PAUL DE LAROCHE
oITet, en lisant le livret du salon. Aujourd'hui do nouvelles idées, basées sur le simple et le vrai, doivent conduire l'artiste qui sait qu'on peut tout demander à un art qu'on avait emmailloté jusqu'ici dans de fausses règles au profit de ces froides intelligences, qui ne deviennent quelque chose que par transmission. A l'époque de mon Cromwell, on m'a reproché de l'avoir fait trop vrai, et maintenant cette figure est devenue le type de quiconque le veut représenter, soit au théâtre, soit en sculpture, même en Angleterre, où ils sont si fiers de ce gi'inid hypocrite. Malgré tout ce qu'on pourra dire, je crois que j'ai raison, non pas que je défende le résultat de ma pensée, mais ma pensée elle-même. »
La vérité dans l'art, comme la vérité dans la vie et dans la parole, ce fut le but de M. Delaroche. Mais la vérité n'est-elle pas aussi bien dans les œuvres de fantaisie que dans les pages d'histoire? Faut-il absolument la réalité d'un fait, d'un événement constaté, pour émouvoir et pour faire naître dans l'esprit une sorte de vision de la vérité absolue?
En un mot, la peinture qui tend à l'exactitude historique, la peinture anecdntique, ne serait-elle pas plutôt une décadence qu'un progrès, puisque l'artiste, se défiant des émotions qui appartiennent au fonds commun de l'humanité et de ses ressources propres, va chercher des auxiliaires dans les annales, dans les costumes et jusque dans les meubles?
Voilà la question fréquemment soulevée à propos du genre de peinture dont M. Delaroche a été le plus studieux, le plus habile représentant.
Il est bien évident que la peinture, comme la musi(|ue, doit s'adresser tout d'abord et directement aux sens; qu'il faut se défier des tableaux dont le charmes avant résulte d'un effort, d'un recueillement de l'esprit pour amener l'émotion. La beauté trouble la vue avant d'émouvoir le cœur. La première condition de la peinture est donc, moins le choix du sujet, la fidélité historique, l'exactitude officielle des accessoires, que cet arrangement supérieur, que cette entente su-
prême des couleurs et des altitudes qui correspond à des idées morales. L'homme de génie, quoi qu'il fasse, met un rayon sur la toile; et la science, sans élan, ne peut produire que de l'archéologie; cela est hors de doute, et, à un point de vue absolu, le genre importe peu. 11 n'y a guère d'autres règles esthétiques que des convenances de pudeur.
Shakespeare, quoi qu'en dise M. Ponsard, qui ne devrait pas se mêler de ces questions-là, Shakespeare est vrai, éternellement vrai, avec ses Grecs et ses Romains du temps d'Elisabeth, et son génie ne subit aucun amoindrissement de ses anachronismes.
Mais, si les ressources de l'érudition ne remplacent pas le sens dramatique, il faut convenir qu'elles peuvent l'aider admirablement, et que ce n'est pas un cadre indifférent à un sujet bien choisi et bien compris que des costumes, des ameublements, des paysages exacts. D'ailleurs, après les travaux historiques entassés de toutes parts, il faudrait une grande puissance d'enivrement pour faire pardonner aujourd'hui le dédain de Ihistoire.
Le mouvement romantique qui nous a débarrassés des tragédies consacrées, et qui a ouvert le théâtre à l'homme de tous les temps, avait besoin de prouver sa science et de montrer qu'il ne substituait pas une convention nouvelle à une convention surannée. L'effort unanime pour introduire la vérité dans la littérature et dans l'art a développé à un point extrême le goût et le sens des travaux historiques. Et puis, dans le trouble, dans la confusion qui résulte des grands mouvements, comme celui dont la Franco est agitée depuis soixante ans, il n'y a pas de distraction plus nécessaire (|ue la lecture et l'intelligence de l'histoire.
Par une affinité évidente, toutes les révolutions, toutes les catastrophes, toutes les réactions, se ressemblent. Il ne pouvait pas venir à l'idée d'un peintre du dix-liuilièine siècle de représenter l'échafaiid de Jane Grey avec celte paille, si controversée. (|ni doil bniic le sang d'uni' rriii(>. (Ironnvell, sou-
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levant le couvercle du cercueil de Cliarles V', n'était pas possible avant la Convenlion. Quand les imaginations étaient lugubres, on avait le répertoire des martyrs; mais aujourd'hui la politique et l'histoire ont ouvert un campo santo do victimes qui nous touchent plus directement.
M. Paul Delaroche a donc été l'homme de son temps et de la logique en s'appliquant avec un soin, avec une ardeur dont sa correspondance est la preuve, à cette interprétation des grandes infortunes, des grandes exécutions historiques, et à cette recherche scrupuleuse dans les détails.
