‹ Ecrits sur la musiqueChapitre 38 sur 50 · STR LA MTISIQVE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

STR LA MTISIQVE FRANÇAISE

opposé presque en tout à celui qui y est en usage; qu'il doit rouler entre de fort petits inlervallesj n'élever ni n'abaisser beaucoup la voix; peu de sons soutenus , jamais d'éclats , encore moins de cris; rien surtout qui ressemble au chant; peu d'inégalité dans la durée ou valeur des notes, ainsi que dans leurs degrés. En un mot, le vrai récitatif français, s'il peut y en avoir un, ne se trouvera que dans une route directement contraire à celle de LuUi et de ses successeurs; dans quelque route nouvelle qu'assurément les compositeurs français, si fiers de leur faux savoir, et par conséquent si éloignés de sentir et d'airner le véritable, ne s'aviseront pas de chercher sitôt, et que probablement ils ne trouveront jamais.

Ce serait ici le lieu de vous montrer, par l'exemple du récitatif italien, que toutes les conditions que j'ai supposées dans un bon récitatif pevivent eu effet s'y trouver; qu'il peut avoir à la fois toute îa vivacité de la déclamation et toute l'énergie de l'harmonie ; qu'il peut marcher aussi rapidement que la parole , et être aussi mélodieux qu'un véritable chant; qu'il peut marquer toutes les inflexions dont les passions les plus véhémentes animent le discours, sans forcer la voix du chanteur, ni étourdir les oreilles de ceux qui écoutent. Je pourrais vous montrer comment, à l'aide d'une marche fondamentaleparticulière, on peut multiplier les modulations du récitatif d'une manière qui lui soitpropre, et qui contribue à le distinguer des airs, où, pour conserver les grâces de la mélodie , il faut changer de ton moins fréquemment; comment surtout, quand on veut donner à la passion le temps de déployer tous ses mouvemens, on peut , à l'aide d'une symphonie habilement ménagée, faire exprimer à

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l'orchestre, par des chants patliétiques et variés y ce que racfeur ne doit que réciter ; chef-d'œuvre de Tart du musicien, par lequel il sait, dans un récitatif obligé (i) , joindre la mélodie la plus touchante à toute la véhémence de la déclamation, sans jamais confondre l'une avec l'autre : je pourrais vous déployer les beautés sans nombre de cet admirable récitatif, dont on fait en France tant de contes aussi absurdes que les jugemens (|u'on s'y mêle d'en porter; comme si qiiel([u'un pouvait prononcer sur un récitatif, sans connaître à fond la langue à laquelle il est propre. Mais, pour entrer dans ces détails, il faudrait, pour ainsi dire , créer wn nouveau dictionnaire, inv^^nter à chaque instant dci termes pour oflVir aux lecteurs français des idées inco!inues parmi eux, et leur tenir des discours qui leur paraîtraient du galimatias. En un mot , pour en être compris, il fau'iait leur parler im langage qu'ils entendissent, et par consécpicnt descieneeset d'arls de tout genre, excepté la seule nuisi(pie. Je n'entrerai donc point sur celte matière dans un détail alTecté qui ne servirait de rien pour l'instruction des lecteurs, et sur lequel ils pourraient présumer que je ne dois qu'à leur ignorance en cette partie la force appaiente de mes preuves.

Par la même raison je ne tenterai pas non plus le parallèle qui a été proposé cet hiver , dans un écrit adressé au petit Prophète et à ses adver-

(i) J'avais espéré que If sieur Caffirclli nou^ donnerait, au concert srir'tucl, quelque morceau fîe g. and récifaliiet de cliant pathétique, pour faire entendre une fois ;ius prctendus connaisseui-s ce qu'ils juge ni d<pu;s si bnî temps ; mais . sur S"S raisons pour n'en rien faire, j'iii trouvé qu'il connaissait eucore mieux que moi la portée de ses audileurs.

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saires, de deux morceaux de musique, l'un italien et l'autre français, qui y sont indiqués. La scène italienne, confondue en Italie avec mille autres chefsd'œuvre égaux ou supérieurs, étant peu connue à Paris, peu de gens pourraient suivre la comparaison, et il se trouverait que je n'aurais parlé que pour le petit nombre de ceux qui savaient déjà ce que j'avais à leur dire. Mais, quant à la scène française, j'en crayonnerai volontiers Tanallse, avec d'autant plus de plaisir, qu'étant le morceau consacré dans la nation par les plus unanime*, suffrages y je n'aurai pas à craindre qu'on m'accuse d'avoir mis de la partialité dans le choix , ni d'avoir voulu soustraire mon jugement à celui des lecteurs par un sujet pevi connu.

