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KOMANCirRS ALLEMANDS FT SCANOINAVF.S 41
ocril 011 vors. |[ osl intitula: h*< ih-ntlf',s Jmtr^ iVilnvIi tir Ihtffni. Mrvt»r nous v liiil a>^i*^li»r aux prnsrfs, aux >«»u\t'uii>, aux r«'Vt'> ilr i*(» fauKMix pm-ursour tl«' la Url'nrnif, qui a lini sa vi(\ comiiiP l'uu sait, «laiis uur petite il<*«lu lac <lo Zurich. VA I on ne saurait assez atlniirer Tari délicat et sulilil avec le(|ucl, «fans ct*Ue série de courts poèmes, il a su vraiment évoi|m»r, ressusciter lu Tiguro du lianli pamphlétaire. Voici d'abord l'arrivée de llutten dans Tile où son ami Zwingli lui a procuré un refuge, la première nuit passée à Lfenau, rinstallatiou. un entretien avec le pasteur. Puis le solitaire se rappelle son passé, l'école, les amours de jeunesse, les premières luttes, le voyaj^e à Uome : puis il s'abandonne aux délices de la solitude. Le livre qu'il lit, un bruit du monde extérieur qui parvient à lui, un coucher de soleil à son horizon, tout lui fournit matière à de poétiques rêveries, où la poésie, en vérité, manque un peu de souffle, mais que relèvent la force du rythme et l'éclat des images. Et c'est ensuite la mort qui approche. D'heure en heure Hutten la sent venir; en vain Paracelse, appelé près de lui, ;
essaie de le distraire de la sombre pensée. « Il i
m'a appelé le rempart de la liberté allemande, \
— mais de mon mal il ne m'a rien dit. — Et j'ai cru voir qu'un soupir lui échappait, — 4
lorsque son doigt s'est posé sur mon pouls. — r
Puis il m'a vanté mes vers, — le fou! 11 les a ^ ^
appelés fiers et fleuris ! — et moi je songeais : J
Comme ton nom te sied ! Tu te nommes Boni- --i
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l»astu>. et toutos (e> paroles ne sont que hotn-
La «I» riut-r»* [u'oin^'iiade. la dernièi'e lecture : • l'InMir" eu heure la vie* s'en va. « Ami llolheiu, si. dans ta fH/tsr tlr< morfs^ — tu n'as pas destiné encore le poète, viens ici, et peins-moi, — étendu, sommeillant, dans mon fauteuil, — le visage couvert d'une pâleur tranquille! — Et voici que doucement la Mort se glisse dans la maison... — Mais non, ne peins pas une scèîic aussi laide! — Vois-tu cette grappe de raisin, qui pend au-dessus de la fenôtre à ogive? — l*eins-la, mûre et dorée comme clic sera bientôt ; — et mets un ciseau de vigneron — dans la main du squelette macabre ! — Et tout homme desprit comprendra le sens de Timagc, — et comment je suis moi-même la grappe de raisin — ([ui, aujourd'hui cueillie, revivra demain — sous la forme d'un feu vivant dans les veines allemandes ! »
Tout cela est, dans le texte original, très pur et très beau, digne d'un grand poète. Et si Tétude de Flaubert et de Leconte de Liste n'est point parvenue à faire de Conrad-Ferdinand Me ver un écrivain français, ni cosmopolite, c'est elle du moins qui lui a permis d'introduire, dans la littérature allemande, une couleur plus vivante et des rythmes plus nets.
^ Romhiist, en aUemand, signifie enflure, vaine rhétorique.
ÀA^t^rK --^ ' :j»».-cs.iiiiît'r?H»ihT -iJÀiwA^LaL wl.'.tr<^'.. vt^"l'»!i.-3^rj-ÙiM'^J^-^<JJ^:'.lA:Ji
M. PETER ROSEOOER
/>«> Etrhfe IJcht, 1S97
Le samedi 20 mars 1875, veille du jour des Rameaux, lY'vêque de B..., en Slyrie, manda près de lui et rerul en audience, dans le grand salon bleu de son palais, un des prtMres les plus distingués de son diocèse, Tablié Wolfj^ang; Wiescr, vicaire de la cathédrale, (|ui venait de publier, quelques jours auparavant, un recueil de contes et de légendes populaires.
