‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 336 sur 429 · The facts in the case of M. Valdemar, II · texte numérisé non relu

The facts in the case of M. Valdemar, II

L'horreur physique ne peut guère aller plus loin : on éprouve même ici cette répulsion toute réflexe qu'inspirent à l'homme les excessives profanations de sa propre chair. Et pourtant, tels autres contes de Poe sont de véritables crescendos d'horreur : on dirait que, fatigué de sa supériorité sur tous, le virtuose de la peur se fait un jeu de se surpasser lui-même ; on dirait, pour appliquer à ce genre de sport l'expression qui lui convient, qu'il veut, à force d'entraînement, battre dans le Puits et le Pendule son propre record d'atrocités tortionnaires comme dans V Ensevelissement prématuré son propre record de frayeurs sépulcrales. L'épouvante qui naguère encore l'étreignait si rudement ne lui est plus qu'un macabre divertissement bon à relever l'humour languissante d'un Roi Peste ou de Cest toi le coupable. Il a tout épuisé, et voilà que, semblable à son sardonique démon, il se rit de la barbare magie par laquelle, tremblant autrefois, il entraînait jusque dans les derniers cercles de l'enfer ses victimes médusées.

Il serait aussi vain que puéril de vouloir classer toutes les terreurs esquissées ou décrites en ces contes : il y en a de toute nature, de banales et de rares, de brutales et de subtiles, depuis la vulgaire horreur du sang, par exemple, jusqu'à la contagieuse \ peur de la folie. Quil suffise de dire qu'elles se rattachent toutes, plus ou moins logiquement, à la cause dominante des terreurs humaines, la ^lort.

La Mort, qui n'avait cessé de hanter Poe dès son enfance, domine en effet, son œuvre comme sa vie : ce Ah ! la Mort ! dit Monos, ce mot qui porte la terreur dans tous les cœurs; la Mort ! ce spectre qui s'assied à tous les festins. Gomme il se dresse, ce mystérieux adversaire, devant toute joie humaine pour dire : « Jusque-là, et pas plus loin ! * » La parabole de Y Ombre symbolise admirablement cette terrible omniprésence. — En une fatale année d'épouvante où la Peste déploie sur le monde ses ailes noires, les sept buveurs de la sombre et déserte Ptolémaïs,

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