‹ Écrivains et hommes de lettres (volume 3)Chapitre 9 sur 22 · STENDHAL · texte numérisé non relu

STENDHAL

5»nal\ lique qui a succédé à la première ardt ur du ruinantismc, et doQt Balzac restera comme l'expression la plus vivante et la plus élevée, Stendhal a fait sa tâche avec talent. Ce n'était pas un écrivain, un artiste regardant le monde à travers le liuu des serrures, et révélant ie Irutt de ses observations; c'était un hemme da monde, venant redire sur le seuil aux lettrés qui faisMent antichambre les confidences, les aveux, les secrets reçus, di ttiuverts, surpris d ms les salons. Mais avec quel mépris du stylo et de la langue cet houiiiie de po- Itce faisait ses rapports I Tout Tîntérét est dans le récit, dans le drame, dans les fait»; il se croirait compromis si Von pouvait l accuser dèuv un écrivain. Il avait des prclciiLiuiis à la critique, mais jugeait seulement les autres, et Vestimait audessus des règles.

La lecture de Stendliâl Psl falitrnnte; elle n'a iju'im iiihIi de dmDomtration. L*espnt, tenu en éveil par les conlideiiiH^s de Mt espion du grand monde, attend la péripétie, comme on attend un scandale en cour d'assises; mais aucun souffle ne rafraichit ui ne soulève l'âme. Cet huiame n'a pas d'idéal. Il aima'i' lnihir, à conspuer la société; mais il n'ouvre aucun hsfrileii aihdessif s de ces misères et de ces hontes. Balsac est fiii 11 supérieur et a bien mieux compris les conditions de l'analyee« 'Uaus les autopsier lus plus vives on voit comme une Imw AH bout de 80É scalpel, et il fait pénétrer un rayon d'or étàfètUd^é» ebtrailles qu'il met è nu. Stendhal a quelque chose de l auleur des LiuLou.) danijcn uscs ; il pourrait prendie|KWr épigraphe : « .Vni vu les mœurs de mon temps, et fià^ÊÊHit ae livre. » Mais il ne suffît pas de médire pour être liii ^r;)Tïd écrivain; et sans élan, sans idéalité, sans stv ie. un reste une individualité curieuse, étrange, mais suspecte; un se tti^fiiUletei^ une fois, mais on ne se fait pas relire, et surtout enne^ sé^ fait pas aimer.

Stendhal est donc uu hi>uiaii; de talent, un espnl hruud et a^UaM^'; mais Tengouement dont il est l'objet passera vite; H^fMM-tQÉHiU'dês hommes de lettres; mais il n'ira jamais

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jusqu'au vrai [ ul lii , (jui demande eu échange de sa sympathie plus d'élan et de cordialité.

Le livre auquel H. Monselet a ajouté une préface est une des premières compositions romanesques de Stendhal, ilrmance parut pour la première fois en 1827.

11 n'y a qu'une histoire d'amour au monde sur laquelle on brode des variations à l'infini, c'est leDépit asnmireux. Toute la iiuaiiceconsiste dans la faron dontonroniptla paille. Ai manœ rentre donc directement dans cette série, qui pourrait avoir pour second titre : Fa^de&'mUenàre. Une heure d'entretien à cœur ouvert entre les héros rendrait bien des romans impossibles; mais c'est précisément cet entrelien décisif qui est la difficulté : tant la franchise est peu compatible avec la nature humaine.

Armance eut un médiocre succès, et rindifférence avec laquelle cette œuvre, remarquable sous plus d'un rapport, fut accueillie, ne sera pas rachetée. Le caractère du héros» Octave de Halivert, le fait cousin de René, de Werther, d'A> dolphe, d'Obermann : c'est toujours celte nature mal à Taise qui finit par le suicide. Quelques scènes assez habiles, des ré-* vélations vraies sur le monde de la restauration, une certaine aigreur sarcasti(iue font tout le mérite de ce roman ; mais ce qui rend celte publication intéressante pour la critique, c'est le système d'après lequel M. Charles Monselet a conçu la pré* face, n y a là une tendance, une innovation, i\\x \\ est bon d exaiiuner et de juger.

