RO.MA.NCIEKS ALLEM XNMS ET SCANDINAVES
douli* v(Mia h Mov<'r <iii roiimuMrr «I<»s mman- <ii»rs «'t i\(^< \)ur\r^ IVîiiH.'ai^. Sun iriivn». ni loiil ra-^, inali;rr la paiivrelr tli» rinti*i|;:ur ri TaliviMiri! (le plan, a vraiment une Im»II(» Iimuh» litlrniin*. Kilo ost sobiT, rapide, n(M'vousc», sans ombre (le parti pris ni de (I(''clamation.
Ajoulons (|U(» ce peintre ost aussi un psychologue. Ses personnages manquent de v(^»rit(' hislorique, et, sous leurs costumes italiens ou français, ont toujours un air d(» Suisses ou d'Allemands; mais l(»urs caractères sontlrac(*s avec une netteté admirable, qui en fait autant de types rcîels et vivants. Et non seul(»m(»nt ces caractères vivent, mais Meyer se plaît ù leur priHer une nature étrange et un peu perverse (ou lout au moins anormale), d'autant plus piquante qu'elle contraste davantage avec la simple bonhomie des m(eurs qui les entourent. Telle Lucrèce Rorgia, fidèlement attachée à son mari, pieuse, charitable, mais subissant rinlluence fatale de son frère César. Elle sent que son frère la perdra ; elle sent que son devoir serait de lui désobéir; mais à peine lui donne-t-il un ordre qu'elle cède aussitôt, prête à sacrifier tout ce qu elle aime au monde. Et les autres personnages du roman, Giulio, Ferrante, Hippolyte, le duc Alphonse, Strozzi, tous ils ont en eux un coin de mystère. De môme, dans le "
Saint, Thomas Becket; de même, dans les Noces (lu Moine, le jeune Astorre, et, dans la Jvsticière, i
Stemma, une terrible femme qui, de longues %
années, porte tranquillement le poids de ses 3
J ^.-iiS Is^-^u
LE nnMAN • <»NTKMPOHAIN A LÉTHANGEH
li/i<«- «lu {î^'ini'T mm.jii <li» ^loiirnil-l'crdinand M.-\«i'. <! iui-l;i r^l un vrjii lirros, dans sa porvt'i'-iti*. A--;!--!!!. Iraitrc, jiarjiiro, tous les movriis lui >oiit l)()n> pour délivrer son pays do la doniinalion «''lran«:ôro; et co nVst point la ^M'andcur de son hut (jui, souIe, nous ompôche de le m«'priser. c'est aussi la grandeur mt>me do son àme. la profonde sérénité avec laquelle il renonce à l'amour, à laniitié, à ses sentiments les plus oliors. dès qu'ils risquent de retarder raccomplissenient de son rùve.
Mais le principal mérite de Tœuvre de C.-F.
Meyer lui vient de Télégance et de la pureté de son stvle. Cet imitateur de Walter Scott avait commencé par être un poète parnassien ; et l'on peut bien dire que, toute sa vie, il Test resté. Sa prose et ses vers, malgré leurs gallicismes, sont d'un « métier » vraiment exemplaire. Les mots y ont une justesse, un relief, «lont on aurait peine à trouver l'équivalent dans la littérature allemande contemporaine ; et peu d'écrivains ont su adapter aussi heureusement la musique de leurs phrases à Témotion spéciale qu'ils voulaient produire. Les plus médiocres des récits de Meyer ont, à ce point de vue. un charme que tout lecteur allemand doit sentir et aimer.
Et parmi ces récits il y en a un où toutes les qualités de l'auteur se sont librement déployées. C'est, je crois, le plus beau de tous ; mais, hélas î c'en est aussi le plus intraduisible, étant
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