Ce second volume parut en juillet
'à. Voy. Edgar Quinet, sa Vie et son Œuvre, par Ch. -Louis Chassin. 1857.
de cette fin de la République. Elle n'existait que de nom depuis l'élection du prince-président ; elle passait par le lent supplice d'une extinction de vie savamment graduée. Par un calcul très juste, on laissait à la lassitude générale le soin d'achever ce que le hasard avait épargné. Le coup d'État, préparé pendant trois ans, dans toutes les villes et bourgades de France, avec les plus minutieux détails, ne devait éclater qu'après de sages dispositions, entourées de toutes les précautions et sûretés possibles. Un habile mécanisme devait régler d'un coup le changement de décor.
La France entière était enveloppée dans un vaste réseau de conspiration dont le centre était à l'Elysée et la circonférence à chaque point du cercle de la réaction. L'administration, le clergé, l'armée, étaient les trois rouages de cette colossale machine de destruction. L'armée fut triée, les régiments dévoués aux généraux incorruptibles envoyés en Afrique. Cette armée qui avait constamment donné des votes républicains, on la transforma en corps prétoriens par des moyens renouvelés des temps césariens. Les orgies de Satory firent revivre les camps de Vespasien et de Vitellius.
Chaque jour, l'.étranglement, l'asphyxie, devenaient plus menaçants. Edgar Quinet, navré jusqu'à la mort, avertissait ses amis du sort qui les attendait tous, jusqu'à désigner Sinnamary et Nouka-Hiva comme le lieu probable de la déportation.
L'aveuglement des plus illustres chefs de la Montagne paraît aujourd'hui incroyable; mais les adversaires royalistes placés sur les bancs d'en face, leurs discours, leurs
gestes, les visages ennemis, les rodomontades du général Changarnier, causaient aux républicains une telle exaspération, qu'ils oubliaient le véritable péril. Le taciturne conspirateur, immobile à TÉlysée, se plaisait à surexciter la colère des républicains contre les royalistes. Il laissait entendre qu'avec lui il serait facile de s arranger, une fois qu'on serait délivré du complot orléaniste-légitimiste.
Edgar Quinet vil, dès la première heure, où était le danger réel; un petit groupe d'élite partageait celte même opinion; mais la force des choses entraînait le grand nombre sur celte pente fatale qui aboutit au 2 Décembre. Les vexations, les souffrances que le pays endurait depuis trois ans semblaient l'œuvre des monarchistes, et non celle de Louis Bonaparte. Il gagnait du terrain chaque jour. Le peuple attendait tout de l'héritier de Napoléon, de l'empereur socialiste. Dans les campagnes, on disait : « Il payera les dettes de la France. » Dans les bourgades on chantait:
11 combatlit à Strasbourg, à Boulogne, Pour notre liberté!
Quand la réaction mutila le suffrage universel, le 31 mai 1850, il était facile à prévoir quel énorme parli Louis Bonaparte tirerait de cette habile combinaison. Jusque-là, il n'avait réuni autour de lui qu'un personnel interlope; maintenant, il aspirait à s'allier à la noble rue de Poitiers. Pourtant, il se gardait bien de négliger les chefs de la Montagne; il les flaltail, les cajolait, et
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réussit à capter la confiance de plusieurs d'entre eux. Michel (de Bourges) ne s'est jamais consolé d'avoir été dupe du prince-président.
« Il est dans le courant révolutionnaire! » disait-on. Cette phrase a été redite longtemps, même pendant l'exil.
Avances et flatteries, tous les moyens de corruption, menés de front, eurent un plein succès; on ne peut l'expliquer que par l'horreur qu'inspirait l'idée d'une restauration royaliste. Le général Changarnier semblait le Monck désigné par la rue de Poitiers. Le spectre rouge était à l'ordre du jour. Louis Bonaparte devenait fatalement l'arbitre de la France.
Edgar Quinet, dans sa brochure la Révision^ précise encore une fois la situation. Un des caractères particuliers de ses écrits politiques est de rester vrais dans tous les temps; leur actualité demeure frappante, même quand les événements dont ils s'inspiraient sont passés. Il signale le péril et, en même temps, les moyens de les conjurer, le désastre suit de près la prophétie; il ne se décourage pas et trouve dans son patriotisme des lueurs toujours plus vives pour dévoiler l'obscur avenir.
Que doit faire un écrivain qui voit son pays s'engager, les yeux fermés, dans le chemin de la décadence? L'avertir? Oui, sans doute. Et si les avertissements ne servent de rien? Recommencer comme si rien n'avait été dit, étouffer le dégoût, compter sur la nature humaine, sur sa force de renaissance et de vitalité.
