‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 96 sur 429 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Quand Poe vint se fixer à Philadelphie, il semble bien qu'instruite par ses déboires de Richmond et de New-York, Mrs Glemm avait désormais renoncé à tout projet de pension de famille. Aussi, après avoir, jusqu'au temps de la rupture avec Graham, habité dans Coates Street, Fairmount, lesl^oes s'en furent-ils, en mai 1842, se fixer dans l'un des plus paisibles et des plus agréables faubourgs delà ville, à Spring Garden, 234, North Seventh Street. Quelques rares visiteurs nous ont décrit les charmes, en même temps que les misères, de ce pauvre gîte.

« C'était, dit le capitaine Mayne-Reid, populaire auteur de tant d'œuvres juvéniles, un appentis de trois pièces (peut-être y avait-il une mansarde avec un cabinet^), fait de planches peintes qui s'appuyaient contre le pignon d'une prétentieuse maison ^ » de briques rouges à quatre étages appartenant à un riche quaker de la ville. Mais tels étaient la constante activité de Mrs Clemm et le goût du jeune ménage qu'ils avaient su donner à ce triste logis un air séduisant qu'on n'oubliait point. « Je fus, dit Griswold qu'on ne peut guère soupçonner de partialité, frappé de l'air extrêmement soigné et raffiné de cette demeure...; quoique maigrement meublée à bon marché, tout y manifestait tant de goût et s'y trouvait en si bon ordre qu'elle semblait parfaitement appropriée à un homme de génie^ » « Leur petit jardin en été, ajoute M. Clarke, et la maison en hiver étaient ensevelis sous de luxuriantes vignes et d'autres plantes grimpantes, et amplement ornés de belles fieurs qu'avait

1. La mansarde existait, en effet ; elle avait un cabinet qui servait de chambre à coucher à Virginie.

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