11 est de tradition qu'un éditeur doit respecter assez le public pour ne lui offrir que des œuvres dont il puisse répondre sur sa conscience; et cette mode, exagérée quelquefois, donne lieu à des préfaces qui sont pour la plupart des panégyriques. M. Monseleti chargé du préambule, du boniment, si j'ose ainsi dire, s'est acquitté de sa tache avec une liberté d'allure à laquelle nous ne sommes pas habitués. La préface est une critique vive et peut-être bien fort méritée de btendiial eu général et à'Amance en particulier. Vl ne dore pas la pilule» il

STSUiDUAL

commence [>ar déclarer au yuhiic que ce livre est médiocre, puis arrivant au portrait de l'auleur, il le tniee de cette façon:

u Esprit taquin, geulilliomiiie sans blason, renégat de sa lâmille et de sa patrie jusqu'à prendre tous les noms et a vouloir se bire passer pour Ilaiien sur la pierre sacrée du tombeau, dilettante par volonté, diplomate avec un visage de droguiste, écrivain de corruption hésitante et de demi-courage, bientetUant chaque fois que la bienveillance donne raison à la vanité, toujours hors de sa place parce qu*il ne veut pas de place, amant sournois de la renommée qu'il attcad au coin d'une rue» Stendhal» puisqu'il veut qu'on le nomme ainsi» demeurera en effet un homme de mérite et de beaucoup de méiite; mais je i-iuiitt qu il rencontre la sympathie, que d'ailleurs il s'est orgueilleusement appliqué à ne jamais sollîciler. » ^ .

Le portrait est ressemblant. Mais, s'il entrait dans l'esprit de M. Monselet de le faire de cette façon, était-ce bien à l'éditeur de Stendhal de le publier et de le mettre en téte d'un de ses livrest II y a là, ce nous semble, une question de convenance qui a été méconnue. Que M. Monselet, encore une fois, consulté sur la valeur de i écrivain, ait crude sa conscience de répondre ainsi, rien de mieux à coup sûr» et ce n'est pas nous qui le blâmerons de sa franchise. Hais comment le libraire n'a-t-il pas vu qu'il était inouï de venir ainsi maltraiter un mort, chetlui» dans sa maison usurpée? Les revues» les journaux» . sont faits pour ces appréciations; mais n'y a-t-il pas du cynisme à venir dire au public, en lui présentant un livre : 1 Cette œuvre est médiocre; moi l'éditeur, je le dis, je le garantis» et cependant je la vends et je la fais acheter» tant je suis certain que le lecteur imbécile s'éprend des choses mauvaises; je spécule sur le mauvais goût» et j ai le courage de Tavouer. » Car c'est par ces paroles qu'il faut traduire cet acte inouï en littérature II y a dans un palreil fait un dédain» uu mépris des lecteurs qui passe évidemment les bornes.

im ECUiVAlii^S ET HOMMES DE LETTRES

iNous (îroyons qu'il est bon de protester contre un (pareil mode de procéder; il tend à introduire dans la librairie, qui n'a pas besoin de cet élément de corruption, un système de spéculation immorale. On en viendrait à stimuler la curiosité du lecteur eu lui dépravant le goût, et Ton trouverait piquant de lui faire acheter un livre par cela seul qu'on l'aurait prévenu que ee livre est mauvais. Nous cro3'ons que Tancienne coutume, en ménageant la pudeur publique, valait beaucoup mieux. Sans doute il y avait souvent des préfaces sottement louangeuses, mais il vaut mieux affecter la politesse que le sans-gêne, et laisser croire au public qu'on l'estime et qu^on. le respecte, que de lui rire ainsi au ue2 en lui gâtant par avance le plaisir de sa lecture.

Gela soit dit sans infirmer en rien le jugement de M. Cbarles Monselet, dont la critique reste entière, et qui a fait un excellent article, dont l'éditeur a eu la malencontreuse idée de faire une préface.

15 noveiiibic 1855.

M. IIIPPOLYTE CASTILLE

lllSTUlItL bt: LA SECOiSDË UÉPliUl.lUUE FRA^gAlSl:;.

