‹ Edgar-A. PoëChapitre 30 sur 51 · LA VALLEE DE L'INQUIÉTUDE · texte numérisé non relu

LA VALLEE DE L'INQUIÉTUDE

Jadis souriait un vallon silencieux que ses habitants avaient quitté ; ils s'en étaient allés guerroyer, confiant aux doux yeux des étoiles le soin de veiller nuitamment, des hautes tours de J'azur, siu" les fleiirs parmi lesquelles le rouge soleil d'or reposait paresseusement durant le jour.

Maintenant tout visiteur remarquera l'agitation de la triste vallée : — Rien n'y demeure en paix, rien excepté l'air qui pèse sur sa magique solitude. Aucun vent ne frôle ces arbres, qui cependant palpitent comme les mers glacées autour des brumeuses Hébrides ! Aucun vent ne chasse ces nuages qui passent en bruissant à travers le ciel inquiet, qui se traînent péniblement, du matin au soir, audessus des violettes qui fleurissent là, semblables à des myriades d'yeux humains ; — au-dessus des lys qui ondulent et pleurent sur une tombe sans nom. Les lys ondulent : — de leurs têtes parfumées tombent, goutte à goutte, d'éternelles rosées. Les lys pleurent : — et de leurs tiges délicates descendent, semblables à des pierreries, des larmes qui ne tariront jamais.

ISRAFEL

Et l'ange Israfel, dont les fibres du cœur sont un luth, et qui a la plus douce voix de toutes les créatures de Dieu.

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