En relisant aujourd'hui cette brochure écrite quelques semaines avant le coup d'État, on dirait qu'il s'agit du
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24 mai 1873 et du 16 mai 1877. Les mêmes hommes qui ont tramé la perte de la République pour la seconde fois y sont dépeints» dans les chapitres : Une République prise à Fessai; République ou Monarchie.
A toutes les fautes de l'Assemblée législative de 1851 s'ajouta le vote contre la loi des questeurs, qui donnait la garde de TAssemblée à celui qui allait l'incarcérer. Par ce vote, la représentation nationale, la République, la loi étaient désarmées. Edgar Quinet répétait à ses collègues que les républicains facilitaient ainsi eux-mêmes la victoire au prétendant impérial. Dans un bureau, il se trouva aux prises avec son ami Victor Hugo qui lui dit : « Si nous ne votons pas avec l'Elysée, dans quinze jours nous aurons Radetzki. » A quoi Edgar Quinet répondit : « Mais nous l'avons déjà, Radetzki. il est à rÉlvsée. »
Tous ses avertissements furent vains, il les avait prodigués inutilement, bien qu'il jugeât la République perdue depuis le jour où Louis Bonaparte, avec l'appui de tant de républicains, l'emporta sur le général Cavaignac, quand celui-ci résigna noblement, simplement, le mandat confié à son honneur.
La veille du coup d'Etat, Edgar Quinet adjura encore les hommes influents de l'Assemblée de voter la loi des questeurs; il les prit un à un et leur parla avec force. Tout fut inutile ; le grand nombre des représentants républicains, irrité par les provocations de la réaction royaliste^ vota avec les amis de l'Elysée et donna au prince-président le pouvoir de requérir les troupes qui allaient bientôt supprimer l'Assemblée et la République.
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Jamais je n'oublierai les accents de désespoir d'Edgar Quinet après le vote fatal de ses amis : « La République est perdue! s'écriait-il. Le Coup d'État est fait. Ce n'est plus qu'une affaire de quelques jours, de quelques heures! »
Chaque jour, il se demandait : « Est-ce demain? »
Depuis un an, il répétait : « Nous serons déportés à Nouka-Hiva. »
Le 1" décembre 1851, il conjurait encore ses collègues de ne pas s'aveugler sur les intentions de Louis Bonaparte. Dans un couloir de l'Assemblée, il rencontre M. Emile de Girardin; rarement ils échangeaient une parole. Dans ce moment de crise, il va droit à lui et lui dit : « Monsieur de Girardin, nous sommes seuls; Tamour-propre n'est nullement en jeu, laissez-moi donc vous demander à vous, esprit alerte, sagace, comment il est possible que vous vous mépreniez à ce point sur les intentions de l'Elysée, et que vous vous portiez garant de cet homme? — Bonaparte? Bonaparte? s'écria M. de Girardin avec sa voix de fausset; jamais il n'a été si faible I ))
Et il disparut en répétant : « Jamais il n'a été si faible I ^
Toute la situation est résumée dans le discours d'Edgar Quinet sur la responsabilité des dépositaires de l'autorité publique, prononcé à l'Assemblée législative, huit jours avant le coup d'État. C'est par là que nous terminerons :
Que mes collègues me permettent de le dire : je suis de
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ceux qui regrettent profondément le vote du 17 novembre sur la réquisition directe des troupes. Je pense qu'une force si grande, si démesurée donnée, dans les circonstances actuelles au pouvoir exécutif, altère, menace dans son principe Tinstitulion de la République. Aussi je ne pouvais pas ne pas accueillir la proposition de loi sur la responsabilité. Seulemenl, dès l'abord, une contradiction me frappe. Cette loi manque de sanction : elle menace, mais elle ne peut frapper. Telle qu'elle esl, elle est excellente sur le papier, impossible dans la pratique. Il s'agit, dans le premier article, de la mise en accusation des dépositaires du pouvoir, et, en particulier, du président de la République. J'admets le décret d'accusation; il est rendu. Qui le fera exécuter? Est-ce l'accusé qui se déposera lui-même? Est-ce le coupable qui s'incarcérera? Est-ce lui qui se frappera de ses mains ? Cela ne s'est jamais vu et ne se verra jamais. Le vote du 17 de ce mois, si vous ne le corrigez, si vous ne l'expliquez catégoriquement, a pour conséquence pratique de rendre pleinement illusoire la responsabilité, puisque selon l'interprétation que l'on donne à ce vote, vous devez demander les moyens d'agir, à qui ? à celui contre lequel ils doivent être employés.