Au reste, comme je ne puis examiner ce morcean sans en adopter le genre, au moins par hypothèse, c'est rendre à la musique française tout l'avantage que la raison m'a forcé de lui ôtrr dans le cours de celte lettre; c'est la juger sur ses propres règles: de sorte (pie quand cette scène serait aussi parfaite qu'on le prétend, on n'en' pourrait conclure autre chose, sinon ([ue c'est delà musique française bien faite; ce qui n'empêcherait pas que , le genre étant démontré mauvais, ce ne fut absolument de mauvaise musique. 11 ne s'agit donc ici que de voir si l'on peut ladmeltre pour bonne , au moins dans son genre.

Je vais pour cela tâcher d'analiser en peu de mots ce célèbre monologue d'A«.ni;]e, Enfin il est en ma puissance, qui passe pour un chef d'oeuvre de decl.niation , et que les maîtres donnent euxmêmes poiir le modèle le plus parfait du vrai récitatif français.

Je remarqvie d'abord que M. Rameau l'a cité ,

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avec raison, en exemple d'une modulation exacte et très-bien liée : mais cet éloge, appliqué au morceau dont il s'agit, devient une véritable satire, et M. Rameau lui-même se serait bien gardé de mériter une semblable louange en pareil cas; car que peut -en penser de plus mal corçu qiie ce'te régularité scolastique dans une scène où Temportenicnt, la tendresse , et le contraste des passions opposées , mettent l'actrice et les spectateurs dans la plus vive agitation? Arniide furieuse vient poignarder son ennemi. A son aspect, elle hésite, elle se laisse attendrir, le poignard lui tombe des mains ; elle oublie tousses projets de vengeance, et n'oublie pas un seid instant sa modulation. Les réticences, les interruptions, les transitions intellectuelles que le poëte offrait au musièien, n'ont pas été une seule fois saisies par celui-ci. L'héroïne finit par adorer celui cju'elle voulait égorger au commencement; le musicien finit en E si mi , comme il avait commencé, sans avoir jamais quitté les cordes les plus analogues au ton principal, sans avoir mis une seule fois dans la déclamation de l'.iclrice la moindre inflexion extraordinaire qui fît foi de l'agitation de son ame, sans avoir donné la moindre expression à l'harmonie : et je défie qui que ce soit d'assigner par la musique seule, soil dans le ton , soit dans la mélodie, soit dans la déclamation , soit dans Taccompagnement, aucune difîérence sensible entre le commencement et la fin de cette scène, par où le spectateur puisse juger du changement prodigieux qui s'est fait dans le cœur d'Armide.

Observez cette basse- continue : que de croches ! que de petites notes passagères pour courir après la succession harmonique! Est-ce ainsi que marche la basse d'un bon récitatif, où l'on ne doit entendre

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tfue de grosses notes, de loin en loin , le plus rarement qu'il est possible , et seulement pour empêcher la voix du récitant et l'oreille du spectateur de s'égarer?

Mais voyons comment sont rendus les beaux vers de ce monologue, qui peut passer en effet pour un chef-d'œuvre de poésie.

Enfin il est en ma puissance....

Voilà un trilte (i) » et, qui pis est, nn repos absolu dès le premier vers, tandis que le sens n'est achevéqn'au second. J'avoue que le poëteeût pentêtre mieux fait d'omettre ce second vers, et de laisser aux spectateurs le plaisir d'en lire le sens dans l'ame de l'actrice; mais puisqu'il l'a employé , c'était au musicien de le rendre.

Ce fatal ennemi , ce superbe vainqueu r ! ■ -'

Je pardonnerais peut-être au musicien d'avoir mis ce second vers dans un autre ton que le premier , s'il se permettait un peu plus d'en changerdans les occasions nécessaires.

Le charme du sommeil le livre à ma vengeance.

Les mots de charme et de sommeil ont été pourle musicien un piège inévitable : il a oublié la fureur d'Armide, pour faire ici un petit somme , dont il se réveillera au mot percer. Si vous croyez que c'est par hasard qu'il a employé des sons doux sur le premier hémistiche, vous n'avez qu'à écouter la

(i) Je suis contraint de franciser ce mot, pour exprimer le battement de gosier que les Italiens appellent ainsi, parce que, me trouvant à chaque instant dans la nécessité de me servir du mot de cadence dans une autre acception, il ne m'était pas possible d'éviter autrement des équivoques continuelles.

basse : Liilli n'était pas homme à employer de ces dièbes pour rien.

Je vais percer son invincible cœur.

Que cette cadence finale est ridicule dans un mouvement aussi imj élucux! Que ce trille est froid et de mauvaise grâce! qu'il est mal placé sur une syllabe biève. dans un rétilatif (jui devrait voler, et au milieu d'un transport ^iolent !

Par lui tous mes captifs sont sortis d'oîclavage : Qu'il éprouve toute ma rage.