11 a parfaitement compris, et il ne laisse planer aucun doute à cet égard, que le dix-neuvième siècle est trop sceptique, trop désillusionné, trop blasé, pour s'émouvoir encore du caprice, du rêve, des allégories. Il a pensé avec raison que le tempérament de ses contemporains ne s'effaroucherait pas de la réalité et de quelque chose même de plus que la réalité, c'est-à-dire des suppositions et des exagérations psychologiques sur les catastrophes les plus violentes; le peuple qui a soufflé, dans un jour de colère, sur la poussière des tombeaux de Saint-Denis peut voir sans frisson le cercueil d'un roi décapité. M. Delaroche a demandé à l'histoire une sorte de parallèle avec les événements de nos jours; se trouvant avec sa palette et son pinceau au milieu d'une société d'égoïstes et d'érudits, il n'a vu autour de lui que des portraits à faire et des pages d'histoire à peindre. C'est là, en effet, la seule mission laissée à l'artiste. Le monde est aux vaniteux et aux pédants; le bourgeois est affamé de sa propre vue et des humiliations subies par les rois. Aussi n'anra-t-il jamais assez de cadres autour de son image, et se complaît-il, pour s'émouvoir ou pour s'irriter, dans la vue des grandes scènes des révolutions.
Il ne s'agit donc pas do le tromper sur la physionomie des hommes et des choses, de transfigurer les événements, et de lui montrer dans une nudité glorieuse un héros dont il a vu le chapeau et les bottes. M. Ingres, en comprenant ainsi l'a-
pothéose de Napoléon, n'a pas compris son temps, et son portrait de M. Berlin restera son chef-d'œuvre, parce que c'est la seule d'entre toutes ses œuvres qui appartienne à l'inspiration du siècle. M. Paul Delaroche, lui, s'est appliqué à marcher sur un terrain plus ferme, plus près de la fouie, sans en être envahi, sans s'\' perdre. 11 a senti à sa manière, et presque toujours avec succès, la philosophie de l'histoire. 11 s'est imposé la tâche d'émouvoir par la réalité des chroniques, par un commentaire fidèle; et, se défiant toujours de la sensibilité, de la naïveté du public, qui n'a plus peur des légendes et qui ne s'amuse plus des féeries, il a insisté sur les preuves, sur les accessoires de ses sujets, et il a, en toute circonstance, souligné pour ainsi dire, par un détail, les passages qu'il voulait traduire.
Quelle que soit l'opinion que l'on professe pour l'exécution, pour la couleur de M. Delaroche, on ne peut méconnaître un effort sérieux et glorieux, et une habileté qui n'entame jamais la dignité ni la loyauté de l'homme. Ce but qu'il s'est donné et qu'il avoue dans ses épanchements intimes est la raison de ces compositions si ingénieuses, si étudiées, si ordonnées, où tout a .'^a valeur, où rien n'est abandonné au caprice, où le sentiment dramatique est toujours plutôt un peu exagéré que diminué, pour que rien n'échappe à une compréhension rapide. C'est là la raison aussi do la popularité de ses tableaux. Quand le public saisit bien, il ne se dessaisit plus. Les Enfants d'Edouard, Jane Creij, Cromwell, \e duc de Guise, sont désormais des types, et on heurterait une sorte de sens uni- Ncrsel en cherchant à les repri-senlei' de nouveau autr(Muent (pi(! ne r.i r.'iit M. hflaioclie; tant l'iicconl intime du dranu» et de riii>t()ir(! a fait «mtrer dans la uK-moire et dans l'imagination ces lu'ros et ces catastrophes. Je sais bien (|u'une pairilli- applicaliiin n'es! pas coiiipalihle avec riinpi'tuosité, avec la violence, cl que les leiures nicdili'es ont toujours une .sorte (le froideiii'. Mais M. I>elai'(iclie est le seul altiste contemporain ipii se soil donne un Iml ; ipii se suit conslaiiinienl <'ffoi'i'(''
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de l'atteindre, et qui l'ait, en effet, coniplétemenl atteint. Il a peint ce qu'il a voulu, il a voulu tout ce qu'il a peint. 11 n'a demandé à sa palette ni des épopées, ni des hymnes, ni des contes d'Orient; il a consulté la raison plutôt que la poésie, et il a peint magistralement, en prose, s'efforeant de commenter l'histoire dans un style grave et ingénieux qui n'éveille pas de transports, mais qui ne garde pas de désillusion, qui dit tout avec mesure, et qui satisfait l'esprit par un charme, inférieur à l'enthousiasme, supérieur à l'estime.
Voilà l'idée, très-sérieuse et très-honorable, que nous nous sommes faite de M. Paul Delaroche et de son rôle. 11 a peint comme il a pensé, comme il a vécu, avec dignité, avec le respect des autres et de lui, avec une tristesse tempérée qui n'a pas plus d'amertume que n'en mérite la vie, et avec la préoccupation continuelle et ardemment réfléchie de se rendre utile.
