‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 20 sur 429 · Ingram, appenUix · texte numérisé non relu

Ingram, appenUix

3. Le portrait dElizabeth Poe se U'oiive dans Ingram's Life, vol. 11.

l'activité fiévreuse de la scène, les émotions tour à tour déprimantes ou enivrantes de l'échec ou du succès exposent, à moins d'une constitution robuste, à l'épuisement du corps, à l'usure des nerfs, à toutes les misères physiologiques. Le fait seul qu'aux meilleurs jours de sa carrière il lui fallait jouer jusqu'à trois personnages en une seule soirée en passant de la déclamation héroïque de la tragédie aux rires forcés de la farce, voire à la danse, sans que tant de surmenage l'arrachât aux inquiétudes harcelantes de la détresse domestique, en dit assez sur le sort qui menaçait les enfants de cette pauvre poitrinaire. Or, de ces trois enfants conçus, nés et dès le premier âge élevés dans les pires conditions hygiéniques, l'on n'est pas trop surpris de constater qu'Edgar fut encore le plus sain et le mieux doué.

En dépit des contradictions qui s'attachent à la mémoire de William Henry Poe, de deux ans l'aîné d'Edgar, on sait qu'après avoir, au dire de sa tante Mrs GlemmS servi de cause ou de prétexte à une réconciliation entre son père et son grand-père, il fut, après la mort de sa mère, élevé à Baltimore chez des parents ou des amis de son père, les Didiers ^ qui l'adoptèrent et le placèrent plus tard comme employé dans une banque. « C'était, selon le témoignage de son cousin, un garçon de goût et de talent; il écrivit beaucoup de poésies fugitives qui ont été perdues ^ mais qui passaient pour manifester des tacultés poétiques d'un ordre élevé '*. » Il était malheureusement, au dire de Stoddard^ adonné lui aussi aux excès de boisson. Ce serait même l'humiliation de ces excès, aggravée d'une peine de cœur^ ou d'une querelle avec

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