On voit qu'il y a ici vine adroite réticence du poëte. Armide, après avoir dit qu'elle va percer l'invincible coeur de Renaud, senl dans le sien les premiers m(»uveniens de lapiîié, ou plutôt de l'amour; elle eherebe des raisons pour se raffermir, et cette transition inlelltcluelle amène fort bien ces deux vers, qui . sans ce!a , se lieraient mal avec les précédetis, et deviendraient une ré[>étition toutà-fait supeiiluc de ce qui n'est ii^noré ni de l'av-trice ni des spectateurs.

Voyons maintenant comment le musicien a exprimé cette maicbe secrète du cœur d'Armide. 11 a bien vu qu'il fallait nutiie un intervalle entie ces deux vers et les préeédens, et il a fait un silence qu'il n'a rempli de rien, dans un moment où Armide avait tant de choses à sentir, et, par conséquent, l'orchestre à exprimer. Après cette, paise , il recommence exactement dans le même ton. sur le même accord , sur la même note par où il vient de fuiir, passe successivement par tous les sons de l'accord durant une mesure entière, et quitte enlui avec peine, et dans un moment où cela n'est plus nécessaire, le ton autour duquel il vient de tourner si nïal à proj)OS.

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Quel trouble me saisit ? Qui me l'ait hésiter ?

Autre silence, et puis c'est tout. Ce vei*s est dans le même ton, presque dans le même accord que le précédent. Pas une altération qui puisse indiquer le changement prodigieux qui se fait dans l'ame et dans les discours d'Armide. La tonique, il est vrai, devient dominante par un mouvement de basse. Eh dieux! il est bien question de tonique et de dominante dans un instant oîi toute liaison harmonique doit être interrompue, où tout doit peindre le désordre et l'agitation ! D'ailleurs, une légère altération qui n'est que dans la basse peut donner plus d'énergie aux inflexions de la voix , mais jamais y suppléer. Dans ce vers, le cœur, les yeux, le visage, le geste d'Armide , tout est changé, hormis sa voix: elle parle plus bas, maiselle garde le même ton.

Qu'est-ce qu'en sa faveur la pitié me veut dire? Frappons.

Comme ce vers peut être pris en deux sens différens , je ne veux pas chicaner Lulli pour n'avoir pas préféré celui que j'aurais choisi. Cependant il est incomparablement plus vif, plus animé, et fait mieux valoir ce qui suit. Armide, comme Lulli la fait parler, continue à s'attendrir en s'en demandant la cavise à elle-même :

Qu'est-ce qu'en sa faveur la pitié me veut dire ?

Puis tout d'un coup elle revient à sa fureur par ce seul mol :

Frappons.

Armide indignée, comme je la conçois, après avoir hésité , rejette avec précipitation sa vaine

pitié, et prononce vivement et tout d'une haleine", en levant le poignard :

Qu'est-ce qu'en sa faveur la pitié me veut dire ? Frappons.

Peut-être Lulli même a-t-il entendu ainsi ce vers, quoiqu'il l'ait rendu autrement : car sa note décide si peu la déclamation, qu'on lui peut donner sans risque le sens que l'on aime le mieux.

Cieli qui peut m'arrêler?

Achevons... Je frémis. Vengeons nous... Je soupire.

Voilà certainement le moment le plus violent de toute la scène; c'est ici que se fait le plus grand combat dans le cœur d'Armide. Qui croirait que le musicien a laissé toute cette agitation dans le inème ton, sans la moindre transition intellectuelle, sans le moindre écart harmonique, d'une manière si insipide, avec une mélodie si peu caractérisée et une si inconcevable maladresse, qu'au lieu du dernier vers que dit le poëte,

Achevons... Jefrémis. Vengeons- nous... Je soupire. le musicien dit exactement celui-ci :,

Achevons, achevons. V^engeons-nous , vengeons-nous.

Les trilles font surtout un bel effet sur de telles paroles , et c'est une chose bien trouvée que la cadence i»arfaite sur le mot soupire'.

Est-ce ainsi que je dois me venger aujourd'lmi? Ma colère s'éteint quand j'approche de lui.

Ces deux vers seraient bien déclamés s'il y avait plus d'intervalle entre eux , et que le second ne finît pas p «r une cadence parfaite. Ce» cadences parfaites sont toujours la mort de l'expression, sur-

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tout dans le récitatif français , où elles tombent si lourdement.

Plus je le vois, plus ma vengeance est vaine.

Toute personne qui sentira la véritable déclamation de ce vers jugera que le second hémistiche est à conUe-sens; la voix doit s'élever sur ma vengeance , et retomber doucement sur vaine.

Mon bras tremblant se refuse à ma haine.

Mauvaise cadence parfaite, d'autant plus qu'elle est accompagnée d'an trille.