Je l'ai dit et je le répète, M. Delaroche appartenait à des opinions différentes des nôtres; je n'essayerai pas de l'enrégimenter, malgré lui, malgré les témoignages qu'il a laissés, parmi les artistes socialistes, s'il en existe; mais il ne saurait être exclu, sans injustice, du petit nombre, des penseurs qui font concourir l'art au progrès, à l'éducation et par suite à la moralisalion du plus grand nombre. Je n'ai nul besoin de forcer le sens, d'interpréter les intentions; celles ci sont clairement et fréquemment exprimées dans sa correspondance, et j'aime à trouver ce but élevé, cette tendance humanitaire dans cetÂlcesteque le monde essayait mal à propos de dédaigner, se sentant sévèrement jugé par lui.
« Que je voudrais, écrivait-il peu de temps avant sa mort, trouver un sujet pour tous, et en faire une exposition au profit des artistes et des ouvriers malheureux ! «
Après avoir terminé son tableau de Marie-Antoinette, il songeait à peindre les adieux de madame Elisabeth au jeune Dauphin. Puis, craignant que ce tableau n'eût trop d'analogie avec celui qu'il venait d'achever, il écrivait en 1851 :
« Il me faut trouver autre chose, un beau sujet bien neuf; car il est important pour moi de n'en pas rester là, et je me sens le courage de redoubler d'efforts; la Cenci, les E'nfants d'Edouard (nouveaux), le CJirist, le Moïse, ne sont pas de nature à lutter après l'effet de la reine. 11 faut qu'ils paraissent protégés par une œuvre plus saisissante. J'ai mille pensées confuses dans la tète, et pas une que j'ose mettre à exécuùon. Si nous vivions à une autre époque, j'exécuterais l'ensevelissement du Christ, grand comme nature, et je tâcherais de prouver que je sais idéaliser quand il s'agit de Notre-Seigneur et de sa mère; mais la poétique générale n'est plus là. Sans lâche complaisance, il ne faut pas cependant méconnaître le sentiment public si l'on veut trouver des yeux pour regarder et des cœurs pour vous comprendre. Je ne me suis jamais prosterné devant la mode du jour; mais j'ai toujours pensé qu'on pouvait faire de l'art très-sérieux en servant les idées qui préoccupent notre société depuis soixante ans. Je ne crois pas avoir tort aujourd'hui plus qu'hier. 11 faudrait être un bien grand génie pour que la foule se portât avec autant . d'empressement et de sympathie devant les derniers adieux de la Vierge à son fds que devant cette reine, martyre d'hier, condamnée à mort [lar les passions politiques. Voilà bien des bavardages sur moi; mais à (jui puis-je confier mes doutes, mes craintes, mes luttes, mes rêves ambitieux, si ce n'est à l'amitié .' »
Je ne crois pas m'abuser en voyant dans cette lettre la preuve que j'annonçais d'un but élevé et prati(|ue dans les efforts de M. Paul Dehiroche. 11 veut so'vi)' les idces qui préoccupent notre société depuis soixante ans ; et, se jugeant lui-même avec une modestie ferme et touchante, il indique les procédés loyaux auxiiuelsson talent a recours, pour plaire et pour émouvoir, reconnais-sant qu'il faudrait être un bien (jrand génie pour toucher par les derniers adieux de la Vierge autant (\nr [lar les adieux (]v Mario-Antoinette. Il me semble (|i|p !\l. Ilchiroclit', parlant ;iinsi de lui cl du public, devance
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\o jngemont do I histoire et se place dans le jour calme et au rang honorable qui lui est dû.
Cette préoccupation d'un sujet contemporain pour soutenir le succès de Marie-Antoinette revient plusieurs fois dans la correspondance de M. Delaroche et l'amène à la confidence de ce projet qui, malheureusement, n'a pas été exécuté :
« Maintenant, écrivait-il, que le hasard ou le bien joué fait revivre en ma faveur la bienveillance parisienne, Je voudrais transporter mon public sur un terrain plus moderne encore, avec un héros et un sujet pris dans noire époque. Si je l'osais, je ferais la duchesse d'Orléans à la chambre des députés le 24 février. Je crois vraiment que ce serait une belle et triste poésie à mettre sur la toile : malheureusement j'étais enfermé ce jour-là dans la cour de l'Opéra, et je n'ai rien de précis qui puisse me guider dans cette nouvelle tentative. Je serais fier, après avoir honoré une victime du temps passé, d'élever un monument à celle qui s'est montrée de nos jours si digne dans son malheur, et qui, dans l'exil, est encore l'objet du respect et de la vénération de tous, même de ses ennemis. Cette idée me paraît applicable à mon art, et je voudrais quelques détails bien justes et sur lesquels je pusse me reposer entièrement. Je chercherais alors à mettre mon petit poëme sur ses pieds. Oui, je voudrais bien avoir le cœur net de la" possibilité ou de l'impossibilité de ce sujet; oui, ce serait un beau portrait à faire, une belle et lamentable page d'histoire. »
Quelques lignes plus loin, il demandait qu'on lui décrivît la scène, qu'on lui indiquât les journaux qui en avaient le mieux parlé, qu'on demandât des détails à MM. de Rémusat et Thiers. Nous croyons que M. Thiers n'aurait pu que répéter des confidences et qu'il manquait à cette séance solennelle, dont la reproduction n'aurait eu rien de blessant pour les révolutionnaires de 18-48.
