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(i) Babès et HÔgyks, dans Babès. Traité de la Rage, Baillière, 19 12, Paris,
(2) HiMMBL, Lancet, 1886, t. L, p. 11 24, d'après Babks.
(3) LÔTB, Orvosi hetilapy 1887, d'après Babès.
BTUOS OB L INGUBATIOPT
La moyenoe de» leucocytes par mm^, d'après cinq observations, a été de j4'000,
La leucocytose est due surtout à Taugmentation du nombre des polynucléaires. Il s'agit d'une polynucléose pseudo-éosinophile, avec diminution du nombre relatif des lymphocytes et léger accroissement du chifFre des gros mononucléaires, ainsi qu'il résulte du tracé suivant (tracé 3) :
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Tracé a. — • Variations du nombre de leucocytes par mm\
Tracé 3, — Pourcentage des leucocytes du sang (pris à la veine de l'oreille) ches le lapin 7, inoculé par voie cérébrale et mort d'encépha» lite le 8* jour.
Si la teneur du sang en hématies ne varie pas d'une manière appréciable, il n'en est pas de même de la résistance globulaire. Cette résistance, précisée par les méthodes habituelles, diminue sensiblement, ainsi qu'on peut le constater en examinant les chiffres suivants :
Variations de la résistance globulaire
lerjour.
26 jour. . . .
3« jour. . . .
4« jour. . . .
5c jour. .
0,36 0/0 NaCl.
Lapin 8, inoculé par voie cérébrale, mort d'encéphalite le 6« jour.
ECTODERMOSES NEUROTROPBS
U incubation représente le temps qu'utilise le virus pour atteindre le néuraœe, s'y multiplier et y engendrer les lésions caractérisa tiques de Pencéphalite, La durée de l'inciîtation est d'autant plus brève, que le chemin parcouru par le germe — du point d'inoculation au cerveau — est plus court.
Le uiruSy injecté dans la chambre antérieure de tœily ou déposé par scarification sur la cornée (kératite encéphalîtique), chemine rapidement vers le cerveau^ le long du nerf optique. Il peut être décelé dans ce nerf et dans l'encéphale, avant tout symptôme morbide ou lésion histologique appréciable. C'est ce que prouvent les expériences suivantes de Levaditi, Harvier et Nigolau :
Expérience. — Trois lapins, 24, 26 et 23, reçoivent, dans la chambre antérieure de l'œil droit, du virus Bxe de passage. Le lapin ^^est sacrifié, par saignée, 4^ heures après Tinoculation, alors qu'il paraissait tout à fait bien portant. On recueille aseptiquement V humeur aqueuse, qu'on inocule au lapin 26 ; le nerf optique et un fragment de cerveau sont triturés, émulsionnés, puis injectés, le premier au lapin 2y, le second au lapin 28, Toutes ces inoculations sont faites par voie intra-crânienne.
Le lapin 25 est sacrifié \e8^ Jour, alors qu'il paraissait bien portant. On procède de la même manière avec l'humeur aqueuse, le nerf optique et le cerveau (lapins 4o, 3g, 38),
Le lapin23 meurt d'encéphalite le 1 5^ jour (il sert de témoin). Son humeur aqueuse est inoculée au lapin 53,
Le tableau suivant résume les résultats de cette expérience :
Tableau /.
Lapins ii
loc.chambre Sacrifiés
antérieure
Produits inoculés
Lapins inoculés
Mort le
Lésions cérébr.
Passage
Lésions
après
cérébrales
Humeur aqueuse
Surv,
48 heures
Absentes s. Nerf J optique
8* jour
Positif
Pos. + 7* jour
\ Cerveau
7« jour
Positif
/ Humeur
l aqueuse
Surv.
8« jour
Absentes ) ^^^^ 1 optique
9* jour
Positif
Pos. 4- le 5« jour
1 Cerveau
i4« jour
Pobitif
Mort le i5* jour
Présentes
Humeur aqueuse
Surv,
ÉTUDB DE L^INGUBATION 189
Cette expérience montre que déjà 48 h- après l'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil, le virus est présent dans le nerf optique et dans le cerveau. Et cependant, rexistence de ce virus dans Vaxe cérébro-spinal ne provoque aucune lésion histoloaique appréciable. Seul, le lapin témoin, mort d'encéphalite après une incubation de 1 5 jours, présentait des altérations cérébrales caractéristiques.
