‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 110 sur 150 · ALFRED DE VIGNY · texte numérisé non relu

ALFRED DE VIGNY

M. Alexis de Tocqueville lui écrit aussi pour adhérer aux leçons du Collège de France. Ils ne se voyaient plus aussi souvent qu'aux dîners hebdomadaires; mais la sympathie subsistait de part et d'autre, et, dans une lettre à un ami commun, M. de Toqueville avait exprimé sa joie de la nomination du professeurau Collège de France, « J'ai, en vérité, mille raisons disait-il ; d'abord le très grand irérite de M. Quinel, ensuite l'intérêt, je pourrais

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presque dire Tamitié que m'a inspirée sa personne. » Voici ce qu'il lui écrit directement :

Mon cher monsieur Quinet,

Je ne vous vois pas, mais vous n'êtes pas un homme qu'on oublie. Vous vous êtes notamment rappelé à mon souvenir par une leçon au Collège de France, leçon que je n'ai pu lire qu'hier et dont je veux vous remercier aujourd'hui. Elle m'a vivement intéressé d'un bout à l'autre, et l'éloquent morceau qui la termine m'a profondément ému. Combien vous avez raison I Et qu'il faut craindre ce redoutable sommeil dont vous parlez 1 Mais comment réveiller des gens qui, en s'endormant, ne cèdent point seulement à un besoin naturel, mais à ce coma léthargique que cause l'ivresse des Jouissances matérielles? C'est à des esprits comme les vôtres à trouver un remède à un pareil mal.

J'ai éprouvé une grande contrariété, avant-hier: celle de ne pouvoir faire entrer à la Chambre M, Marmier, qui était, m'a-l-on dit, avec vous.

Agréez, etc.

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