Cette lettre de M. Delaroche n'est pas seulement intéressante au point de vue de l'étude de l'artiste; elle confirme ce que nous avons dit, en cnninionçant, du caractèn^ de l'homme,
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de sa fitlélité au malheur; elle est des plus honorables pour le peintre qui, sans chercher à faire une œuvre de parti, comptait assez sur l'équité du peuple pour offrir à celui-ci le tableau d'un de ses plus grands actes de souveraineté, et pour l'attendrir sur ses propres victimes.
Nous regrettons ce projet; il eiit complété la série des grandes infortunes royales, et, après le tableau de Marie-Antoinette, il eût précisé d'une manière éclatante la différence qui sépare les deux révolutions et les deux républiques. Sans compter qu'il eût été quelque chose de plus qu'un acte de courage bien facile, c'est-à-dire un acte de reconnaissance et de probité artistique. C'est de cette façon-là que les artistes, sous peine de n'être plus que des industriels ou des parasites, doivent se mêler aux événements politiques. Depuis que la dynastie d'Orléans en a rejoint d'autres dans l'exil, combien peu de peintres ont eu la pensée, comme M. Delarocbe, d'honorer ces vaincus? Combien peu, parmi ceux que la faveur de Louis-Philippe a le plus recherchés, se sont préoccupés, de- ])uis 1848, de prouver leur amitié, leur gratitude? Combien d'autres, au contraire, différents de M. Delarocbe, ne voient dans les révolutions qu'un changement de décor, qui varie les sujets de tableaux, et, essuyant leur palette pour en renouveler les couleurs, n'ont d'autre ambition que celle de rester peintres oITiciels de tous les régimes!
Cette nobl(!sse d'attitutbï, cette hauteur de vues n'abandonne jamais M. Paul Delarocbe, et trahit le ressort de cette fierté que la critique violente et niaise a prise pour delà rancune. Comme si un homme qui pense et qui croit ce que nous avons lu ('tce(]ue nous alhius lire [)()uvait s'émouvoir, au delà d'un certain, dédain, des violences de M. Planche ou des malices de quelques autres! Ce qui est vrai, ce qui ressort de toutes les confidences, c'est que M. Delaroclie trouvait que .■^on art même était ofhmsé, quand il \o\ail attaquer avec ignorance et uialvcillancc le résultai d'uu travail aussi consciencieux, aussi sui\i (|iic le siru. Ilicii loin di' fuir l.i criti-
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quo. il l'aimait, il la recherchait. 11 eût voulu, disait-il, se cacher derrière ses tableaux pour entendre les jugements dont ils étaient l'objet; et si, vers la (in de sa vie, il s'était retiri'^ des expositions, c'était par une juste susceptibilité pour la peinture qui, n'étant pas sérieusement discutée, n'était qu'un prétexte pour des querelles de coteries et n'avait rien à gagner à ces commentaires ironiques. L'artiste avait assez expérimenté le public et les journalistes pour n'avoir plus rien à leur demander, et il se recueillait dans une solitude trèsvisitee, sans bouderie mesquine et sans parti pris d'abstention éternelle.