La même expérience prouve encore que le virus fait défaut dans P humeur aqueuse j même chez l'animal mort d'encéphalite. On peut supposer qu'il est détruit par les polynucléaires qui envahissent la chambre antérieure, aussitôt après l'injection, et qu'en raison de son affinité pour les épithéliums ectodermiques, il abandonne rapidement l'humeur aqueuse, pour atteindre la rétine et le nerf optique.
Le virus* chemine donc rapidement le long de la rétine et du nerf optique^ vers Paxe encéphalo~médullaire. Sa présence dans ce nerf laisse des traces décelables histologiquement. En effet, Leva- DiTi, Harvier et NicoLAu ont constaté, sur des coupes de nerfs optiques provenant d'animaux infectés par voie oculaire, des lésions consistant en une accumulation de lymphocytes dans les espaces lymphatiques et en manchons périvasculaires au niveau du névrilème.
Cet envahissement rapide des centres nerveux est mieux encore prouvé par l'expérience suivante :
ËxpÉRiENCB. — Quatre lapins^ 2J-A, i5^0, i4'0 et ry-O sont infectés, par scarification de la cornée droite* avec le virus Jixe C, Le dernier animal sert de témoin. Aux trois autres, on énuclée l'œil droit successivement un jour, deux jours et quatre jours après l'inoculation.
RÉSULTAT. — Le lapin témoin ly^O est mort d'encéphalite le 8« jour, après avoir présenté une kérato-coojonctivite (lésions cérébrales histologiques typiques).
Le lapin 2/-^, opéré 24 heures après l'in/ection, a succombé d'encéphalite le i4® jour (lésions caractéristiques, passage positif, mort le 5« jour).
Le lapin lô^Oy opéré deux jours après Vinfection^ est mon le io« jour et a présenté des altérations hémorragiques (passage positif, mort le 6® jour). Le lapin i4'0t opéré 4 jours après la scarijicationy présente de la kératite et succombe le g^jour (lésions manifestes, passage positif, mort le 6^ jour).
Cet essai prouve que, malgré l'énucléation du globe oculaire^ 24 A. après r application du virus sur la cornée, P animal contracte Pencéphalite. Le germe a donc déjà envahi la rétine et le nerf optique.
tgO ECtODEKtaOSKS NfcUHOtKOPES
On pourrait objecter que le virus, étant déposé sur la cornée, a gagné le sac conjonctival, et que l'infection s'est faite par la conjonctive, malgré l'énucléation du globe oculaire. Mais nous avons démoptré que la conjonctive saine ne se prête pas à renvahissement de l'organisme par le microbe. En outre, Texpérience suivante, dans laquelle Tinoculation de Témulsion virulente fut pratiquée, non pas sur la cornée, mais dans l'espace clos de la chambre antérieure, exclut l'objection formulée plus haut.
Expérience. — On inocule une petite quantité d'émulsion virulente dans la chambre antérieure des lapins 4'Bei j'B, en ayant soin d'éviter tout écoulement de virus vers Textéricur (cautérisation du point de pénétration de l*aîguîUe).
L'éAucléation du globe oculaire est pratiquée après è4 htares, chec le lapin 4-By après ^yolirs, ohe;^ le lapin j-B»
RESULTAT. ^- Le lapin 4'B (opéré après 24 heures)^ meurt d'encéphalite le 1 1* jour (lésions caractéristiques, passage positif, mort après 6 jours).
Le lapin y^B (opéré aprèà le4^Jour)y succombe le ii* jour (altérations typîqoiet, passage positif, mort le 7* jour).
Ainsi, malgré l'introduction du viru6 dans la chaipbre antérieure et l'énucléation du globe oculaire a4 b. après, Tanimal contracte Tencéphalite. La rapidité de la propagation du germe le long des nerfs ne laisse aucun doute.
Les résultats précédents prouvent, qu'entre le moment où le virus parvient dans Tencéphale, et celui où apparaissent les symptômes nerveux et les lésions, il s'écoule un certain temps (en général quelques jours), pendant lequel on ne constate que de la fièvre et des modifications sanguines. Au cours de l'incubation, le germe cherche à s'acclimater au milieu cérébral ; il essaye de vaincre la résistance que lui oppose la cellule nerveuse, afin d'y pénétrer et y trouver le milieu de culture qui lut convient le mieux.
