‹ Ectodermoses neurotropes:Chapitre 48 sur 75 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

VIRULENCE DES HUMEURS ET DES ORGANES. MODE D'ÉLIMINATION DU VIRUS ET CONTAGION NATU- RELLE. TRANSMISSION HÉRÉDI- TAl RE.

Le virus existe dans le cerveau des animaux infectés, quelle que soit sa voie de pénétration ; il offre, pour cette région du névraxe, une affinité particulière et semble y pulluler de préférence. Nous l'avons cependant décelé aussi dans la moelle épinière, témoin Texpérience suivante :

ExpÊRiBNCE. — La moelle lombaire d'un lapin mort d'encéphalite (inoculation intra-crftnienne) est prélevée aseptiquement ; elle sert à préparer une émulsion que Ton injecte, à la dose de ocm3 2,dans le cerveau du lapin 4S-L. L'animal meurt le sixième jour y avec des lésions typiques.

Et cependant, comme nous l'avons indiqué ailleurs, le virus, tout en étant présent dans la moelle épinière, n^y engendre pas de lésions qui rappellent, même de loin, celles que Fon observe dans le cerveau. Les altérations histologiques médullaires n'existent que chez l'homme, ainsi que Font montré Harvier et Levaditi (i).

Le microbe de l'encéphalite ne paraît se multiplier ni dans le liquide céphalo-rachidien (2), ni dans le sang. On trouvera exposés au Chapitre IV les essais négatifs faits avec ces humeurs, prélevées chez des sujets humains atteints de la maladie de v. Economo; nous

(i) Cf. Harvier et Levaditi, Lac. cit. Le virus est absent des ganglions rachidiens (Levaditi, Harvier et Nicolau).

(2) D'autres expérimentateurs (Doerr, Schnabel, Klino) Tout trouvé dans le liquide céphalo-rachidien humain.

Ig4 ËCtODERMOSES NEtJROtROPES

avons enregistré le même résultat avec le sang de lapins inoculés par voie cérébrale.

Expérience. — Le 3o mars, od inocule au lopin 5.T C du sang défibriné d'uD animal atteint d'encéphalite et sacrifié peu après le début des premiers symptômes (o cm' 2 dans le cerveau et o cm* 4 dans le péritoine). Ce lapin succombe le quatorzième jour y sans lésion d'encéphalite; son cerveau sert à rcaliser un passage qui est négatif.

Une nouvelle expérience fut disposée de la manière suivante : ËzpBRiENOE. — Le lapin 4^^> inoculé dans le cervaau, est très malade le 5« jour. Oq recueille le sang de la veine jugulaire par ponction et aspiration à la seringue, et le sang carotidien, par le procédé de la saignée habituelle. Le sang est citrate, puis centrifugé. On recueil le séparément le sérum du sang artériel (après coagulation), les leucocytes et les hématies du sang veineux et artériel, et on les injeoteà des lapins, par voie cérébrale (o cm^a) :

Leucocytes du sang veineuœ : Lapin 52-B : survit. Leucocytes du sang artériel : Lapin 55-3 : survit. Hématies du sang veineux : Lapin 53-B : survit. Hématies du sang artériel : Lapin 54-B : survit. Sérum du sang carotidien : Lapin 5g^B : survit.

Celle expérience complète les précédentes et montre que le virus ne peut être décelé ni dans le sang toialy ni dans les divers élé^ ments constitutif s du sang artériel^ ou du sang veineux (provenant directement du cerveau).

Le viru$ existe^t-il dans les organes ? Nous avon« examiné, avec Harvikr et NicoLAU, la moelle osseuse j le poumon, le rein^ la raie, le foie et les glandes salivaires.

Expérience. — On se sert des organes du lapin 55-C Des émulsions dans l'eau salée sont préparées avec oes organes et Injectées à des lapins, à la dose de o cm' 3, dans le cerveau.

i* Moelle osseuse, ^ Lapin 5î^-C : survit pendant quatre mois.

2^ Poumon. — Lapin 5^-C : survit pendant quatre mois.

3o Rein. — Lapin 56-C : meurt le quatrième four. Une émulsion de son cerveau, qui ne présente pas de lésions d'encéphalite, est injectée à un lapin neuf; celui-ci sarvit.

4*^ Hâte, — Lapin 58-C : survit.

5® Foie. — Lapin Sy^C : meurt le neuvième jou^r^ sans lésion d'encéphalite* Son cerveau sert à faire un passage sur un lapin neuf : résultat négatif.

Ces résultats, et d'autres enregistrés à la suite d'expériences faites avec le pancréaSy semblent prouver que le virus est absent dans les organes des lapins infectés par voie cérébrale.

VIRULENCE 1)ES liUMËUHS ET ÙES ORGANES igS

Glandes salivaires. — Netter (i), s'inspirant, d'une part, des analogies entre rencéphalite, la poliomyélite et la rage (analogies sur lesquelles nous insisterons au Chapitre I, 3*^ partie), d'autre part, des constatations faites aux Etats-Unis sur la présence du virus dans les sécrétions naso-pharyngées des encéphalitiques, a attiré l'attention sur l'importance que pourraient avoir les glan^ des salivaires contme voie d'élimination du germe.