Revenant dans une de ses lettres sur la mission de la peinture, à propos de ce sujet de la duchesse d'Orléans, il disait encore :
« Je suis bien sûr que vous penseriez comme moi sur tout ce que doit oser notre art. L'historien ne se sert-il pas tous les jours de la plume pour retracer les événements de la veille? Pourquoi donc défendre au peintre de se servir -des mêmes matériaux pour enseigner aux masses la vérité dans toute sa dignité et sa véritable poésie? Une toile dit souvent plus que dix volumes, et je suis fermement convaincu que la peinture est aussi bien appelée que la littérature à peser sur l'opinion publique. Elle ne doit pas se contenter de l'estime et de l'admiration de quelques-uns; il faut qu'elle soit utile à tous, et que la puissance d'illusion à laquelle peut arriver un artiste éminent ne soit plus qu'un moyen pour inspirer au peuple l'horreur du crime et le respect et l'enthousiasme pour le courage et le dévouement au pays. C'est une noble et nouvelle voie, et celui qui la tentera aura bien mérité des honnêtes gens; bien plus, pour aspirer à une gloire aussi baute, les difficultés n'auraient fait que grandir l'importance de la mission. Le monde y gagnera, c'est-à-dire l'art et la chose publique. ))
Celle pensée de l'utilité pratique de la peinture distiugue M. Paul Delaroche et le place à r('cart, nous n'osons dire nu-
dessus de ses rivaux. La question de talent, de génie expressément réservée, car nous sommes bien résolu à ne pas l'aborder ici, nous croyons que nul n'a tendu à un but plus élevé. L'intention philosophique ajoute une importance aux moindres efforts; et, lors même qu'il échouait, M. Deiaroche restait vainqueur, puisqu'il conservait la supériorité d'une ambition peu commune. Toutefois cette sollicitation de sa conscience ne le contraignait jamais à une explication publique; et il n'exposait que ses tableaux, sans exposer ses théories ; il voulait ne devoir ses ap()laudissements cju'à l'émotion spontanée, se gardant comme d'une impudeur de dévoiler son inspiration. La mort a permis à l'amitié d'honorer sa vie en livrant son secret. Combien trouverait-on d'artistes de nos jours, parmi ceux-là mêmes qui prêtent ou qui laissent copier leurs notes et leurs correspondances, au.ssi appli(iués à bien agir, en travaillant bien, et à faire une bonne action d'un bon tableau ?
La retraite que M. Deiaroche affectionnait dans les dernières années n'était que le résultat d'un besoin de méditation développé par l'expérience de la popularité. 11 ne fuyait ni ses rivaux ni ses juges; mais, les connaissant trop, il ne les recherchait plus. Sa porte n'était pas fermée, elle était cntr'ouverte, et les regrets de ses élèves, les pleurs de ses amis, témoignent d'une sérénité d'esprit qui ne laissait pas longtemps place à l'amertume et qui surmontait toujours les mécomptes et les désillusions. Les biographes assurent qu'il mourut des suites d'un long et profond chagrin. Cette raison supposée {irétcnd faire honneur à sa sensibilité, mais méconnaît les hauteurs cl la virilité de son âme. M. Deiaroche supporta f!n hoMiine tous les deuils humains (pii sont la rançon (hi p<'U de bonheur permis. La maladie le tua, et non la douleur. Il av.iii, sur les ;iti,icliements de ce monde, sur les angoi.s.ses de la vie, des nh-es trop mùi'ies, trop illuminirs d'une cspi'rance immortelle, pour s'nballre sur les tombeaux qu'il lieiiil.iil en ni;ireli;int. Il rencoiilr;! sur sa ront(^ i]('^ joies ('le-
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véos, (les douleurs amères ; il ne se laissa ni enivrer parcelleslà ni empoisonner par celles-ci. Saclianl vivre, il sut souffrir. La fin de sa carrière fut le soir d'un beau jour, comme dit le poëte. il travaillait avec plus d'ardeur que jamais ; il avait des amitiés tendres et dévouées, des élèves cliers qui s'ajoutaient à sa famille, et, s'il était un peu plus triste qu'autrefois, c'est qu'il souffrait en grand artiste des ennuis et des misères de son temps. Son esprit toujours grave recherchait les sujets mélancoliques et chrétiens. Il ne dédaignait pas les œuvres de charité; quand il était absent de Paris, il ne songeait guère à demander si on lui réservait une place dans les décorations du nouveau Louvre; il ne disputait pas à M. Couture, son élève émancipé, la peinture de la salle des États :
« Je ne connaissais pas, écrivait-il, l'Œuvre des faubourgs. Si Dieu me permet de rentrer à Paris, j'en veux faire partie et leur donner un tableau. Le but est si noble et les conséquences peuvent être si salutaires! N'est-ce pas que cela fait du bien au cœur de se rapprocher de ces malheureux qui semblent n'avoir été mis au. monde que pour souffrir"? Pauvres enfants! »
Nous ignorons si l'Œuvre des faubourgs méritait bien cette sympathie; mais la sympathie nous suffit. Ce que nous tenions à prouver, c'est ce qui semble avoir échappé aux critiques, aux biographes qui ont consacré à M. Paul Delaroche des pages fort élogieuses. 11 y avait dans ce maître un homme, un citoyen, un caractère; et, comme les hommes sont rares, les citoyens clair-semés, les caractères fort douteux, nous croyons qu'il n'était pas sans utilité de mettre en lumière ces côtés honorables et restés dans l'ombre. Nous laissons toutes les questions d'école sans les débattre, et, si nous avio'ns à formuler une opinion détaillée sur les procédés matériels de M. Delaroche, nous aurions peut-être nous-mêmes, pour les louer, à oublier des prédilections violentes, une sorte de passion pour d'autres genres, pour d'autres couleurs; mais, encore une fois, c'est l'homme social cl l'homme privé que nous
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avons cherché dans l"homme illustre. Ce qui importe à l'heure où nous sommes, c'est moins une théorie des lignes, des ombres ou des sujets, qu'une théorie de l'honneur et de la conscience.
