‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 68 sur 429 · Ingram · texte numérisé non relu

Ingram

2. Un compagnon de Poe, Rosenbach, qui se vante d'avoir beaucoup fréquenté Poe dans les tavernes, attribue la rupture à Tirrltation de Burton qui n'aurait pas un soir, à son retour de New-York, trouvé la revue prête pour le lendemain. « Rien n'avait été fait, dit-il, et le numéro dut être, avec l'aide de l'imprimeur Ch. Alexander, improvisé en une nuit. » Or, ce récit qui se trouve en contradiction avec la lettre de Poe à Burton, est catégoriquement contredit par Alexander lui-môme (p. 106) et n*a peut-être pour fondement que le récit de Griswold [Memoir, p. XVII).

note odieuse : « Nous pouvons assurer à notre ami de Portland que nous ignorions que la revue ne lui était pas transmise ; son nom avait été effacé de notre liste par la personne dont les (( infirmités » nous ont causé tant d'ennuis. » Profondément blessé par cette accusation aussi transparente qu'insaisissable, dont la publicité compromettait si gravement tous ses projets ultérieurs, Poe déclarait avec rage, dans une lettre du 1^'' avril 1841^, son impuissance à poursuivre par la loi ces lâches insinuations, en dépit du témoignage môme des employés de Burton ; et c'est en cette occasion qu'il écrivit sur sa lutte contre l'alcoolisme les solennelles paroles qui suivent :

« Vous êtes médecin, et je présume qu'aucun médecin ne peut avoir de peine à reconnaître un ivrogne du premier coup d'œil. Vous êtes de plus un homme de lettres, bien au courant des questions morales. On ne vous induira jamais à croire que je pourrais écrire ce que j'écris chaque jour, comme je l'écris, si jetais tel que ce malhonnête homme voudrait le faire croire à ceux qui me connaissent. Bref, je vous donne devant Dieu ma parole d'honneur que je suis sobre jusqu'à l'austérité. Dès l'heure où j'ai vu pour la première fois ce plus vil des calomniateurs jusqu'à l'heure où j'ai quitté son bureau avec un invincible dégoût pour son esprit de chicane, son arrogance, son ignorance et sa brutalité, rien de plus fort que Veau n'a jamais passé mes lèvres.

« Je dois cependant à la vérité de dire sur quelle base il a édifié ses calomnies. En aucune période de ma vie, je n'ai été ce qu'on appelle intempérant, .le n'ai jamais eu les habitudes de l'ivresse... (Suit le passage sur les accès alcooliques de llichmond cité p. 85). Mais il y a maintenant quatre ans que j'ai renoncé à toute sorte de boisson alcoolique, quatre ans sauf une seule exception qui eut lieu peu de temps après ma séparation avec Burton, alors que je me trouvai parfois amené à faire usage de cidre dans le but de soulager une attaque nerveuse.

« Vous voyez ainsi toute l'étendue de ma faute franchement avouée. Vous voyez aussi la noirceur d'un cœur qui veut ranimer une diffamation de cette nature. Vous ne pouvez manquer de voir encore à quoi doit être réduite la mauvaise foi de ce diffamateur, puisqu'il ne peut rien trouver de mieux contre moi qu'une accusation que peut contredire chacune des personnes avec qui j'ai des relations iournalières.

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