W. Gill, op. cit
3. Un critique américain n'a-t-il pas dit de Poe qu'il avait derrière lui toute une lignée de rudes buveurs de Maryland [Lippincotl's, vol. XLIII. p. 107).
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la bouteille \ » Or, lalcool, comme la morphine, comme lopium, comme tous les poisons qui attaquent le système nerveux, est un des facteurs les plus puissants de la dégénérescence. Faudraitil donc bien s'étonner si le brave « général Poe )> a réellement eu pour fils ce Samuel Poe-, l'un des personnages excentriques de Baltimore dont l'une des plus innocentes manies était d'attrouper les gamins de la ville et de les faire grotesquement parader et chanter en dérision des volontaires allemands ? Cet étrange individu dont les bizarreries burlesques défrayaient la chronique locale aurait été loncle d'un homme qui ahna toujours, en sa vie comme en ses œuvres, les mystilications retentissantes.
Du père môme d'Edgar Poe, si effacée qu'en soit la physionomie, nous connaissons, du moins, la faible constitution morale qui exposa son imagination facilement exaltée aux coups de tête et laissa sa trop faible volonté incapable d'en réparer les désastreuses conséquences. Or, cette exaltation intellectuelle, ces coups de tète aventureux, ces défaillances de Fénergie, nous les retrouverons chez le hls. N'oublions pas qu'une tradition fortement autorisée le fait mourir jeune, phtisique et alcoolique.
Quoique née dun père inconnu, on se représente assez bien la nature de la mère de Poe. Ce petit être frêle, aux traits fins, aux yeux trop grands et trop brillants, au front trop élevé que cachaient des clieveux bruns ^ qui se trouva, dès sa plus tendre enfance, mêlé à cette vie de théâtre, si surexcitante pour des nerfs délicats, fut évidemment vite épuisé tant par sa précocité maladive que par les conditions même de son dur métier. Pauvre enfant de la balle, de bonne heure orpheline ou abandonnée des siens, tombant à la charge d'acteurs qui la surmenèrent et l'exploitèrent, elle ne cessa de mener jusqu'à sa mort cette existence précaire, agitée et exaltée, des actrices sans supériorité éclatante que les déplacements perpétuels, l'insécurité constante du lendemain.
1. William Poe à Edg. Poe, 15 juin 1843; Ceniary May., septembre 1894, p. 737.