On méconnaîtrait pourtant notre estime loyale si l'on pensait que nous renchérissons sur les vertus de l'homme pour concéder quelque chose sur l'artiste, et que nous faisons bon marché du seul peintre qui ait eu véritablement les qualités françaises, du seul de nos jours qui ait tenu véritablement une école et qui ait fait des élèves, du seul enfin, parmi ceux qu'on appelle grands peintres, qui ait laissé une grande page et qui ait abordé la grande peinture. L'auteur de la Mort d'Elisabeth, du Duc de Guise et de l' Hémicycle occu[)ora, quoi qu'on pense, une place importante et illustre dans l'histoire des arts. Maintenant surtout que nous avons raconté ses pensées secrètes, ses ambitions idéales, on peut repasser avec confiance et avec orgueil la longue liste de ses œuvres; on est bien certain d'avoir à l'honorer toujours, même aux endroits où l'on ne verrait pas de raisons puissantes pour l'admirer, r.elte série de tableaux disséminés dans l'Europe, et qu'on réunit ces jours-ci pour une évocation glorieuse et douloureuse, attestera la volonté ferme et une de l'artiste pour suivre sa voie. Il n'a jamais rien demandé à la fantaisie; tout chez lui est un résultat d'(''tudos pliysioIogi(|ues; ses toiles sont toutes le même ti'inoignage rendu à la fragilit(' de la puissance, à la vanité cruelle des vainqueurs, et, quelque histoire (|u'il ail r(îprésenl(''(\ il n'a jamais trahi s(tiemment la cause de la juslice ni f;iil ni'cliir dev;int une passion de parli la dignité de sa l;'ich(!.
Les Ciirondins cl Mario-AntoincUe éveillèrent eu lui des
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sympalliies dillérentes peut-être, mais le nicnic respect; et, si son Cromwell est sinistre, son Henri III fait frémir à force de lâcheté.
Henri Heine' a dit avec ironie, et comme s'il disailune injure : « M. Delaroche est le peintre ordinaire de toutes les Majestés décapitées. » Nous trouvons que ce reproche est un éloge: les Majestés décapitées ne peuvent rien pour leurs courtisans, et il y a dans le tableau de la mort une leçon pour la vie: « Qui apprendrait les hommes à mourir les apprendrait à vivre, » dit Montaigne. M. Delaroche semble avoir compris la peinture historique dans ce sens-ià ; il fut le conseiller des vainqueurs en se faisant l'avocat des vaincus.
Plusieurs journaux ont publié des catalogues incomplets des œuvres de l'auteur de Jane Graij. Nous donnerons à notre tour une liste beaucoup plus détaillée, qui nous semble n'avoir rien oublié ; elle a été fidèlement copiée sur un catalogue dresse par M. Paul Delaroche lui-même, en 1855.
Nous laisserons dans l'ordre des dates les principales créations du maître et nous nous arrêterons aux dernières toiles, encore inconnues du public.
M. Paul Delaroche est né en 1789, et sa biographie n'aurait, en dehors de ses travaux, aucun aliment pittoresque à fournir à la curiosité. Dès ses débuts, il mit le pied sur la route dont il ne s'est jamais écarté. 11 parut' vouloir commencer par le [)aysage et concourut une fois, en loge, pour le prix. Cette tentative n'eut pas de suite. Le travail et les sentiments dont nous avons surpris et dévoilé la confiance s'emparèrent de lui pour ne jamais l'abandonner, et à l'heure où la mort vint le surprendre il avait la même verve, la même énergie, la même dévotion à son art, la même confiance dans ses principes d'esthétique. Je ne sais pourquoi les biographes l'accusent d'avoir exposé, en 1819, une IS'phtalie dans le désert, qui fut peu remarquée. Ce tableau ne fut jamais soumis au jugement du
' Ltticcc, \>i\v llciiri lloiiic. Paris, Michel Lévy, éditeur.
