‹ Ectodermoses neurotropes:Chapitre 51 sur 75 · Id · texte numérisé non relu

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Lapin loo-o-

Inoculation le 24/5-1931

Aucune réaction lucale.

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Lorsqu'on centrifuge la salive virulente et que Ton apprécie séparément la teneur en gerines kératogènes du dépôt et du liquide surnageant, on constate que le premier est bien plus actif que le second. Or, Texamen de ce dépôt, met en évidence des microbes variés, des spirilles, des spirochètes et surtout de très nombreuses cellules épithéliales plates, provenant de la desquamation de la muqueuse bucco-pharyngée (les leucocytes y sont ou rares, ou absents).

Tout porte à croire que le uirus salivaire kératogène est un germe

filtrant saprophyte de la bouche y où il vit au contact des éléments

épithéliaux qui proviennent de la desquamation de la muqueuse

buccale. Il est très probable qu'il représente un parasite obligatoire

' de ces éléments épithéliaux.

La virulence de ce germe est inégale ; elle varie d'une salive à Tautre. Certains échantillons salivaires engendrent une kératite légère, guérissant en quelques jours, tandis que d'autres provoquent une pustule térébrante de longue durée. Il nous a été impossible de réaliser indéfiniment des passages réguliers de cornée à cornée avec ce virus ; ces passages s'arrêtent d'autant plus vite que la virulence est plus atténuée.

Nous n'avons jamais constaté^ chez les animaux inoculés à la cornée avec du virus salivaire^ de troubles morbides indiquant une généralisation de la maladie. Chez aucun de ceux qui ont succombé au cours de Texpérience, nous n'avons décelé de lésions typiques d'encéphalite. D'ailleurs, les passages faits avec le cerveau

ao6 BCTODBBifOSES NECROTROI^BS

des lapins morts, sont restés constamment négatifs. Mieux encore, lorsqu'on extirpe la cornée malade et qu'on l'injecte telle quelle, ou après filtration, dans le cerveau d'un animal neuf, celui-ci ne contracte pas Tencéphalite,

Rappelons que ces constatations, concernant le pouvoir kératogène de la salive, ont été confirmées par Doerr et Schnabel(i) (2).

§ 2. ^ VIRUS SALIVAIRE KÉRATOQÈNE ET ENCÉPHALITOGËNE

c VIRUS DES PORTEURS SAINS »

Dans une note préliminaire, présentée à la Société de Biologie le 7 mai 192 1 (3), Levaditi, Harvieh et Nicolau ont attiré l'attention Bur la présence, dans la salive normale, d'un virus capable d*engcndrer, chez le lapin, non seulement la kéralo-conjonctivite, mais aussi une encéphalite ai^uë mortelle. Voici les détails de leurs cxpé* ricnces :

Source de virus. Chez Ac.y l\o ans, absolument bien portant, n'ayant jamais eu de symptômes d'encéphalite léthargique, mais ayant été fréquemment en contact avec des encéphalitiques, on recueille, le 25 mars, de la salive mixte, que Ton répartit en deux portions A et B* La portion 4 sert à infecter, par scarification à la cornée, les lapins So^A et 5j^A- La portion B est additionnée d'eau salée isotonique et centrifugée rapidement; le liquide clair surnageant est filtré, en partie sur bougie Chamberland n^ i, en partie sur bougie Chamberland n®2 (filtrats stériles).

Deux lapins 49'^ et 53' A sont infectés par scarification à la cornée, le premier avec le filtrat n^ i, le second avec le filtrat n* 3.

Résultat des inoculations : le lapin 5o-A montre une légère kératite (opacité de la cornée, sécrétion séro-purulente) le 3e jour. Cette kératite guérit le 4* jour et l'animal survit.

Le lapin 5i'A (salive non filtrée) fait une kérato-conjonctivite intense le aejour, qui persiste, en s'aggravant, jusqu'au 9* jour. A ce moment, l'animal est mourant; il tourne la tête du côté de Tœil lafecté, a du strabisme, sa re^ piration est entrecoupée. On le sacrifie par saignée. Culture du Cerveau : sté» rile. Lésions cérébrales : méningite à mononucléaires (lymphocytes et polyblastes, manchons périvasculaires, çà et là foyers d'encéphalite aiguë, au niveau de la zone électioe). Altérations de kératite interstitielle.

Les lapins 49^^ «' 53- A (filtrat de salive), offrent une légère kératite le 26 jour, qui guérit complètement le 3* ; les deux animaux survivent,

(i) Les auteurs ont tenté d'établir un rapport entre la virulence de la salive et la prédisposition à Vherpés, Nous reviendrons plus loin sur cette question.

(2)DoERR et Sc^^KhEA.. Schweizerische médis. Woch,, 1921, n" 24.

(3) Levaditi, Harvier et Nicolau, C, R. de la Soc. de Biologie, 1921, t. LXXXIV, p. 817.

POUTEURS SAINS DE OBKMES 207

Cette expérience prouve que la salive d'un sujet sain Ac contient un virus quiy inoculé à la cornée du lapin^ provoque une kérato^ conjonctivite absolument semblable à celle qui succède à F inoculation du virus de r encéphalite (provenant du cerveau de sujets atteints de la maladie de v. Economo). Cette kératite est suivie de la mort de Panimal le g^ jour, avec des symptômes et des altérations cérébrales encéphalitiques. L'inoculation à la cornée, du même virus salivaire, préalablement filtré, ne provoque qu'une kératite légère et passagère ; les animaux survivent.

Des recherches complémentaires ont montré à Levaditi, Hakvier et NicoLAU que le germe décelé dans la salive des porteurs, est, de même que celui de l'encéphalite, transmissible indéfiniment en série, et qu'il possède des affinités non seulement pour le cerveau, mais aussi pour la cornée. Il est filtrant et se conserve dans la glycérine. Tant au point de vue des propriétés biologiques, qu'au point de vue de la virulence et des lésions hisio-pathologiques, aucune différence ne saurait être révélée entre les deux virus, celui de la salive des porteurs et celui de la maladie de v. Economo.

Immunité croisée. — Afin de préciser mieux encore les relations entre le virus salivaire et celui de l'encéphalite, Levaditi, Harvier et N1C0LAU ont entrepris des expériences d'immunité croisée. Ces expériences ont consisté à inoculer à la cornée du lapin, de la salive simplement kératogène, ou kératogène et encéphalitogène (porteurs sains), à attendre la guérison de la kératite et à réinfecter les ani**maux avec le germe encéphalitique [virus Jlxe C, par exemple). Le résultat de ces expériences doit montrer si l'un des virus vaccine contre l'autre. Si la cornée ne réagit pas à la seconde inoculation, on doit conclure en faveur d'une immunité spécifique et affirmer que les deux virus sont de même nature; si, au contraire, Tun des germes ne vaccine pas contre l'autre, c'est qu'ils sont différents.

a) Virus salivaire kératogène. — Une première série de recherches a permis de constater que Pultravirus salivaire kératogène immunise la cornée contre lui-même (vaccination homologue), ou contre un échantillon salivaire moins virulent que lui ; mais, en général, il ne vaccine pas contre une salive plus active, ou contre le germe de Cencéphalite.

EGTODERJIOSES NEUROTROPfiS

Ces expériences semblaient, au premier abord, plaider en faveur de l'absence de parenté entre rultravirus salivaire kératogène et celui de Tencéphalite. Mais il y a des exceptions à la règle et ce sont précisément celles-ci qui prouvent C identité entre cet altra-virus et celui de la maladie de v. Egonomo.

Ces exceptions, les voici :

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