Ce que je crains le plus, messieurs, ce n'est pas la conspiration des souvenirs et des regrets. Non; mais, quand je vois le pouvoir exécutif armé de la force que lui donne, à tort ou à raison, votre dernière résolution ; lorsqu'à cela j'ajoute Taetion de l'administration tout entière et, il faut bien le dire, un reste de fascination dû à la mémoire et au nom d'un despote immortel, eh bien, alors, je crains, je repousse la conspiration de tant d'éléments contraires à la République. Car ici, c'est la conspiration flagrante dos choses, non pas seulement celle des passions et des personnes. Si vous ne résistiez avec énergie à cette pente, vous iriez non pas vous perdre dans une république frauduleuse, non pas mèine dans une monarchie, mais dans une dictature sans pudeur et sans repos. De quel nom faudrait-il appeler une république dans laquelle le chef du pouvoir exécutif continuerait d'être afl'ranchi en fait de la responsabilité réelle? Ce serait une servitude entourée d'institutions républicaines; vous n'auriez ni un Washington, ni un Monck, mais un Rosas. Je vote pour le })rincipe de la proposition de loi, en deniau-
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dant qu'on y fasse entrer celui de la réquisition directe de lu force armée par l'Assemblée nationale.
Aussi personne ne fut moins étonné qu'Edgar Quiact. lorsque, le 2 Décembre, à la pointe du jour, il apprit la perpétration du crime. Il courut chez M. Alfred Dumesnil (M. Michelct demeurait alors aux Ternes), il parcourut les faubourgs de la rive gauche, les centres populaires, pour se rendre compte de l'attitude du peuple. L'impression générale était la même partout et conlirraait ses cruelles appréhensions. Dans son quartier, autour de la Sorbonne, et à la place Maubert, il voyait des attroupements autour des affiches; toutes les figures étaient souriantes, satisfaites. Le peuple, dupé par les afliches qui proclamaient le rétablissement du suffrage universel et la dispersion d'une Assemblée monarchiste, ne voyait dans le coup d'État qu'une mesure énergique de Louis Bonaparte pour se débarrasser de la droite royaliste.
€ — Enfoncée la rue de Poitiers ! Le général Changarnier coffré 1 :»
On n'en demandait pas davantage. Le peuple allait triompher désormais. La vraie République allait enfin arriver.
Edgar Quinet se mêle aux groupes, montre la proclamation, essaye d'expliquer les conséquences et s'écrie : . € Quoi I vous allez laisser passer cela? :»
On lui répondit : « C'est égal, monsieur, vous avez beau dire, c'est parler chicard, et maintenant nous ferons tout ce que nous voudrons I :)
A cette première heure, le peuple ouvrier n'était pas seul à se faire illusion. D'excellents républicains, des
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patriotes ardents, esprits éclairés, répétaient la même chose en d'autres termes et me disaient : « Allons! ne vous désolez point comme cela ! Les royalistes sont par terre. Est-ce un malheur? Nous aurons maintenant la vraie République, la bonne. »
Leur espérance ne dura pas longtemps et fut promptement changée[en terreur.
Ces dispositions du peuple et de la bourgeoisie rendaient illusoire toute chance de résistance. La résistance n'était pas possible dans la rue, puisqu'elle n'existait pas dans les esprits. Ce qui manquait bien plus qae les hommes armés, c'était la colère, l'indignation. De quoi le peuple aurait-il été exaspéré? De la dispersion d'une Assemblée qui avait détruit le suffrage universel?
Cette garantie de la souveraineté populaire, Louis Bonaparte venait de la rétablir. Il avait traîné en prison les généraux orléanistes, légitimistes. Fallait-il prendre parti pour ceux qui voulaient ramener la royauté ? j
Mais le général Cavaignac?... « Oh! pour celui-là. ] (lisait-on, les transportations sans jugement après Tinsur- î rection de Juin recevaient leur châtiment. » '
Les ferments de haine laissés par la guerre civile, les ' promesses socialistes semées pendant trois ans, et, pardessus tout, le rétablissement du suffrage universel, expli- * quent l'attitude du peuple, le 2 Décembre, et peut-être aussi l'inertie générale les jours suivants, quand les actes \\ sanglants parlèrent assez haut pour ne plus permettre de ■ méprise sur Louis Bonaparte. L'héroïsme de Baudin et . de Dussoubs sur la barricade fut impuissant à rallier les < masses. Cette tentative avortée ne put se renouveler; la
passion était absente chez le grand nombre, les défenseurs du droit furent écrasés sous des flots de fer et de feu.