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[jiiblic, par l'excellente raison qu'il ne fut jamais fait. Voici, a\ ec sa première œuvre exposée et inscrite en tète de son catalogue, la succession de tous ses travaux:
1820. Le CJirist descendu de la croix. Ce tableau est actuellement dans la chapelle du Palais-Royal.
1821. Le Songe d'Athalie. Il est curieux de lire ce que M. Tiiiers, dans un compte rendu du Salon de 1822, disait de ce début qui avait excité Tattention : « La teinte est ardente, les expressions sont fortes, mais exagérées ; un seul groupe, celui des enfants égorgés, est fort beau, mais il est fâcheux que le beau du tableau soit placé dans le fond. »
1822. Felippo Lippi, gravé par Reynolds.
1825. Jeanne Darc interrogée dans sa prison par le cardinal Winchester, gravé par Reynolds. Ce tableau appartient au duc de Padoue. — Les Enfants surpris par Vorage, gravé par Reynolds.
1824. Saint Vincent de Paul prêchant en présence delà cour de Louis Xlll pour les oifants abandonnés, gravé par Prévost.
Je songe, en mentionnant cette œuvre, à la lettre dans laquelle M. Paul- Delarochc parlait il y a un an ou deux d'une manière si touchante de l'Œuvre des faubourgs et des enfants malheureux. Pour travailler au nom de la charité il n'avait qu'à se souvenir.
1825. Philosophe oitonrc de ses livres. — Miss Macdonald portant des secours au prétendant Charles-Edouard, après la halaillc de Culloden, gravé par Sixdeniers. — Portrait demadcnuiisfUc Sonlag, gravé par Girard. — Lne Scène de la Saintllarlhélcniij, gravi- |i;ir Priidh.'innic.
1 82(>. La Suite d'u)i duel.
1827. Portrait du jnartpiis de Pastoret, grave- [lar Henri-
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«liiel LUi[)ont. — Le liai de Piémont au 'IrocaiW'yu. (le lahleoii appartient à la galerie de Versailles.
1828. La Mort d'Elisabeth, grave par .lazel, au Luxeiiibourg. — Le Trocadéro, au musée de Versailles.
1820. Portrait du duc dWiujoidême. Ce portrait, qui est à Versailles, servit de modèle pouruneta[iisscrie des Gobelins. — Épisode d'un naufrage, gravé par llenri(iuel Dupont, essai d'aqua-tinta. — Richelieu remontant le Hliàne , gravé par Girard. Ce tableau, ainsi que le suivant, lait partie de la galerie de M. Pourtalès, rue Tronclict, 7. - Mazarin, gravé [lar Girard.
1850. Cromwell devant le cercueil de Charles P\ gravé par Ilenriquel Dupont, appartient au musée de ÎN'îmcs.
On a vu, par un fragment de lettre cité plus liaut, ce (jue M. Delarocbe pensait de ce tableau et du sentiment dans lequel il fut conçu.
1851. Les Enfants d'Edouard, gravé par l'rudbomme, au Luxembourg; Sainte Amélie, grand dessin, appaitenaut à M. Goupil ; Sainte Aïnélie, gravé par Mercuri, appartient à la reine Marie-Amélie.
1833. Jane Greij, gravure commencée par iMercuri, appartenant à M. Demidoff, à Florence.
1854. La Mort du duc de Guise, gravé par Desclaux, appartient au duc d'Aumale à Twettenliam,
1835. L« Mort du président Dur anti, pour la deuxième salle du conseil d'État; Tête d'Ange, d'après mademoiselle Louise Vernet, gravé par Girard, à la manière noire; par Dlanchard, en taille-douce; Compositions et études pour les décorations de l'église de la Madeleine; Tête de Christ, gravé l)ar Blanchard.
1856. Strafl'ord marchant au supplice, gravé par llenri-
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•luel Dupont; Charles l" insulté par les soldats df Cromwcll, gravé par Martinet, appartient à lord Ellesmere, à Londres; Portrait d'Horace Delaroche, en pied, âgé de quatre à cinq ans, appartient à M. Horace Vernet; Portrait de M. Guiz-ot, gravé par Calaniatta; Portrait de madame de Boisgelin; Sainte Cécile, gravé par Forster, galerie Pourtalès ; Portrait de M. Aube, président du tribunal de commerce; Les Vainqueurs de la Bastille devant l'Hôtel de Ville, gravé par Jazet. Cette toile, de grandeur naturelle, est conservée roulée à l'Hôtel de Ville; elle appartient à la ville de Paris.
1857. Portrait de M. Poirson.
1838. Jeune fille à la balançoii'e. Galerie du duc de Feltre. Musée de Nantes.
1859. La Fille d'Hérodiade, en Hollande.
1840. Hémycicle du palais des Beaux- Arts, gravé par Ilenriquel Dupont. Cette œuvre, une des plus considérables, à coup sûr, de ce temps-ci, par la dimension, par la diversité et la multiplicité du sujet, a failli disparaître dans un incendie le 16 décembre 1855 ; mais quelques portions seules furent endommagées, et, grâce à des restaurations que M. Delarocbe dirigeait et surveillait lui-même quel([ues mois avant sa mort, cet accident no laissera pas de traces apparentes. P(irtrait de madame Hottinger; Napoléon dans son cabinet, vu jusf|u'aux genoux, gravé par Louis, appartenant à lady Sandwii'li à Londres; Portrait de Pierre l', grav(" par Henrifjuel Dupdut, iqtpartienl à M. Demidoff.