Levaditi et Harvier (2) ont soumis cette hypothèse au contrôle de l'expérience. Ils ont commencé par rechercher s'il était possible de conférer l'encéphalite au lapin, par injection de virus fixe dans la glande sous-maxillaire.

Expérience. — Lapin Sq-O ; injection de o cm' 2 virus fixe dans la glande saiivaire gauche (après c^issection). L'animal ne présente aucun trouble.

Cette expérience montre, que r introduction du germe de t encéphalite dans le parenchyme de la glande sous^maœillaire^ ne transmet pas la maladie au lapin.

Ensuite, ils ont inoculé à des lapins, par voie cérébrale, des glandes salivaires prélevées sur des ailimaux sacrifiés ou morts en pleine évolution d'encéphalite, afin de préciser si le virus, introduit dani$ le cerveau ou dans la chambre antérieure de l'œil, s'éliminait par ces glandes. Une première expérience (confirmée ultérieurement) ayant fourni des résultats négatifs, Levaditi et Harvier se sont cru autorisés à conclure que les glandes salivaires ne jouent pas un rôle important, ni comme porte d'entrée, ni comme voie d'élimi" nation du germe de l'encéphalite. Cette conclusion était en contradiction avec celle que Netter avait formulée, se basant sur de sim^ pies analogies. Les auteurs n'avaient cependant aucun intérêt à soutenir la thèse contraire, si leurs expériences ne les y obligeaient pas. L'un d'eux (Levaditi) (3), en collaboration avec Landsteiner, n'avait-il pas réussi à déceler le virus poliomyélitique dans la glande saiivaire d'un singe infecté ?

(i) Netter, Conférence faite aux médecins de la Sarre y Presse Médicale, 1920, no 20, p. 198; Bail, Acad. de Médecine, 1920, séance du 27 avril, p. SyS.

(2) Levaditi ti HknyiEB, Annales de V Institut Pasteur ^ prem\tr mémoire, 1920, t. XXXIV, p 911.

(3) Lakdsteiner et Levaditi, Annales de V Institut Pasteur, 1910, l. XXIV, p. 833.

^>r, vr/irî qfv; \mt«, Cczabi ft Dca&xi» i polnîeot des expérMrririt* W\U^ avec un vini« enréphali tique d'orî^iiie cérébrale huautiwif tm Vot( ro'n qne, par trois fois, les rlandes saliraircs de* lapin*^ înfert/^ par voie crànipnne, se s*>nt montrées vîmituU:% pfpnr At% animaux neufs après tiitratiun à travers une t^/uirie HerkrMA \' . \j^ auteurs, avant objecté à Lcvaditi et \\kH\ifM qu'iU n^avaient baj>é Jears conclusions qoe sur une seule et unique exfi^rience, ceux-ci ont apporté, à la Société de Biologie 'Xy, une nouvelle série de recherches, qui prouvent que les afBrm'dûonn de NerrRR et ses Oillaborateurs, sont, pour le moins, difficiles à crinfirmer. lient imposnible^ dans Us conditions actuelles ^ de déceler le germe encéphalitirjue dans les glandes salivaires des lapins morts d'encéphalite exf^érimentale.

Ortaines des expériences résumées dans le Chapitre précédent, nous ont montré que, hormis le système nerveux, aucun autre tissu ne «e prête à la pénétration du virus de l'encéphalite dans Tor^nismc, exceptés le poumon^ le testicule et la muqueuse nasale^ préalablement lésée. Peut-on déceler le germe dans ces deux derniers organes, chez des animaux infectés par voie crânienne ?

En ce qui concerne le testicule yViixi^^vience suivante répond négativement :

Kxi'émKNCi. — Od prélève les testicules d'un laplo mort d'encéphalite, à la suite d'une inoculation cérébrale de virus fixe. Ils sont émulsionnés dans Teau snlée ; l'ému Ision est inoculée dans le cerveau du lapin gS-O. l/uaimnl meurt le onzième jour, sans lésions d'encéphalite. Passage négatif»

Le virus n existe donc pas dans le testicule des lapins morts d'enréplialite expérimentale (injection du virus fixe dans le cerveau),

^uant à la muqueuse naso-pharyngée^ l'importance de la question, au point de vue épidémiologique, mérite qu'on s'y arrête plus lonm;uctncnt. Nous avons insisté, précédemment, sur le rôle de cette muquiniso comme voie de pénétration du virus. Le naso-pharynx

(i) Nkttkh, Cézari et Durand, C. R. de la Société de Biologie, 1921, t. \XX1V, p. 85/1.

(a) Lkvaditi, IIahvibr et Nicolau, C, R. de la Société de Biologie, 1921, t. LXXXV, n" a4» P- «O»»*

Page 1