Ah 1 quelle cruauté de lui ravir le jour I

Faites déclamer ce vers à mademoiselle Damesnil , et vous trouverez que le mot cruauté sera le p. us élevé, et que la voix ira toujours en baissant jusqu'à la fin du vers. Mais le moyen de ne pas faite poindre le jour ! je reconnais là le musicien.

Je passe, pour abréger, le reste de cette scène, qui n'a plus rien d'intéressant ni de remarquable que les contre-sens ordinaires et des Irilles continuels, et je finis par le vers qui la termine.

Que , s'il se peut, je le haïsse.

Cette parenthèse, s'il se peut, me semble une épreuve suiïisante du talent du musicien : quand on la trouve sur le même ton , sur les mômes notes que Je le haïsse, il esl bien difficile de ne pas sentir combien Lulli était peu capable démettre de la musique sur les paroles du grand homme qu'il tenait à ses gages.

A l'égard du petit air de guinguette qui est à la fin de ce monologue, je veux bien consentir à n'en rieu dire; et s'il y a {uieliues amateurs de la musique française qui connaissent la scène italienne

qu'on a mise en parallèle avec celle-ci, et surtout rair impétueux, pathétique et tragique qui la termine , ils me sauront gré sans doute de ce silence. Pour résumer en peu de mots mon senliment sur le célèbre monologue, je dis que si on l envisage comme du chant , on n\ trouve ni mesure, ni caractère, ni mélodie; si l'on veut que ce soit du récitatif, on n'y trouve ni naturel, ni expiession : quelque nom qu'on veuille lui donner, on le trouve rempli de sons fdés, de trilles et autres ornemens du chant, bien plus ridicules encore dans une pareille situation, qu'ils ne le sont cornxmmément dans la musique française. La modulation en est régulière, mais puérile par cela même, scolastiqne, sans énergie , sans affect.on sensible. L'accompagnement s'y borne à la basse-conUnue , dans «ne situation où toutes les pu.ssances de la n.usique doivent être déployées: et cette basse es plutôt celle qu'on ferait mettre à un -oher sous sa leçon de musique , que l'accompognement d une vive ;cèn. d'opéra, dont rharmonie doit être cho.MC et appliquée avec un discernement exquis pour rendre la déclamation plus sensible et l'expression plus vi^e. En un mot, si l'on s'avisait d'exécuter la musique de cette scène sans y joindre les paroles, sans cH 1 ni gesticuler, il ne serait pas possd.le d y r.en démêler d'analogue à la situation qu'elle veut peinare et au ser^-Jcu^ qu'elle veut exprimer et tout la ne paraî.rait qu'une ennuyeuse suite de sons, modulée au hasard et seulement pour la faire da-

'"cependant ce monologue a toujours fait et je ne

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bras et le jeu de l'actrice, je suis persuadé que personne n'en pourrait souffrir le récitatif, et (ju'vine pareille niusiciue a grand besoin dvi secours des yeux pour êlre supportable aux oreilles.

Je crois avoir fait voir qu'il n'y a ni mesure ni mélodie dans la musique française, parce que la langue n'en est pas susceptible ; que le chant français n'est qu'un aboiement continuel , insupportable à toute oreille non prévenue; que l'harmonie en est brute, sans expression, et sentant uniquement son remplissage d'écolier; que lus airs français nesont point des airs; que le réciiatif français n'est point du récitatif. D'où je conclus que les Français n'ont point de musique et n'en peuvent avoir (1), ou que, si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux.

Je suis, etc.

(1) Je n'appelle pas avoir une musique , que d'emprunter celle d'une autre langue pour tâcher de l'appliquer à la sienne; et j'aimerais mieux que nous gardassions notre maussade et ridicule chant, que d'associer encore plus ridiculement la mélodie italienne à la langue française. Ce dégoûtant assemblage, qui peut-être fera dé.-ormais l'étude de nos musiciens, est trop monstrueux pour être admis, et Je caractère de uotre langue ne s'y prêtera jamais. Tout au plus , quelques pièces comiques pourront-elles passer en faveur de la symphonie; mais je prédis hardiment que le genre tragique ne sera pas même tenté. On a applaudi, cet été, à l'Opéra comique, l'ouvrage d'un homme de talent, qui parait avoir écouté la bonne musique avec de bonnes oreilles , et qui en a traduit le genre en français d'aussi près qu'il était possible : ses accompagemens sont bien imités sans être copiés; fct s'il n'a point fait de chant, c'est qu'il n'est pas possible d'en faire. Jeunes musiciens qui vous sentez du talent j continuez de mépriser en public la musique italienne, je sens bien que votre intérêt présent l'exige; mais hâtez-vous d'étudier eu particulier cette langue et cette musique , si vous voulez pou- Aoir tourner un jour contre voS camarades le dédain que vous afi'ectez aujourd'hui contre vos iBaitres,

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