‹ Ectodermoses neurotropes:Chapitre 66 sur 75 · DE LA VACCINE · texte numérisé non relu

DE LA VACCINE

Il est nécessaire, pour Tétude comparative des divers ultravirus neurotropes (groupe encéplialiti(jue, rage, poliomyélite), d'examiner le virus de la vaccine, au point de vue de ses affinités pour le système nerveux central. Nous résumons ici les faits établis à ce sujet par Levaditi, Hauvier et Nicolau :

A. Marie, dans une note présentée en 192 1 , à la Société de Diolo' gie (i), a montré que le virus vaccinal frais, introduit dans le cerveau du lapin, engendre une maladie mortelle, évoluant en quelques jours. L'encéphale et la moelle épinière des lapins infectés sont virulents pour d'autres animaux de la même espèce (possibilité de transmission en série). Le germe existe dans le filtrat de cerveau. Après avoir pullulé dans le système nerveux central, il est encore capable de provoquer une kératite vaccinale, mais semble avoir perdu sa virulence pour la peau (2).

Il résultait de ce travail, que le germe filtrant de la vaccine possède une affinité marquée pour le névraxe, en plus de celles qu'il a pour la cornée, le revêtement cutané et le testicule [orchite vaccinale, HeNSEVAL (3), NOGUCHI (4)].

Levaditi, Harvier et Nicolau (5) ont «înlrepris la vérification des

(i) A. MariEj C. R. de la Soc, de Biologie, 1921, 17 avril 1920.

(2) Cette dernière constatation nous a été communiquée verbalement par A. Marie.

(3) Henseval, BalL del'Acad, Royale de Belgique^ séance du 24 septembre

(4) NoGUCHi, Journ. ofeœperim, Med,y 1915, t. XXI, p. 539.

(5) Levaditi, Harvier et Nicolau, C, R, de la Société de Biologie^ 1921, t. LXXXV, p. 345.

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données publiées par A. Marie et sont arrivés aux conclusions suivantes :

ËxpÉRiBNce. — 1° Le 6 mai 192 1, on inocule de la pulpe vaccinale dans le cerveau de deux lapins 5-0 et 8-0; un troisième lapin 7-O reçoit la même pulpe dans le testicule et, après scarification, à la cornée. Les deux premiers animaux survivent, le troisième montre une kératite et une orchite vaccinales intenses. Le testicule de ce lapin 7-Ofut le point de départ de toutes nos expériences ultérieures. Le virus vaccinal testiculaire fut d'abord inoculé dans le cerveau d'un animal neuf, sans déterminer aucun trouble apparent, puis (après avoir subi un nouveau passage testiculaire)* dans l'encéphale des lapins 76O et yS-O. Ces derniers succombèrent avec des signes de paralysie, Tun le quatrième jour, l'autre le sixième jour (cultures stériles). Or, Témulsion cérébrale du lapin yS-O fut capable de provoquer une orchite chez le lapin 2-B Le virus, puisé dans le testicule de ce lapin 2-/?, se montra virulent, par inoculation cérébrale, pour deux animaux (morts en cinq jours) A son tour, rémulsion cérébrale de ces lapins, inoculée par la même voie aux lapins 33-^et5o-/i, provoqua leur mort après six et huit jours d'incubation {deuxième passage). Un troisième passage cérébral resta toutefois négatif, malgré la présence du virus vaccinal dans le cerveau des lapins 33-5 et bo-B.

En parlant de Torchite vaccinale d'un lapin 56-^, nous avons réussi à réaliser plusieurs passages consécutifs, de cerveau à cerveau (mort des animaux du cinquième au sixième jour). Chaque fois, le cei*veau de ces lapins s'est montré capable de provoquer la kératite et l'orchite vaccinales, ainsi qu'une belle éruption pustuleuse de la peau.

L'expérience montre ainsi que, si le virus vaccinal (sous forme de pulpe vaccinale), inoculé directement dans le cerveau^ ne se montre pas constamment pathogène, par contre, il engendre une maladie mortelle. chez le lapin, dès qu'il a subi un ou plusieurs passages testiculaires,

I® Cette maladie est déterminée par le virus de la vaccine, puisque les cultures du cerveau, pratiquées sur les milieux habituels, restent stériles, et que, d'autre part, le virus peut être décelé dans le cerveau, ayant conservé toutes ses propriétés. En effet, avec Tencéphale d'un lapin infecté, il est possible d'engendrer, non seulement la kératite et l'orchite vaccinales, mais aussi une très belle éruption de pustules cutanées (procédé de Calmette et Guérin; Voy. fig. 26 et 27). De plus, la nenrovaccine provoque la kératite chez un animal vacciné contre le virus encéphalitique ; inversement, le germe de Tencéphalite se montre pathogène pour les animaux guéris de la kératite vaccinale (expérience d'immunité croisée).

2® Il s'agit bien d'une encéphalite vaccinale, ainsi que le prouve V examen histologique des centres nerveux des animaux inoculés

AFFINITES NEtinOTROPES DU VIRUS DE LA VACCINE

sSa ECTODERHOSES NEUROTROPES

dans l'encéphale (Voy. Planche IV, fig. i, 2, 4, 6, 7 et 10). Les lésions iiiléreasent la dure-mère, la pie-mère et l'écorce cérébrale. Au niveau de la dure-mère, il se forme une véritable pustule qui provoque l'adhérence de la membrane aux méninges séreuses et au cerveau. Histologiqiiement, on constate, à ce niveau, une accumulation de polynucléaires (çà et là de véritables cellules géantes). La pie-mère montre une méningite à mononucléaires et à polynucléaires, altération que l'on retrouve le long des sepla. Enfin, il existe des ébauches de miinchons périvasculaires et des signes d'encéphalite aigu? à polynucléaires. Toutefois, ces allérations n'intéressent pas la zone élective, si constamment atteinte dans l'encéphalite expérimentale; il y » absence totale de lésions des cellules nerveuses, rappelant la neuronophagie.

Ajoutons que le germe vaccinal peut être retrouvé dans le cerveau des lapins infectés exclusivement par voie oculaire et tesliculaire (mais en plus petite quantité).

Ces premiers essais mettaient en lumière l'affinité neurotrope du

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