— Mon cher abbé, lui «lit-il, je ne suis pas content de vous. Avez-vous donc oublié mes ' paternels avertissements? Si vous ne pouvez
pas mettre plus de prudence dans vos écrits, \
jetez plutôt votre plume au diable, et dans *
votre main prenez un rosaire! Vous compro- ?
mettez l'Eglise et le clergé ! |
Et comme Tabbé protestait, se défendant \
d'avoir jamais « manqué à l'esprit chrétien » :
— Des phrases que tout cela ! interrompit son évèque. Nous avons à représenter le christia-
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... i*.,.>-.-.^w.y-i.v .f.^'-r^i.miufaiiéiÊaû^^j^^i^^
44 LE HOMAN rONTEMPORAlN A i/ÉTUANGER
nistttf j,rttfif^nf\ rnt«'n<Io/-vr>iis bien? l'^l c/osl le «lessiTvir qui* (r.hllM'ror à ilos idcVs nouvollos, • •••ninif vou< l'avr/ fait «lans do irconts articles. Kt |»iii^ vr.iis pari»*/ tr(»|» souvent, — et, à ce qu'il nie senihlo. In»!) à dessein, — des premiers <hréli»'ns, et des mo<liiications survenues dans I*KgIi>«». On croirait parfois, — Dieu me pardonne 1 — entendre un franc-maçon et non pas un prêtre!
En vain lahbé n'itérait ses protestations: ses articles, ses livres étaient la qui fournissaient sans cesse une nouvelle matière aux observations de l'évèque.
— Mon vénéré et bien-aîmé pasteur, s'écriat-il enfin, je ne puis nier qu'en effet plusieurs de mes écrits ont eu pour objet d'amener des réformes dans TKglise que nous servons.
— Des réformes dans TEglise catholique!
dans la seule institution qui, sur notre terre toujours en changement, soit jusqu'ici restée immuable ! Vous voulez ruiner, par de soidisant réformes, notre sainte Eglise catholique.
— Je sais que mon aveu me perd, Monseigneur: mais je ne puis le retenir. Je cherche le royaume de Dieu, et je doute et je tâtonne dans cette recherche, et je suis seul. Au confessionnal, lorsque j'y ai porté mes doutes, et les angoisses qui en résultent pour moi, il m'a été répondu : « Prie, demande à Dieu la grâce de ne plus douter ! » Mais rien d'autre^ rien pour me convaincre ni pour me consoler ! Vous,
ià^iatàtàîaiîaèàQllBiiéix.iSÂu^H.'.^^-'A^'M àut lirBffiA'VlK '^Jb-y,*»- vjrl.w>iji-jû;«^iàb<S^JttJ.;iâtj'
ROMANCIERS ALLEMAND» ET 8C\NniNAVK8 45
MonsoifTiiniir, voikv. à iikmi spcours, faillis «»ii soi'Ip (|u<* jo coinpreiuio, |iar ('Xriiiph*, (|ii(* \v célihal «liîs pivtn^s...
Car Talilir Wiesrr croyait, «miIiv aulivs choses, ([ue le temps était venu [lour Th^j^lisc (l'autoriser le inaria^^e des prêtres, «^t que, dans un àgc d'universel atlaiblissement, le clergé n'avait de chance de se rapprocher de Dieu qu'en «devenant plus humain». Kt il le dit à son évêque, qui lui répondit, lui aussi, en l'engageant à prier pour retrouver la foi : « La foi, '; lui dit-il, est la seule Itnnii'rr vtenœlle. Vaine- i ment vous essaieriez d'en chercher une autre. » /, Sur quoi, il se radoucit, car il Taimait malgré ses ^ erreurs. « Mon lils, ajouta-t-il en le congédiant, I écoutez mon conseil. Cessez d'écrire des folies \ de ce genre; mais plutôt employez au service de notre liglise le précieux talent que Dieu vous a donné. J'ai toujours reconnu vos a|)titudes : four- * nissez-moi l'occasion de les apprécier. Vous ne comptez pas, n'est-ce pas, rester vicaire toute * votre vie? Allez, et que Dieu vous garde ! » a
L'abbé s'en alla, touché de tant de bonté. Le \
souvenir lui revint d'un article qu'il avait écrit, i
le matin môme, pour un journal qui devait paraître le lundi suivant; il y avait affirmé que l'enseignement religieux, dans les écoles, devait avoir pour base l'Evangile et non le catéchisme. 11 craignit que cet article, paraissant au lendemain de son audience chez l'évêque, ne contris-' tât le cœur paternel du vieillard, et il courut à l'imprimerie pour demander qu'on l'ajournât*
LE BOMAN COMKMPOHAIN A L I:TUANC;i:I<
Md\< il vt'iiait tn»|» tard, l/arlicli' riait iinpriinr i't pr«"t à paraUi'»».