1841. Portrait de M. Mollet.
1842. Porlnùl du (jinirnil llertrand, apparliciit à innilaïuo Tliayer; Pic de lu Minnidide, grav('' par Alpli. l'Vaucois. C.a- Jerie du duc de FelUc, Miisi-e de Nantes; Ijt Vienje ou camélia, gravé par.lési, gnlri'ic l'.aiiug, à Londres. Ce tablcni a ét('' brûlé.
PAUL DELAH0CII1-: 551
1845. Portrait de madame de Fit:i-James; Portrait du duc de Fit>James ; Vtieureuse Mère, gravé par Alp. François. Co tableau appartenait au roi de Hollande; il fait partie de la collection de feu M. Pescatore , léguée à la ville de Luxembourg : ^epos de la sainte Famille , appelé la Vierge au Léxurd , gravé par Martinet, appartenant au marquis d'IIertford.
Ce tableau était particulièrement aimé de M. Delaroclic ; nous lisons dans une de ses lettres :
« Je voudrais bien revoir ce tableau (lord Hertford est impénétrable). Je crois que c'est une des meilleures cboses que j'aie faites, comme couleur générale, barmonie et simplicité d'exécution. Un soleil doux éclaire toute cette scène. L'expression de la tête m'a été inspirée par ces paroles de l'Ecriture • « Votre àme sera percée comme d'une flècbe. » J'ai pensé que c'était une manière neuve de représenter la Vierge ayant son fils enfant, endormi sur les genoux et pressentant déjà l'avenir qui lui était réservé. Saint Joseph cherclie à reconnaître la route, et, pour expliquer le silence du désert, j'y ai introduit un lézard. »
1843. Portrait de Grégoire XVI, à Versailles ; Jeune fille dans une vasque, galerie l'ourtalès; Les Pèlerins sur la place de Saint-Pierre de Piome, gravé par Jules François, appartient au comte Raczinski, à Vienne.
1844. Une femme italienne et son enfant, gravé par. Prévost, appartient à M. E. André ; Napoléon dans son cabinet à Fontainebleau, gravé par J. François, musée de Leipzig.
1846. Portrait de M. deSalvandy.
1846. Portrait de M. de Rémusat; Portrait de M. Pourtalès ; Portrait de M. F. Delessert; le Christ avec les apôtres au jardin des Oliviers, gravure commencée par Torclii, appartient à M. F. Delessert.
1847. Le Passage des Alpes par Charlemague, au musée de
Versailles ; trois compositions et ébauches pour les tableaux projetés et non exécutés du sacre de Clovis et du sacre de Cliarleinagno; Le Christ en croix, appartient au baron de Lotzbecb, à Munich; Poi^trait du duc de Noailles ; Portrait de M. Clwrnel.
1848. La Leçon de lecture (petit tableau rond), au marquis d'IIerll'ord ; Portrait de madame la comtesse D. Potona; Na- ]iolêon passant le Saint-Bernard, gravé par Alp. François, appartenant à lord Onslow.
1849. Portrait de madame la princesse de Beauvau; Portrait de mademoiselle Hedivige de Beauvan; Portrait de mademoiselle Béatrix de Beauvau; Portrait du prince de la Cisterna.
1850. Portrait de M. Schneider, gravé par Salmon.
1851. Les Enfants d'Edouard en prière, gravé par Jules François, à Liverpool; Le Procès de Marie-Antoinette, gravé par Alph. François, appartient au comte d'Hunolstein ; reproduction du Bonaparte aux Alpes, à Liverpool ; du Cromwell, do Napoléon à Fontainebleau. Ce dernier tableau est également à Liverpool.
1852. Portiait de madame Schneider ; Portraits de MM. Horace et Philippe Delaroche, à M. 11. Ycrnet; Portrait de M. Marcel C%artoriscki ; Portrait de madame Narisz-kin ; Partirait de madame la princesse Soui.valolf; La Vierijc an pied de la Croix [Mater dolorosa), gravé [lar Jules François, musée de Liège.
1855. Portrait du prince Adam C%artorycski ; VUèmicijcle du palais des Beaiix-Arls ; (opic, ri'diiile, à M. (loupil, Moïse exposé sur le Nil, grav(' par llonriipiel Dupont, galerie Tiotliscliilil ; Eiilévemoil du Christ , gra\(' par llcnrifpicl 1)m[kmU, au comte d'ilunolsti'iM.
|o.5i. Le Christ nu jttrdia des Olivier'^, grav('' par Jules