‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 391 sur 429 · WiiLsk's iJidaclics, VI. li^i · texte numérisé non relu

WiiLsk's iJidaclics, VI. li^i

POR COSMOGONISTE 655

mécaniques célestes. Il est naturel qu'aussi ingénieux que curieux Poe ait voulu lui aussi se livrer au jeu passionnant de ces constrlictions aériennes. Dès 1835, Hans Pfaall^ nous le montre le regard levé vers la grande énigme des cieux. En 1837, la Conversation d'Eiros et de Charmion ^ nous le montre aux prises avec le problème connexe de la fin du monde. En 1841, s'irritant du scepticisme de Macaulay à l'égard de ces « augustes sujets )>, il déclare :

(( Qu'aujourd'hui nous ne connaissions de la nature de Dieu, de ses desseins et, partant, de l'homme lui-même, rien de plus qu'il y a seulement une douzaine d'années, c'est là une affirmation honteusement absurde ; il n'est pas d'astronome qui ne puisse l'assurer à M. Macaulay. Or, à notre avis, le seul argument irréfutable en faveur de l'immortalité de l'àme, ou plutôt la seule preuve concluante delà dissolution et du rajeunissement alternés de l'homme adinfinitum se trouve en des analogies déduites de la récente théorie de la cosmogonie nébulaire. ^ »

En 1844, Poe envoie à Lowell une véritable profession de foi philosophique qui montre, en dépit de ses préocupations matérielles, la persistance de ses méditations abstraites :

« Je ne crois pas à la « spiritualité », dit-il, je pense que ce n'est là qu'un mot. Personne n'a pu se faire une conception de l'esprit. Nous ne pouvons imaginer ce qui n'est pas. Nous nous trompons nous-même par l'idée d'une matière infiniment raréfiée. La matière échappe aux sens par degrés : une pierre, un métal, un liquide, l'atmosphère, un gaz, l'éther transmetteur de la lumière. Par delà il y a d'autres modifications plus raréfiées. Mais nous attachons à toutes la notion d'une constitution de parties, d'une composition atomique. Ce n'est que pour cette raison que nous croyons l'esprit différent : car l'esprit, nous disons-nous, n'est point fait de p^frties et n'est <ionc point de la matière. Mais il est clair que si nous procédons suffisamment loin en nos idées, nous en arriverons à un point où les parties fusionnent; car, bien que les atomes soient infinis, l'infinité de la petitesse dans les espaces intermédiaires est une absurdité. — La matière non atomique, qui pénètre et anime touteschoses, c'estDieu. Son activité, c'est la pensée de Dieu qui crée. L'homme et les autres

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