Cette abstention du peuple à l'heure décisive avait été annoncée, signalée avec la précision de Tastronome qui calcule le passage de l'astre, cause de Téclipse. Maintenant, on avait les preuves sanglantes de l'exactitude de la démonstration ; il était trop tard ! Trop tard pour dénouer les inextricables nœuds consolidés pendant trois ans; le peuple seul aurait pu les trancher. Il ne dépendait plus du sacrifice de quelques hommes d'épargner à la France les vingt ans de malheurs qui ont suivi.
La démocratie était souveraine, et elle laissa échapper sa couronne. La défaite de 1851 fut le produit d'un monstrueux malentendu entre la bourgeoisie et le peuple. La bourgeoisie n'osait rien tenter pour défendre la République, croyant que les masses étaient pour Bonaparte. Et puis, la République, c'est l'avènement, non l'exclusion du peuple ; la bourgeoisie n'était pas pressée de courir au-devant de son abdication. Elle laissa faire.
Quant au peuple, aveuglé par le nom de Bonaparte, sans foi dans une République impuissante à guérir d'un coup les plaies sociales, meurtri par les journées de Juin, il laissa faire.
La menace de Lambessa et deCayenne paralysa même des intrépides ; et pourtant c'est le peuple qui fournit les innombrables victimes aux sables brûlants du désert et aux marais de la Guyane.
L'effroi qu'inspirait la perspective d'un bouleversement social, les menaces anarchiques, contribuèrent aussi à
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faire sombrer la République. Si jamais elle devait revenir un jour, quelle leçon, quel devoir s'imposail à tous ! L'union de toutes les forces de la démocratie contre l'ennemi commun, l'ajournement des mesures qui divisent, la patience et le discernement dans le choix des réformes urgentes!
Le peuple n'exerce le gouvernement direct que le jour des révolutions, sur les barricades, et, ce jour, il proclame la République. Pour l'administrer, pour la conserver, il nomme ses mandataires. Si les représentants laissejit périr entre leurs mains cette liberté acquise par tant de sacrifices, le peuple n'est pas toujours prêt à la défendre nu à la reconquérir; ni sa colère, ni son sang n'est inépuisable. Les fils, les frères de ceux qui ont péri dans les insurrections ne redescendent pas si tôt dans la rue. C'est aux hommes politiques à prévenir ces retours dt» fortune cruels et dérisoires, où le peuple, placé entre son devoir et ses rancunes, choisit l'inertie.
Le patriote clairvoyant qui a mesuré jour par jour le progrès du mal, les fautes commises et leurs inévilal>los conséquences, ne comptait plus sur une insurrection on manquait l'élément essentiel, la fureur populaire. Le noble désespoir d'avoir fait fausse route en soutenant \a politique de l'Elysée a dû animer plus d'un combattant des barricades au 4 décembre.
Edgar Quinet a souffert, pendant trois ans, jour par jour, heure par heure, du crime de Décembre, qu'il eii- Irevoyait comme le dénouement d'une situation fausse cl périlleuse; il a lutté par la parole, par ses écrits. A diverses reprises, il a proposé et signé la demande de mise
en accusation de Louis Bonaparte, qu'on avait surpris plus d'une fois en flagrant délit de haute trahison. Le criminel de Décembre savait qu'il fallait frapper les vrais appuis de la liberté, € les hommes qui rappellent au peuple ses droits et ses devoirs ! » Voilà pourquoi Edgar Quinet eut l'honneur d'êlre porté sur la même liste de proscription que ses amis et collègues Charras, Chauffour, Versigny; ils avaient aussi voté pour la loi des questeurs.
Edgar Quinet assista à une réunion de représentante présidée par Victor Hugo ; puis il accepta l'hospitalité d'Emile Souvestre, qui était absolument convaincu, lui aussi, de l'abstention systématique du peuple. Dans la mansarde du Philosophe sous les toits^ Edgar Quinet méditait les grandes pensées qui terminent ses Révolutions d'Italie :
Le banni est celui qui, à son foyer, se sent proscrit par la conscience des hommes do bien. Mais, toi, tu habites avec le droit. Partout où tu es, si tu restes fidèle à toi-même, tu <îs dans le pays de ton père... Sois une conscience!
Quand il fut possible de quitter cette retraite sans tomber entre les mains des sbires du 2 Décembre, il prit tristement le chemin de l'exiL
Le professeur du Collège de France, le représentant du peuple qui siégea à l'extrême gauche de la Montagne, continua, pendant dix-neuf ans de proscription, les tra-
i. Lettre de Louis-Bonaparte ù Edgar Quinet, 1843.
vaux et l'enseignement des idées qui le rendaient cher à la jeunesse française.
Le jour où la Patrie envahie réclama ses fils, il accourut à Paris, heureux de partager les périls de ce Siège héroïque, et servit jusqu'à sa dernière heure la France ' et la liberté.