On pouvait supposer que si, par un moyen quelconque, on réussissait à diminuer cette résistance cellulaire et à faciliter l'entrée du microbe dans les neurones cérébraux, la période d'incubation se trouverait raccourcie et l'évolution de la maladie aggravée. Nous avons constaté) à plusieurs reprises, au cours des passages successifs de virus fixe> que certains animaux succombaient d'encéphalite le 2« jour, au lieu du &• (chiffre habituel) ; la diminution de la résistance cellulaire se trouvait, dans ce cas, réalisée spontanément, par
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ÉTVm Dfe L'lNOtmÀtK)M tgi
suite de la réeepiiviié exceptionnelle de ranimai. Or^ la même hyperîsensibilité peut être provoquée par un artifice, qui consiste à administrer divers narcotiques, sitôt Tinoculation du virus pratiquée dans le cerveau ou ailleurs.
Expérience. - Chloral. Les lapins iS-B et iS-B sont infectés, par voie cérébrale, avec le virus JixeC. Le premier seH de témoin. Le second reçoit, le jour même de Tinoculation, o g. 25 d'hydrate de chloral par voie veineuse, et o g. 5 le lendemain. Sommeil profond pendalit i h. environ.
RÉSULTAT. — Le témoin succombe d'encéphalite le 6* jour. Le lapin chloralise i8-B meurt le 2^ jour (lésions intenses, à prédominance de polynucléaires; passage positif, mort le 5e jour).
L'inoculation intra-cérébrâle de ûeroeau normal, suivi de chloralisatiott^ ainsi que la simple injection de chloral à des lapins neufs (contrôle de Texpérience précédente), permettent la survie des animaux.
Expérience. — Ether, Les lapins 46'B et 44'B sont infectés comme les précédents. Le premier sert de témoin. Le second est éthérisé par inhalation, . dès rinoculation du virus, ainsi que le jour suivant. Il est malade dès le matin du deuxième jour : sa respiration est fréquente, stertoreuse, il se montre excitable et présente une parésie manifeste des membres antérieurs. L'animal 4 meurt le matin du 3^ jour (lésions caractéristiques à prédominance de polynucléaires, passage positif, mort le 5^ jour). Le témoin est bien portant le 26 et le 3« jour; il succombe d'encéphalite typique le 4® jour.
Expérience. — Chlorojorme. Les lapins ôS-B et ôy^B sont infectés avec le même virus, mais par la voie de la chambre antérieure. Le premier sert de témoin ; il succombe d'encéphalite le //« jour. Le second est chloroformîsé le jour même de l'inoculation, ainsi que les jours suivants. Il meurt d'encéphalite le 8® jour, soit 3 jours plus tôt que le témoin (lésions caractéristiques, passage positif, mort le 5^ jour).
Ainsi y certains anesthésiqueSj en particulier le chloral, le chloroforme et r éiher y eœaffèrent manifestement le pouvoir pathogène du virus encéphalitique introduit dans le cerveau, ou dans la chambre antérieure de CœiL Ils affaiblissent la résistance qu'oppose le protoplasma des neurones cérébraux à la pénétration du germe et à sa pullulation intra-cellulaire. Grâce à leur affinité spécifique pour les cellules nerveuses, due à leur solubilité dans les lipoïdes [loi d'OwERTON et Mayer (i)], ces anesthésiques semblent ouvrir la voie au germe, et, lui servant de support, le conduire plus rapi-
(1) Il serait intéressant d'étudier les rapports entre la solubilité des anesthésiques dans les lipoïdes (coefficient de partage), leur pouvoir narcotique et l'influence favorisante qu'ils exercent à l'égard àts virus neurotropes {tnciphalite, rage, poliomyélite).
192 ECTODSRMOSES NEUROTROPES
dément à rintérieur du neurone. Il est intéressant de constater que, précisément, les agents qui agissent sur les centres nerveux desquels dépend le sommeil, facilitent l'activité pathogène d'un virus qui offre de l'affinité pour ces mêmes centres (virus de l'encéphalite dite léthargique).
Conclusions. — La période <ï incubation est caractérisée par de la fièvre^ suivie d'hypothermie^ par une polynucléose et une diminution de la résistance globulaire. Le virus de l'encéphalite pro^ gresse rapidement le long des nerfs. Certains anesthésiqueSy tels le chloral, félher ou le chloroforme, diminuent la période d' incubation et aggravent l'évolution de la maladie.