ROMANCIKRS ALLEMANDS ET SCANDINAVES GS
un moyen il'atlonuer un pou la hiiclt^urih» la vie. FA c\»sl ilo la niùino fat;on qu'il ainii» Taniour. li'wn ne lui plail autant que le* jeu de sentiments délirats et léfrers, sans cesse chaiijreanls. Dans lamour aussi il sait rester un artiste plein de fantaisie et de raflinement. Et d'année en année, à travers les crises amoureuses, son cœur devient plus jeune, plus pur et plus riche. Il a beau jeter au vent ses trésors, comme un roi prodigue, il ne fait point banqueroute. Toujours de nouvelles étincelles jaillissent de la cendre. »
Le portrait se poursuivait longtemps encore, sur ce même ton d'enthousiasme lyrique, et f
avec cette même abondance de renseignements imprévus. Il nous révélait, par exemple, que M. Peter Nansen déteste le mariage, qu'il « dépense ses krones en bibelots, en étoiles, en dentelles, dont il fait hommage aux passagères ^
maîtresses de son cœur », qu'en amour il ne *
« cherche pas la grande passion, par peur des |
responsabilités, par haine des gros mots et des scènes violentes », et que d'ailleurs ses oreilles « commencent à se fatiguer d'entendre, à sa porte, le continuel frou-frou de robes de soie ».
Mais ce n'est point pour sa valeur littéraire que j'ai cité cette étude de M. Poppcnberg, ni même pour la portée de ses renseignements biographiques et critiques. Je l'ai choisie, un peu au hasard, comme un spécimen de la fa<^on dont l'œuvre de M. Peter Nansen est aujourd'hui appréciée en Allemagne, ou plutôt de la
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LE ROMAN CONTEMPORAIN A l'ÉTRANGER
fa«;on dont oll«' y r'*fait apprt'riéo, il y a un an ou rl»iix. car. ilrpni-; i(>r>. la situation lillérairc du j«'Uiu' rrrivain danois s y (»sl encore accrue considiTaM.'nienl. .le ne crois |»as (juil y ait désormais un romancier, allemand ou étranger, dont les nouveaux livres soient attendus avec plus dimpatitnice. La gloire de ce débutant a laissé bien loin derrière elle les renommées, un moment si brillantes, de MM. Strindberg, Arnc Garborg. Knut Hamsun, et des autres jeunes auteurs Scandinaves. Ses livres paraissent maintenant à Berlin en même temps qu'à Copenhague : on les traduit dans toutes les langues, et je pourrais citer des critiques russes, hollandais, voire fran(;ais, qui en parlent avec au moins autant d'enthousiasme que M. Félix Poppenberg. Le Danemark, grâce à lui, est en train de se substituer à la Norvège dans Tadmiration de TEurope. réalisant ainsi un vœu qu'il exprimait lui-môme, le plus ingénument du monde.
Tannée passée, dans un article de la Nnte Z>'//A>r/f^ lUtnrhchnu, « Nous autres Danois, disait-il. nous avons la conviction de mériter autant que les Norvégiens qu'on prenne garde à nous. Quand l'Europe daigne abaisser son regard sur les pays Scandinaves, c'est la Norvège qu'elle aperçoit au premier rang; mais cela provient de ce que les Norvégiens, plus adroits que nous et plus entreprenants, ont seuls eu le courage de faire appel à l'Europe. Et moi.
Danois, je dis maintenant aux lecteurs de l'étranger : « Quand vous daignerez encore
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