Stoddard, p
6. Faut-il rapprocher ce fait de ses poésies et de ce mot d'un de ses amis : « Votre frère et moi étions alors intimes, et plutôt rivaux en certaine affaire d'amour. » (Lettre de F. W. Thomas à Edgar Poe. 3 août 1841, dans W. Gris-
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son patron, qui l'aurait brusquement poussé à s'engager dans la flotte ^ Il se serait alors rendu en Grèce vers la fin des hostilités contre les Turcs, aurait combattu pour la môme cause que Byron.puis aurait accompagné les troupes russes à Saint-Pétersbourg; mais là, compromis dans une échaufïourée de marins, il aurait été jeté en prison et n'en serait sorti que par l'intervention de l'ambassadeur des Etats-Unis-. Il mourut, tout jeune encore, à Baltimore, en juillet 1831. Il faut avouer qu'en dépit du caractère légendaire qu'ont pris certains de ces faits, il n'en reste pas moins que ce William Poe ressemble à Edgar Poe comme un frère, et que les mêmes traits : imagination exaltée, instabilité d'humeur, goûts aventureux, proclivités alcooliques, bref les mêmes dons de l'intelligence et les mêmes faiblesses de la volonté semblent avoir été le patrimoine fatal de cette malheureuse famille dégénérée.
Née deux ans plus tard, en des circonstances encore plus funestes, alors que la mauvaise santé et la misère de ses parents n'avaient fait que croître, Rosalie, qu'un biographe nous montre nourrie de pain au a gin » en guise de lait, manifeste les tares physiologiques les plus évidentes. Adoptée par un riche marchand écossais, jNlackenzie, voisin et ami des parents adoptifs d'Edgar, elle fut, a])rès la ruine de son bienfaiteur, placée dans un aristocratique établissement de jeunes fdles tenu par lune des sœurs Mackcnzie; mais sa pauvre intelligence resta, en dépit de tous les efforts, si bornée qu'on ne put rien lui apprendre, pas même une écriture passable. Elle était déjà une bien grande iille, écrit-elle à Mr Ingram ^ quand elle apprit qu'elle avait des frères et que l'un d'eux était célèbre ; et ce ne fut que lors du dernier séjour d'Edgar à Richmond, en 1849, qu'elle le connut et, paraît-
wold's Passages of the correspondence and of/ier papers of R. ^V. Grisirold, Cambridge. .Âlass., 4898).
\. « J"ai vu son frère qui était dans la marine. » dit Mrs Shelton en sa correspondance (Cf. Applelon's Journal, XIX, j). 4i2l).
2. C'est par erreur que cette aventure avait été attribuée à Edgar Poe qui avait, du reste, répandu lui-même la légende de son voyage en Grèce.