‹ Edgar Quinet avant l'exilChapitre 117 sur 150 · ALFRED DE VIGNY · texte numérisé non relu

ALFRED DE VIGNY

Il me semble qu'il y a quelque chose de singulièrement touchant d'entendre une appréciation d'Edgar Quinel dans la bouche de ceux qui l'ont connu enfant. M. de Lacretelle, Thislorien, lui écrit, après la publication des Jésuites et de VUltramontanisme :

Mâcon, 4 août 1843.

(^'est à vous sans doute, mon illustre confrère, que je dois renvoi précieux de votre ouvrage sur l'Ultramontanisme, quoiqu'il ne m'ait pas été annoncé par une suscription nominale. Voilà près de vingt années qu'après avoir vivement applaudi aux prémices de votre talent, j'ai le bonheur de voir confirmer et surpasser mes plus heureux présages.

Vous avez frappé au cœur le monstre contre lequel j'ai lancé une flèche légère dont il a été à peine effleuré. Vous

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<^l<;.s m(;rv(;illcusemcnt armé pour le combat par une instruction profonde. Vous l'êtes encore mieux par Fénergie de votnî (îîinictèro, par celle de votre dialectique et de toIk style. La IxMiuté du coloris égale la fermeté du dessin.

Votn; point de départ du concile de Trente est une conception aussi forte qu'habile. Vous m'avez fait «^mprendre et pr(;s({n(^ respecter le parti des Guelfes, en lui donnant pour nio))ile Tunité italique. Je ne souscris pas en tout poiot i\ votre élog(î sans réserve de Voltaire. Il sera toujours à rej(retter que ce grand mouvement du xviii* siècle n'ait pas été conduit par des hommes d'un spiritualisme cartésien, et nous faisons bien aujourd'hui de prendre ce levier.

Vons comprenez donc Hegel, vous qui avez pénétré dans les profondeurs de la nouvelle philosophie? Il est pour moi pins inintelligible encore que Spinoza; mais je confesse (|ne je me suis senti peu d'attrait pour étudier l'un et Tautre. Qn(; n'ont-ils écrit comme vous! Que n'ont-ils été inspirés par la cliahuir du sentiment qui vous anime !

Agrétîz m(;s félicitations, mes vœux pour votre bonheur; je n'îii pas besoin d'en faire pour votre gloire.

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