Edgar Poe à Mrs Whitman ; GUI
M- OSGOOD I:T LI:S bas-bleus • 203
La situation était délicate. Poe affirme avoir aussitôt renvoyé à Mrs Ellet ses nialencontreuses missives, mais celle-ci déclara ne les avoir jamais reçues. Ses frères adressèrent à Poe réclamation et injures, Poe leur envoya explications et excuses. Les mauvaises langues s'emparèrent du scandale, etGriswold, renchérissant sur le tout, déclare en son mémoire que, si Poe avait tant parlé des lettres de Mrs Ellet, c'était pour faire oublier une dette de 50 dollars contractée envers elle. Ainsi finit par de misérables accusations de chantage, heureusement démenties ^ l'idylle qui était née dans la pure joie de l'idéal. Ajoutons toutefois que, toujours fidèle à la mémoire du poète, Mrs Osgood, de son lit de mort, adressa quatre ans plus tard ses derniers vers, « au cœur de feu », de son Israfel récemment décédé.
Oh ! apportez les fleurs quil aimait tant,
D'une tendresse si ardente et si naïve, Car sur sa tombe elles aimeront à croître
Kt exhaleront leurs douleurs...
La lyre d'argent dont il jouait si bien
Git fracassée sur sa tombe ; Mais dans les airs la mélodie de ses accents
Flotte encore à travers les rayons et les ombres ; Et dans les cœurs où ils tombèrent si doucement
Ses paroles de beauté s'épanouiront à jamais 2. »