LX. — Au P. Paul Le Jeune, de la Compagnie
de JÉSUS
RJ 1640 (Q 47-48; C XIX, 50*54)» fragment.
IL me serait impossible de vous dire la consolation qu’a reçue mon esprit d’avoir eu le bonheur de voir cette semaine tant d’âmes qui ont reçu le saint baptême et que Notre-Seigneur nous ait fait ce bien qu’elles aient été instruites en notre petite chapelle. Aujourd’hui notre joie a recommencé, lorsque nous avons vu chez nous les filles et les femmes chrétiennes qui doivent partir pour suivre leurs parents à la chasse1. Nous les avons traitées trois fois cette semaine, mais de bon cœur2. Mon Révérend Père, il semble que ces bonnes gens portent le paradis avec eux ; aussi, sont-ce des âmes fraîchement lavées dans le Sang de l’Agneau. Mais que vous dirai-je de nos séminaristes ? Madeleine Amiskoueian 3 est en ses mœurs comme si elle avait été élevée parmi nous ; il ne se peut voir une humeur plus douce et plus flexible ; elle fait tenir toutes ses compagnes en leur devoir, elle goûte grandement bien les choses de
Lettre LX. — i . Ce trait peut nous servir à fixer approximativement la date de cette lettre. C’est en janvier que les Sauvages de Sillery quittaient la réduction pour s’enfoncer dans les bois à la chasse de l’orignal. Aussi, bien que le fragment ne soit pas cité le premier par le P. Le Jeune, nous lui donnons ici la première place, en lui assignant, sous toutes réserves, la date de la mi-janvier.
2. De bon cœur, car cela représentait pour les maigres ressources des Ursulines une lourde dépense.