 et XVII, 60-62). Les baptêmes dans les deux résidences des

Jésuites aux Hurons montaient pour l’exercice 1638-1639 à 247 ; c’étaient sur¬

tout des baptêmes in extremis (Q 66-67 >' C XVII, 60-62).

9. Cette lettre, la seule qui nous reste de la correspondance de Marie de l’Incarnation en 1639, accompagnait des récits plus développés, sortes de relations de caractère général et destinées à passer de mains en mains dans la famille et parmi les connaissances de Tours.

Lettre LIX. — Les Ursulines de Dieppe, fondées en 1624 par les Ursulines d’Eu (Seine-Inférieure), appartenaient à la Congrégation de Paris. Le couvent paraît avoir vécu assez longtemps dans un état voisin de la gêne. Il n’en fut pas moins, à partir de 1639, un bienfaiteur du couvent plus pauvre encore de Québec. A défaut des biens temporels, les Ursulines de Dieppe, disent les Chroniques de l’Ordre, s’efforcèrent «d’acquérir de plus en plus les richesses spirituelles... .cultivant les belles vertus de simplicité et d’humilité, en sorte qu’elles se tiennent les plus petites de l’Ordre et pour ce sujet y doivent être les plus estimées » (T. I, p. 219).

Ces traits généraux de la physionomie du couvent de Dieppe conviennent en

CORRESPONDANCE

écrire si en bref, sachant d’ailleurs que vous attendez cette lettre avec impatience, et que je vous prierai bien de me faire acquitter* 1 de celles qui me resteront nécessaires, comme à M. de la Tour.

Je vous écrivis sur la mer, environ à cent cinquante lieues de Dieppe, par les pêcheurs. Je ne sais si vous avez reçu la lettre. Dieu merci, nous avons été préservées du danger des navires que je vous mandais2, mais nous en avons bien encouru d’autres, que je vous dirai. Il m’a souvent passé par l’esprit, spécialement durant le mal de la mer, qui est ce en quoi j’ai le plus souffert et qui a le plus longtemps duré. Je tâcherai de bien vous dire tout, afin que vous vous y attendiez quand vous en viendrez là.

Pour ce qui est de la nourriture, en quoi pour l’ordinaire on endure beaucoup sur mer et de quoi j’ai ouï plusieurs se plaindre, nous avons été exemptes de cela et beaucoup mieux traitées que nous n’eussions été en notre maison3, particulièrement pendant que nous avons été dans le navire de M. Bontemps4, qui avait donné ordre qu’on ne nous refusât aucune chose de ce que nous demanderions. C’est, Dieu merci, la moindre mortification que l’on a que le manger. Je l’ai expérimenté : nous nous sommes vues plus contentes avec de la molue 5 sans beurre que [si] nous restions dans l’abondance des viandes. Il m’a, dis-je, souvent passé par l’esprit que c’est autre chose d’expérimenter les incommodités de la mer que d’en ouïr parler seulement. Quand on se voit à deux doigts de la mort, on se trouve bien étonné. Je pense bien que toutes les autres qui ont plus de mortification que moi passeront cela plus doucement ; mais aussi je vous dis mon infirmité. Un grand bien est que quand cela est passé, il ne reste que de la joie de s’être vue en danger pour Dieu. On ne voudrait pas n’y avoir point été; il semble que Notre-Seigneur donne cela pour récompense, et n’était [ce] que mon immortification vous

particulier à la Mère Cécile de Ste-Croix, celle de ses religieuses qui se joignit généreusement à Marie de l’Incarnation et à Marie de St-Joseph pour aller fonder le monastère de Québec. D’elle, nous ne savons rien, avant que Marie de l’Incarnation ne nous en parle. Elle devait mourir en 1687, à l’âge de 78 ans (Annales manuscrites des Ursulines de Québec). Elle serait donc née vers 1609. Elle comptait sans doute déjà quelques années de profession au moment de son départ. C’était une personne de naissance et de moyens modestes, mais douée d’un bon jugement ; une âme très effacée, se portant d’instinct aux besognes obscures, et d’une grande fidélité à l’observance.

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