Ce&i une tâche périlleuse que celle d*écrire l'bistoire de son temps. Mats Fécueil, selon nous, est encore moins dans la

partialité que dans une certaine façon <le fausser les points de vue et de dénaturer les faits, en cherchant à se mettre successivement, pour raconter, dans la situation des divers partis. J'aime bien mieux sentir dans Thislorien l'homme de sou temps, avec ses passions, ses colères, ses fièvres, ses préjugés, ses rancunés, que d'avoir à lire les pages d'un greffier soi-disant impartial qui évite toute couleur, tout relief, et qui, de peur (le se trahir, éteint si bien lueurs et éclairs, qu'on se trouve dans un crépuscule insupportable,, dont on sort troublé, inquiet, sans émotion franche, sans idée certaine. L'écrivain qui raconterait l'histoire de ces dernières années sans parti pris et sans passion n'aurait pas mérité le spectacle des grands combats d'idées qu*il a vus, et serait indigne des grandes choses qui se préparent. Hans un siècle où l'individualisme se mêle avec tant de violence aux grands courants populaires, on aime à sentir palpiter quelque chose dans le

cœur de celui qai raconte, et on lui en vent de son im|Nirtta-

lité, qui Q est que de Timpassibilité. MM. Lonis Blanc et Lamartine ont écrit des pages animées et vibrantes, le premier sur les dix premières années du règne de Louis-Phiiippe, le second sur les événements auxquels il a participé; et, en n'abdiquant dnns leur récit aucun des principes qui ont présidé à leur vie publique^ ces historiens ont fait une oBuvre vivante et vraie* Les concessions que leur bonne foi accorde à des adversaires sont des clartés soudaines qui aident à mieux dégager le sens providentiel des laits; et ils n'auiaient écrit qu'une légende suspecte, s'ils avaient eu à cœur de s'effacer empiétement et de substituer un point de vue conventionnel aux passions sincères qui les ont inspirés. L'ouvrier qui remue les pierres et le plâtre pour construire uu édilice ne peut à la fois monter à réchelie et se mettre à distance pour jouir des effets de perspective. Il maudit ta chaleur du jour, la pous* siôre, la fatigue, la dureté des compagnons, et il travaille. Uaisunsoir, quand tout sera fini, quand le soleid couchant embrassera le mppujïient entier, le passant qui Jouîva de lîaspect imposant de Tœuvre construite se rappellera les peines, les cris, les pleurs, les malédictions et les enthousiasmes des artisans maintenant endormij^i et saura dégager par la comparaison la vérité inaccessible aux vivants.

Nous ne ferions donc pas un reproche à M. Castille des colères et des raneuncb de son histoire, si nous ne trouvions que» dans son ardeur à juger les contemporains, il va au delà des bornes de son ressentiment et donne à l'idéal et à la conscience humaine le soufflet de Némésis qu'il destine aux hommes de ce temps-ci. ^ous comprenQns toutes les colères, toutes les désillusions; mais nous voulons que le vaincu, même en maudissant le drapeau qui l'a trompé, que la bataille a brisé dans ses mains, ne blasphème pas contre son propre héroïsme et ne désespère pas de la justice, parée qu'il désespère de sa cause. Pour écrire utilement Tbistoire^ on n'a . pas besoin d'avoir vfue cacarde ^ mais il faut croire au m^ins

M. HVPOLVTE GASmU M

à quelque chose de plus fort que 1 ambition et la cu^idiu*. Pour avoir le droit de médire de l*hima]iilé« il faut moatrer qu'on raime.

M. Caslille s'attache ou plutôt s'attaque trop aux personnes. Le coudoiemeat des célébrités avortées de 1848 lui cause uue.irrilabilité nerveuse qui l'empêche d'être juste, et (le s'élever à cette résignation contemplative de celui qui ne met j«uuais sa i^iojaliaace dans la parole des iiommes ni dans les événements politiques.

.En^ne voyant depuis 1789, dans la société française, que des naufra{jés de la Médiuw cherchant à se dévorer; en montnoit ies combattants de nos dernières luttes comme une meute gtû veut dévorer sa proie à belles demis; en faisani de Robespierre un homme d'Etat typique qui écrasait ranarchie par la terreur et par le comité de salut public; en riant d'un rire 31 aigu>de ce bon marquis de Lafayette qui fut, selon lui, la plus dangereux anarchiste; en ne vo\ nt dans Mirabeau qu'un impur génie tenté par Satan; en aflirmant que la révidution fut le tour des cadets, des opprimés, des orgueilleux, à&èiimbjUieux, deloute lacanaiUe qui suit la robede Jésus; en ne voyant dans le 24 février 1848 qu'une émeute d'avo» cats, M. Castille satisfait trop amplement les rancunes d'un es^it lier, souvent déçu; et en médisant de son époque» il ealemme l'humanité et la eonscience.