I II»' -•Tnain»' a|u»"«. le luihliilc Piujuos, I ahbé W i»*>#'r rtMul l'a\is que 1 «'vrciiic venait de le n«»mni«'r cm»' iViiix villaiie des Alpes, Saintc- Marir-tn-ïorwald. L'n village de sept cents ànios. perdu dans les neiges, à 1.500 mètres daltitude. Ln village qui, plusieurs mois durant, était privé «le toute communication avec le dehors. Le prêtre qu'il s'agissait d'y remplacer était devenu fou après y être resté une vingtaine d'années.
Avant de partir, l'abbé se rendit chez l'évêquc pour le «< remercier », suivant l'usage. Le vieillard lui fit l'accueil le plus alFectueux. « Mou enfant, lui dit-il, ne croyez pas que j'aie voulu vous punir! Au contraire ! Vous voici désormais curé, vous voici libre. En vous nommant à ce poste, j'ai voulu vous mettre à même de tenter, dans ce coin isolé et lointain, la réalisation pratique de maintes de ces réformes que vous avez, dans vos écrits, théoriquement énoncées. Je ne vous défends pas de continuer à écrire ; mais je crois que, là-haut, vous aurez mieux à faire. Sept cents âmes vous sont confiées. Que Dieu vous donne des forces et vous garde ! Adieu, Wieser I » Le cinquième dimanche après Pâques, Tabbé Wieser faisait son premier sermon dans la petite église de Sainte-Marie-en-Torwald.
Tel est, en résumé, le prologue d'un roman qui yientde paraître en Allemagne, et qui, depuis
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HOMANCirRS ALLEMANDS ET SCAM»INAVKS
soii«i|i|Mi'i(ion. yiiiôix'unnxl hruit. Il rsliuliliilr : /// Linmt4'' I f* rni'lh\ n'cif hrr tin jnuruti/ il un prvtrr tir In [nrrf. l£t rniniiir l«» liviv a pivs ilo ciin| {'0\\\< |»;ïi;«'s iu-orlavii, ('(Uiiiiio il porh» sur lu couvcrhiiv liiiiairo d'uiu» t^raiuli* croix, (1*011 soiionltirs rayt>ns île clarté, on saltciul, aprcs ce proloj::uc. à une sorle de roman philosopliique et religieux, discutant, sous la forme d'un récit, les plus graves proldèmes de la conscience humaine. On se dit que, abandonné ainsi à luimême, dans ce village perdu, l'abbé W ieser ne peut manquer de prendre les proportions d'un apôtre et de tenter, en effet, « la réalisation pratique M des réformes qu'il rôve. On le voit s'essayant à un rôle sublime, luttant pour assurer le triomphe de l'Evangile et pour rendre à la croix sonw éternelle lumière >>. On songe à la fois aux prédications du comte Tolstoï et aux beaux ouvrages de M. Ferdinand Fabre. Mais surtout on se rappelle ce mouvement de christianis)ne social^ et qui, depuis quelques années, a poussé un si grand nombre de prêtres allemands, protestants et catholiques, à se mêler d'une fa«;on très active à la lutte des classes. C'est un des héros de ce mouvement, sans doute, quel'auteur de laLumière éternelle aura voulu nous montrer; un de ses héros, et peut-être un de ses martyrs; car la révolte n'est point aisée et risque fort d'être dangereuse, pour un humble curé de village autrichien ; et Tabbé qui prêche à son évêque la nécessité du mariage des prêtres semble bien avoir en lui toute l'étoffe d'un ré-
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