AFFINITÉS NEUROTKOPES DU VIRUS DE LA VACCINE
virus vaccinal. Depuis, Levaditi et Nicolau ( i ) ont continué l'étude de celte question et ont établi les faits suivants :
I** L'inoculation in tra-cérébrale, faite en séries régulières pendant plus d*un an, a permis d'obtenir un virus vaccinal fixe, adapté au cerveau et comparable, au point de vue de sa virulence invariable, au virus rabique fixe. A l'heure actuelle, il a été réalisé plus de 200 passages de cerveau à cerveau. L'inoculation alternative de testicule au cerveau et inversement, indispensable au début, a été abandonnée, comme inutile. Il suffit de triturer avec de Teau salée isotonique^ un petit fragment d'encéphale provenant d'un animal mort de vaccine cérébrale, et d'inoculer l'émulsion (0,2 cm'*) dans le. cerveau d'un lapin neuf, pour lui conférer une vaccine mortelle.
2^ Malgré de nombreux passages exclusivement cérébraux, le germe vaccinal, tout en ayant acquis des affinités neurotropes constantes, n'a pas perdu son affinité pour les segments cornéen et cutané de l'ectoderme, du moins chez le lapin. En effet, quel que soit le moment où l'on éprouve la virulence pour la peau (inoculation directe, après épilage et rasage), on constate qu'il engendre la plus belle éruption de pustules cutanées. Ces pustules ont cependant légèrement changé d'aspect : elles sont plus confluentes qu'au début, à centre ombiliqué et sont souvent hémorragiques. Plus encore, chez un animal dont on a épilé et rasé le flanc, l'inoculation de la vaccine dans le cerveau, détermine assez fréquemment une petite éruption cutanée à cet endroit.
Quant à Y injection intra-veineuse du même virus, elle détermine constamment une vaccine cutanée généralisée^ plus accusée au niveau de la peau simplement épilée.
3® La vaccine cérébrale, inoculée au singe ^ soit par scarification, soit après brûlure de l'épiderme, provoque l'apparition de vésicopustules vaccinales après une incubation de 2 jours ; ces vésico-pustules guérissent le 10® jour, laissant des cicatrices pigmentaires. Le singe, de même que le lapin, guéris de la vaccine cutanée (virus cérébral), deviennent réfractaires à l'égard d'une inoculation ultérieure avec le virus vaccinal ordinaire (Cow^pox).
4® Après 200 passages encéphaliques, le virus cérébral (pulpe de
(i) Levaditi et Nicolau, C. R. de VAcad, des Sciences, 1921, t. CLXXIII, p. 870; 1922, t. CLXXIV, p. 249; C. /?. rfe la Société de Biologie, 1922, t. LXXXVI, pp. 77, 233, 525, 563, 910, 98Ô; t. LXXXVI, p. 2. Cf. également: CoNDREA, ideniy 1922, t. LXXXVI, pp. 895, 897, 899.
cerveau additionnée de glycérine), inoculé à Yhomme (nouveau-nés, enfants et adultes), détermine une vaccine cutanée, sans aucune tendance à la généralisation.
5* La neurovaccine offre une activité pathogène des plus marquées, aussi bien pour la peau (i/5o.ooo) que pour le cerveau (au moins i/ioo.ooo). Le germe semble plus virulent pour le névraxe que pour le revêtement cutané.
Conclusions. — En résumé, le virus de la vaccine peut se cultiver^ à rétat de pureté absolue^ dans le cerveau du lapin Au début, je germe offre une affinité neurotrope intermittente^ non obliga-^ toire. Tandis que Tultravirus encéphalitiquc {encéphalite^ herpès, virus salivaire des porteurs) cultive aisément sur la cornée, sur la peau et surtout dans le cerveau, celui de la vaccine s'adapte avex; une certaine difficulté au milieu cérébral. Ce nVst qu'après avoir .subi des passages successifs de cerveau à cerveau, qu'il acquiert les propriétés d'un virus fixe^ comparable au virus fixe rabique.