Ce livre est une nép^ation , cet acharnement contre les illaaioDS est aussi une guerre contre la foi. Ën voulant arracher les.floasques» l'auteur déchire les visages; il veut être sévère, il est mid ; il ne se croit d'aucun parti, et il est du plus dangereux de tous, du parti de la colère. Il se prétend équitable envers tout le monde parce qu'il ne ménage personne^ et larend son dénigrement universel pour de la justice. C'est là une grave erreur. J'aime mieux la trop fçrande bienveillance qui console, qui rassure, qui fait espérer; et je crois que, dans eea lempsf^oi» la génération qui vient a* plus besoin d'affirmer qiie de dealer.

m ÉCRIVAINS KY HC»IMKS M, LETTRES

Nous n'entrerons pas dans l'examen détaillt' de eo livre , ce que nous avons dil sufîitpour faire comprendre notre [)ensé6, et il y aurait quelque inconvénient à discuter des faits si près de nous. Ce que nous affirmons, c'est qu'écrit avec verve, avec une plume acre et colorée, ce récit a un aspect de vérité superficielle qui ne rend que plus pénibles les erreurs et les înjostices d'analyse.- Le portrait de îjafayette est finement et spirituellement fait, ({iioi(|ue sanioniifue. Mirabeau, Robespierre, sont dessinés avec vigueur; ce livre e^t plein de co* quetterie, et il y a de la grâce jusque dans l'arrangement des couleuvres de Némësîs.

L'objeciion priju ipale que nous avons opposée à l'inspiration de cette histoire pourrait se reproduire à chaque chapitre. C'est ainsi que Fauteur déclare que la question des banquets n été la grande cause delà chute d'une dynastie; et, s'il l'osait^ il dirait clairement que la ducliesse d'Orléans, pour obtenir la régence, a attisé, sinon complètement suscité llncendie. La chute de Louis-Philippe a été si peu l'œuvre d'nne coterie, que personne, pas mAme le National et la Hefaime, ne voulait la Képublique, et que c'est le peuple qui, en poussant ses chefs, a posé le grand problème. D'un autre côté, il est pnéril d'attribuer la réussite à telle ou telle circonstance, à l'absence de telle ou telle précaution. Si le mouvement de 1848 s était arrêté aux manifestations du 22; si MH. Udilon Barrot et Thiers avaient pu installer leur ministère, par ce seul (ait, la révolution était accomplie; le gouvernement personnel était renversé, et la charte interprétée dans te sens révolutionnaure : l'opinion, c'est-à-dire le peuple, gouvernait.

Nous n'aimons pas les persiflages par lesquels lf« Castîlle poursuit le roi dans sa fuite. Il compare ce vieillard signant son abdication à la caricature d'Henri Monnier» M. l¥ud> homme. Cela est sans doute ingénieux, mais cela est d'un comique sauvage, qui ne tient pour rien du poignantes angoisses et la seule majesté de l ùge. U en est de même du mot atroce que M. (bastille met sur les lèvres de la reine llarie*Amélie

pnrlant à la diiehesse d*Orléans : « Allée à vos aflaires, ma

mie! Nous croyons que ce mol n'a pas été dit. Un reprocha (ligne, maternel, a été tristement formulé; plusieurs témoins l'atleÉl^t t tfMkitfft ^Hailcoaf^ habitudes de Marie-Amélie W#avaifrt^ ^teMïéftè sécheresse qui rappelle trop le langage de liiadaiiie l'eriielie.

NMi Alirtofla^beaiicofip à faire si nous voulions opposer nolMIftiéihiilt'K léil^ les commentaires de la Révolution qui nous [Kiraissent empreints d'exa«jfération et d'aigreur; nuu^ ne pouvons toutefats ne pas défendre M. de Lamartine, tiont Thérofqva^'illhtHte a matté Tordre, et qui, par la seule puissance desa parolf, i\ imposé le calme et la soumission aux flots tumultueux. H est très-cuinmode aujuurd'liui de parler de ces heures^fiMullè!^ dè raillel* les quelques hommes de bonne v61ont(^ qui jolky^ei^it'al{iif8leirt*vié pour le pouvoir. Accusez-les d'amhilion! soit; mais rappelez-vuiis *juc raniiiiiiun pouvait coùi&t ikm; et qu'aucun des membres du gouvernement provisotivèiflàra nifihûlé sa conscience. Quand M. de Lamartine, pâle, exténué, plein de fièvre, venait a i luujue heure liajanguer le peuple, écartant de la main et du regard les fusils qui meAi^ièfttsa poitrine, il 'était pas tKattre. ainsi que vous le dites; il nenoiiaitjms les mouches dans le miel, paraJij' sont la République et yaynani des sujlmyes; il était sublime fiflUàj^iMIion et de couragfe ; il sauvait le peuple de ses propres ènCrIMeiA'êhis, et faisait tout ce (!^u*tiné âme généreuse pouvait rôvei' puui' sau\ui' la Uevululiuu.

Que M. de Lamartine ait endormi plusieurs fois le lion populaire, je le veux bien ; mais c'était quand sa veille était dangereuse, et ijuand son sommeil [MinvaiL suggt ici, à Taide de beaux rôv^, de pacifitiues inspirations. Méconnaître et railler le lOté' Wmslaniteent dévôiié du ' grind poëte, c'est être bien aveuglé par le dépit ou bien in^ïrat. Quant à la question du drapeau rouge, M. Castille repriHhni presque dans les uieuies teribcfe1^d)iidfèn' 'âéntéiiuer'p)ar M. Proudhon dans la Sobttiori du jfroblême social- (page 28), c'est-à-dire qu'il regîrdtte la

m ÉGB1YAIKS £T HOMMfiS 0E LETTRES

banderole de pourpre j et que iâ substitution du drapeau tricolore lui parail un acte de faiblesse et de réaction du gouvernement provisoire. Dieu merci, tout le monde sait à quoi

s'en tenir aujourd'hui sur ce point. Tour notre part, nous aurons toujours une reconnais&ance profonde pour M. do La-* martine; et nous croyons, comme il Ta em alors, que le drapeau rouge était une menace, un anachronisme; nous aimous Oii^ux ce symbole trinitaire qui a fait le tour de l'Europe et le ferait encore m besoin^ que cet oripeau suspect qui venait comme un défi et non pas comme un gage d'union. M. Castille trouve que ce jour-là M. Blanqui (c'était peut-être le Bobespierre attendu^a manqué à audace quand la jProtiidmce se plaisait à lui meUre aux midns la destinée despartis. Nous ne savons trop ce que Vaudace de M. Blanqui eût pu produire, et nou$ ne partageons ps^ |e singulier dépit de M. Castille.

Plus loin, il croit qu'en arrêtant la duchesse d'Orléans et son (ils la République eût fait sou devoir. Aussi, quand Louis- P|)ilippe a quitté le rivage de la France» s'éerie-t-il» la Bé^ VcbUim a perdu son gage! Nous croyons, difEéremment, quil a été fort heureux pour le gouvernement provisoire de n'avoir pas à décider du sort de la famille royale; et il fut fort adroit, fort humain et fort convenable à lui de ne point chercher à se donner les embarras d'une pareille arrestation. îji charité doit applaudir à une pareille conduite, dit M. Castille, mais il est douteux que la logique républicaùie et la saine poUtique admettent un système basé sur les sentiments domestique» et la morale relative.

Pourquoi donc la charité ne serait-elle pas de la logique, de la saine poUtique? Pourquoi les sentiments humains seraientils en désaccord avec l'intirèt des partis? Tant pis pour les partis; mais vive l'humanité i et je ne crois pas, pour ma part» qu'on puisse appeler morale relative celle qui consiste à iaire prévaloir les conseils du cœur sur les suggestions de la vanité et de l'ambition.

M. HIPPOLTTB CASTTLLE

Nous en avons assez dit sar ce livre ; en finissant» nous répétons que, si cette histoire nous a attristé parce que nous avons senti partout trop de ressentiment, nous avons aussi constaté à un iiaut d^é une science d'exposition, d'analyse, de portrait, qui en rend la lecture attachante et tenible.

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